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Les tumeurs, quelle que soit la région dans laquelle elles se développent, présentent toujours au chirurgien de grandes difficultés de diagnostic , quand il lui faut en préciser la nature et le siège. Ce n’est cependant qu’après avoir résolu ces deux grandes questions, qu’il peut se prononcer sur le meilleur mode de traitement rationnel qui leur convient.
Pour arriver à la solution de ce problème qui constitue le diagnostic anatomo-pathologique, il faut avoir une connaissance exacte de toutes les espèces de tumeurs qui peuvent se développer dans une région, et le cou est une de celles qui, par la multiplicité des organes qui le constituent ou le traversent, présentent à l’observateur la plus grande variété de tumeurs. Toutes n’appartiennent point au corps thyroïde ; le plus grand nombre, à tort, comme nous chercherons à l’établir plus loin, ont même été considérées comme siégeant en dehors de lui.
Le corps thyroïde, par sa structure à la fois vésiculaire et vasculaire, me paraît mieux prédisposé que les autres organes de la région cervicale à devenir le
point de départ de tumeurs variées; aussi je pense qu’un certain nombre de productions morbides que l’on a considérées comme siégeant dans le tissu cellulaire ou dans les lymphatiques du cou, ont pu avoir pour point de départ la thyroïde. Avant que de nous occuper des tumeurs de cette glande, je rappellerai brièvement, en quelques mots seulement, la structure intime de cet organe; il nous sera plus facile ensuite d’assigner une origine précise à chacune des productions morbides qui peuvent prendre naissance dans son épaisseur.