IV. — Animaux parasites
Mais cette classiiication n'embrasserait qu'une partie des tumeurs-, ni les abcès des muscles, ni les hernies musculaires, n'y prendraient place. Trouverons-nous mieux dans la classification de M. Virchow .
1° Tumeurs développées aux 3épens des éléments du sang.
2° Tumeurs développées aux dépens des substances sécrétoires, tumeurs par dilatation ou par rétention.
3° Tumeurs dues à un développement par voie de prolifération des tissus : excroissances, pseudoplasme, tumeurs proliférantes, subdivisées, en tumeurs histioïdes fcomposées d'un tissu analogue à un tissu du corps), organoïdes (ressemblant à un organe), tératoïdes (inclusion fœtale, hétérotopie plastique de LebcrI).
(1) Bi'oca, Traité des lumeurs.
(2) Virchow, Leçons sur les tumeurs, leçon du 6 décembre 1862, ouvrage en cours de traduction. — Nous devons à l'cxtrémc obligeance de M. G. Baillièrc In communication des Teuilles déjà imprimées de cet ouvrage, traduit par M. ArroniisoD.
ù° Tumeurs complexes, telles (jue les eclasies.
Celle division a le mérite ou l'inconvénient d'exclure les tumeurs produites par les vers parasites, et les tumeurs causées par des corps étrangers et les hernies.
La classification des tumeurs de M. Robin ne renferme pas les corps étrangers ni les hernies. Du reste, l'auteur a eu soin de dire qu'il appelait tumeurs, seulement les productions accidentelles persistantes caractérisées par une tuméfaction limitée.
Voici la classiûcalion du Dictionnaire dit de Nysten, 1855 :
1" CLASSE. — Tumeurs homoeomorphes.
Y" ORDRE. — Tumeurs homœomorphes solides.
1" genre. — Tumeurs formées par du tissu lamineux, ijualorze espèces :
Tumeurs Cbreuses. — Tumeur libro-plastique. — Tumeur à myéloplaxe. — Tumeur à cytoblastion. — Tumeur k myélocyles. — Tumeur dermique. — Tumeur adipeuse, — Enchondronifi. — Tumeur osseuse. — Tumeur liypertrophique glandulaire. — Tumeurs glandulaires condensantes. — Tumeur glandulaire colloïde. — Tumeur érectile. — Tumeurs parasitiques^ dites par inclusion embryonnaire.
2'= GENRE. — Tumeurs formées par les produits, sept espèces :
Epilhélioma. — Tumeurs cornées. — Tumeurs pigmentaires, mclanose. — Exostoses dentaires. — Tumeurs tophacées. — Tumeurs calcaires intra-glandulaires. — Tumeurs formées par des produits de conception altérée.
'2' ORDRE, — Tumeurs homœommphes fluides.
1" GENRE. — Tumeurs formées par les humeurs constituantes, trois espèces :
Anévrysmcs. — Tumeurs liémali(iu(:s. — Tumeur» gazeuses.
2* GENRE. — Tumeurs formées par les produits liquides ou kystes, six espèces :
Kystes glandulaires. — Kystes des conduits excréteurs. — Kystes des parenchymes non glandulaires (ovaire, poumon, rein, testicule). — Kystes synoviaux. — Kystes des bourses synoviales accidentelles. — Kystes du tissu cellulaire. — Kystes congénitaux du cou.
2" CLASSE. — TUMEUIIS HÉTÉROMORPHES.
1°' ORDRE. — Tumeurs hétéromorphes solides.
Tubercule. — Matière typhique. — Tlinctoblaste (cancer) . — Tumeurs hétéradéniques.
2° ORDRE. — Tumeurs hétéromorphes liquides ^ deux espèces :
Tumeurs purulentes (abcès, anthrax, furoncle). — Tumeurs parasitiques (hydatides, etc.).
11 suffira, nous le pensons, de lire ces classifications pour juger des difficultés qu'il y aurait à les suivre. On se convaincra aussi, nous en sommes persuadé, de l'insuffisance actuelle des divisions et classifications des tumeurs. Il en est de la synthèse des tumeurs comme de la philosophie, elles ne peuvent être encore constituées ni l'une ni l'autre; nous ne connaissons pas plus toutes les tumeurs dîins leurs relations intimes avec l'organisation humaine, que nos philosophes possèdent toutes les manil'estations de la pensée, et toutes les lois morales et économiques. Passons donc outre, en attendant le moment des classifications justes.
Dans plusieurs thèses et mémoires, pour le besoin d'une description des tumeurs d'une région, les auteurs se sont bornés à diviser les tumeurs en solides et liquides, d'autres les ont divisées en tumeurs bénignes et malignes, et cela leur suHisail. Nous prendrons un ordre un peu différent^ et nous suivrons,
pour classer les luineurs des muscles, des analogies d'origine de lu lésion apparente, sans préjuger leur essence intime.
Étant admis alors, qu'une tumeur d'un organe est un accroissement de volume d'une partie, une saillie anormale d'un organe (Broca), on peut admettre cinq groupes de tumeurs de muscles :
1° Les tumeurs inflammatoires;
2° Les tumeurs sanguines hématiques, ou hématomes (Virchow);
3° Les tumeurs causées par un vice de nutrition;
à° Les tumeurs parasitaires -,
5° Les tumeurs causées par des corps étrangers.
Nous ajouterons un sixième groupe :
Les tumeurs causées par un déplacement de tout ou d'une portion des muscles, c'est-à-dire les hernies musculaires.
Nous pourrions rattacher encore aux tumeurs des muscles, celles qui, après avoir pris naissance hors de lagaîne des muscles, envahissent le muscle; mais cette manière d'envisager la question nous entraînerait trop loin. A propos de la langue en particulier, nous signalerons pour mémoire ici à l'avance, les kystes séreux qui se forment dans les glandules de la muqueuse linguale et qui se développent assez rarement entre les couches musculaires de la langue. Ce sont là, si nous pouvons nous servir d'une subtile distinction grammaticale, des tumeurs dans les muscles, plutôt que des tumeurs des muscles.
Nous éliminons aussi tout ce qui a trait eux tumeurs des coulisses tendineuses, telles que kystes synoviaux et inflammalion chronique des gaines des tendons. Quoique liés intimement à l'inlécrité des gahics synoviales, les tendons échappent cependant à l'envahissement de telles lésions, et nous avons Irouvé dans ce lait un molil' d'exclusion de ces tumeurs.