DEUXIÈME VARIÉTÉ
TÜMEÜRS crétacées.
Les tumeurs crétacées sont assez fréquentes dans le corps thyroïde ; mais au début elles n’ont point primitivement cet aspect, qui appartient à une période de révolution ultime de certaines affections de cet organe. Elles sont ici l’analogue des tumeurs dites osseuses de l’utérus.
Les affections qui donnent le plus souvent lieu à la formation de ces dépôts moroides sont les apoplexies du corps thyroïde avec productions fibreuses, certaines hypertrophies cellulaires du stroma, dans lesquelles le tissu fibreux est abondant et acquiert une grande densité, la paroi fibreuse des kystes.
Pour expliquer la formation de ces dépôts crétacés, il faut se rappeler les altérations propres aux tissus fibreux, c’est-à-dire que l’on trouve quelquefois dans le corps thyroïde des productions denses, jaunâtres, criant sous le scalpel, ayant l’aspect du cartilage, et qui ont été même prises comme telles. Mais l’examen microscopique démontre que les cellules caractéristiques manquent, c’est du tissu fibreux à son maxi-
îiium de condensation dans lequel vont bientôt apparaître des dépôts qui formeront des calcifications ostéoïdes. Ces dépôts, qui ont une grande densité, sont formés de phosphates et de carbonates calcaires ; mais jamais on n’a trouvé dans leur intérieur de véritables cellules cartilagineuses ni de corpuscules osseux. M, Bach, dans son mémoire, à l’occasion de l’altération crétacée des parois kystiques., décrit leur période cartilagineuse et osseuse; mais il ne fournit aucune preuve à l’appui de cette opinion, 11 est à regretter que dans un travail aussi remarquable, l’auteur ne se soit point assez méfié des écarts possibles de l’imagination.
Ces dépôts, que je considère comme étant toujours inorganiques, présentent un volume et une forme variable, suivant l’altération primitive dont ils sont la conséquence. Tantôt ils forment une masse compacte adhérente à la trachée-artère et de laquelle partent, en s’irradiant dans diverses directions, des pointes en formes d’aiguilles qui traversent le corps thyroïde ; il est probable que cette forme, qui est assez rare, ré suite d’un foyer apoplectique avec altération fibreuse ou d’une hypertrophie celluleuse. D’autres fois ces tumeurs crétacées sont peu volumineuses, et se présentent sous forme de petites masses aplaties qui doivent résulter de l’altération des parois d’un kyste. D’autres fois toute la paroi du kyste a pu subir cette altération, mais pas toujours au même degré sur certains points de son contour, de sorte que sur la même tumeur on retrouve toutes les périodes de la lésion. Ces espèces de coques organiques contiennent souvent
un liquide jaune verdâtre, puis gélatineux, (jui devient plus tard muqueux et même puriforme.
Il est rare que ces altérations déterminent des accidents graves; ces tumeurs n’augmentent que peu de volume, jusqu’à ce que la totcdité du tissu fibreux ait été envahie ; seulement leur densité peut rendre la compression plus énergique quand elle préexistait. On les
reconnaît au toucher, à leur forme arrondie, si elles proviennent d’un kyste ; à leurs aiguilles, si elles ont une autre origine, et à la consistance pierreuse qu’il est généralement assez facile de constater, surtout quand on a pris la précaution de fixer le larynx.
La marche de ces tumeurs est lente; à une certaine période, elles restent même forcément stationnaires ; et ce n’est le plus souvent qu’à l’autopsie qu’on les constate. Aussi peut-on dire que leur traitement est nul, ce qui fait que je n’y insisterai point plus longuement; elles sont totalement du ressort de l’anatomie pathologique.