‹ Des tumeurs des musclesChapitre 7 sur 25 · SI · texte numérisé non relu

SI

Une seconde observation a été recueillie dans le service de M. le professeur Gosselin (1).

Il est question d'une tumeur existant sur un sujet de quinze ans, ovoïde, contenue dans le biceps. Située près du pli du coude, fluctuante et se tendant par la contraction du rnuscle biceps, celte tumeur était apparue, au dire du malade, depuis quelques mois, et l'enfant n'en avait jamais souffert. Une incision avait donné issue à du pus bien lié. Des injections iodées ont été faites. Cette observation a été remise à M. Fischer par M. Ferrand; elle ne nous paraît pas à l'abri des contestations* Du reste, les deux derniers faits ne se rapprochent que de très-loin des deux observations consignées dans le Compendium de chirurgie.

Le kyste auquel fait allusion M. Tatum (2) nous paraîtrait pouvoir être rapporté aux abcès froids.

Voici la citation :

Kyste occupant le biceps brachial chez une femme de vingt ans; tumeur dure et très-sensible; mobile lors du relâchement, immobile lors de la contraction du muscle; volume d'une noix. Incision à travers ce muscle. La tumeuf avait l'aspect d'Une tumeur fibreuse; après la ponction, il est sorti une substance gélatiniforme et un peu de pus. La surface extérieure se confondait à tel point avec le tissu musculaire voisin, que M. Tatum se contenta d'inciser la paroi antéi'ieure et de racler la cavité, qui fut remplie de charpie et pansée.

Ce fait nous a semblé calqué sur l'observation d'abcès froids publiée dans le Compendium de chirurgie, et que nous avons rapportée plus haut; la désignation du contenu du liquide est la seule différence.

Les auteurs du Compendium ont ainsi exposé les symptômes de la lésion.

Ces tumeurs s'accroissent lentemenli sans changement de

(1) Fischer, /oc. cil. p. i6.

(2) Holmes Co«t«», System of Surgery, p, 539.

couleur à la peau, sans douleur vive, sans '^èua nolable des mouvements du muscle aiïeclc. Quelquefois on observe des douleurs lancinantes spontanées ou renouvelées par les contractions musculaires. Le volume des tumeurs n'est pas très-consirable; il ne dépassait pas celui d'une noix dans les deux cas cités.

M. Denonvilliers a donné les moyens du diagnostic de ces tumeurs. Outre la mobilité ou la fixité de la tumeur pendant le relâchement et la contraction des muscles, il y a un élément de diagnostic dans l'enfoncement de la tumeur pendant une contraction. Si la tumeur semble se cacher derrière des bandes résistantes, elle doit être située dans ce muscle.

S'il y a de la fluctuation, le diagnostic d'abcès doit être fait, car les autres tumeurs des muscles sont en général dures (vov. plus loin Tumeurs hydatiques). Au reste, il y a trop peu de faits pour généraliser ce qui peut caractériser ces lésions.

Le pronostic de ces abcès n'est pas plus grave que celui des autres abcès.

Pour ce qui est du traitement, la conduite à tenir est indiquée par les deux observations citées.

Voici ce qui a été fait dans le premier cas, où la tumeur, paraissant presque solide, avait été miseànu pour être énuclée.

« La paroi antérieure du kyste fut seule enlevée : le fond fut bourré de charpie, la plaie suivit la marche ordinaire des solutions de continuité qui suppurent, et s'est cicatrisée lentement, après avoir exigé plusieurs cautérisations avec la pierre infernale. »

Dans le secon'd cas, une simple incision a été pratiquée.

Linhart propose les traitements suivants : si l'abcès est pelil, il faut attendre; s'il augmente, on y passera un séton filiforme, d'après le procédé de W. Bonnafond.

Si l'abcès est plus gros, on passera un tube à drainage suivant la méthode de iM. Chassaignac; enfin, si l'abcès est trèsvolumineux, on fera des ponctions répétées avec le bistouri.

L'auteur allemand recommande d'ailleurs le régime tonique,

el riuiile de l'oie de njoriie. A ce traitemenl local, on peut toujours, avec profit, joindre les injections iodées, répétées dans le foyer en suppuration.

Tout le traitement général des diathèses scrofuleuses et des maladies chirurgicales à suppurations prolongées, tel que les amers, l'iodure de fer et les toniques, le séjour aux stations de bains de mer et aux eaux minérales ferrugineuses et sulfureuses, est d'ailleurs indiqué.

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