‹ Des tumeurs du prépuceChapitre 13 sur 18 · OBSERVATION XIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIII

Un cas rare de kyste muqueux à cellules cylindriques du

prépuce.

(P. Redard. Rev. mens, des malad. de V enfance. Paris, 1896. T. VÏIT,

Enfant de dix mois, vigoureux, présenté à notre dispensaire le 15 novembre 1889.

Antécédents. - Enfant de très bonne santé, sans aucun vice de constitution.

Début. — Depuis sa naissance, il avait à la partie inférieure du prépuce, en avant du frein, sur la ligne médiane, une petite grosseur de forme régulière. Cette tumeur avait paru un peu grossir dans ces derniers temps, bet les parents inquiets demandaient notre avis sur cette difformité.

État actuel. — A la partie inférieure du prépuce, exactement sur la igné médiane, existe une tumeur très régulièrement arrondie, du volume d’une petite noisette. La peau, normale, glisse sur la tumeur qui paraît adhérer légèrement du côté profond , vers le frein ; la mobilité est assez grande à la partie antérieure. Il existe de la fluctuation et de la transparence.

Opération . — Après le diagnostic de kyste congénital, incision, dissection et énucléation du kyste. Guérison.

Examen macroscopique . — Le kyste incisé laisse couler une petite quantité de liquide blanc légèrement visqueux ressemblant à du sperme. La paroi est peu épaisse, irrégulière, tomenteuse avec quelques dépressions en certains points.

Examen microscopique . — A un faible grossissement on voit que la surface interne du kyste est formée par des bourgeons assez réguliers, arrondis à leur extrémité, séparés les uns des autres par des dépressions plus ou moins profondes, ces saillies correspondent à des plis végétants, et à la surface des bourgeons principaux, on voit de petits bourgeons et de petites saillies secondaires. Ces bourgeons sont très vasculaires, les vaisseaux y sont distendus par le sang.

Au-dessus de cette couche bourgeonnante existe une couche épaisse de tissu fibreux dont les faisceaux sont dirigés concentriquement à la surface du kyste. Ce tissu conjonctif à faisceaux concentriques est également parcouru par des vaisseaux dilatés. Au niveau de sa face externe, il est en rapport avec la peau dont il est séparé par un tissu conjonctif lâche.

A un plus fort grossissement on voit que toute la surface interne du kyste est tapissée par des cellules d’épithélium dont la couche superficielle est cylindrique. Cette couche cellulaire s’enfonce profondément dans toutes les dépressions situées entre les grands plis saillants et les plis secondaires. Ces cellules épithéliales sont variables; tantôt on n’en voit que deux couches, l’une formée par de petites cellules indifférentes et possédant de petits noyaux ovoïdes appliqués contre le sommet des végétations fibreuses, l’autre superficielle, par de longues celules cylindriques terminées soit par un plateau, soit par une extrémité arrondie. Dans d’autres points il existe trois ou quatre couches de cellules indifférentes, au niveau du tissu conjontif, ovoïdes dans les couches moyennes, et cylindriques dans la partie superficielle.

La plupart de ces cellules cylindriques sont caliciformes ; tantôt leur protoplasma est gonflé et transformé en une masse muqueuse superficielle qui se termine par une boule faisant une saillie à la surface de la muqueuse ; leur noyau est rejeté à la partie profonde, au niveau de la queue allongée de la cellule. A la surface de la muqueuse et en contact avec les cellules caliciformes on trouve une couche qui renferme des granulations et du mucus, des filaments minces de mucine et quelques globules blancs migrateurs dont les noyaux ne se colorent plus par le carmin.

Cette couche nous donne les caractères histologiques du liquide contenu dans le kyste. Au-dessous de l’épithélium, la couche superficielle de tissu conjontif est formée par des fibrilles minces, séparées par des cellules pour la plupart arrondies ; quelques-unes allongées ; les cellules embryonnaires dominent dans ce tissu conjonctif.

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