‹ Des tumeurs malignes du rein chez l'enfantChapitre 27 sur 53 · TRAITEMENT PALLIATIF · texte numérisé non relu

TRAITEMENT PALLIATIF

C’est le traitement banal de toutes les affections contre lesquelles la science est impuissante. On calmera la douleur par des bains tièdes, des applications émollientes; l’insomnie sera combattue par des préparations opiacées et chloroformées. Contre l’hematomie, on placera de la glace sur la tumeur, on donnera des médicaments astringents à l’intérieur; les auteurs anglais préconisent des lotions à l’acétate de plomb. S’il y a coagulation du sang dans l’urètre on aura recours au cathétérisme ou à des injections d’eau boriquée tiède dans la vessie. On pourra essayer les préparations iodurées et arsénicales, etc., etc. ; Hàtons-nous d’arriver à un traitement plus sérieux, sinon plus efficace.

TRAITEMENT CURATIF. — NÉPHRECTOMIE

Si nous consultons les statistiques que Brodeur et Guillet ont données dans leurs thèses, nous voyons que Hueter en 1876 fit pour la première fois la néphrectomie chez une petite fille de 4 ans qui mourut pendant l’opération, d’hémorragie rénale. Puis successivement Kocher (1877), Hicquet (1881), Ollier (1883), Godlel (1883) perdirent également tous leurs malades.

En 1883, Schoenborn obtint le premier succès chez une petite fille de 7 ans, Meredith (1883), Little, Kuhn (1885), Kœnig (1885), Scheven et Ribert (1886) essuyèrent des insuccès. Croft (1885), Dandois (1885), Kœnig (1885). AlLsberg (1887), Tredelenburg (1886) obtinrent un succès, mais on ignore ce que leurs malades sont devenus ensuite. Tous ces cas sont relatifs à des sarcomes. Quant aux carcinomes (3 cas), ou aux tumeurs réputées telles par les observateurs, elles n’ont donné que des insuccès. A cette triste nomenclature ajoutons encore deux de nos malades, le premier opéré par M. le professeur Guyon mourut le soir même de l’opération, épuisé par le choc opératoire; le second, opéré par M. le docteur Quénu mourut également le jour de l’opération. En résumé, jusqu’ici l’intervention opératoire a donné 6 succès relatifs pour 14 insuccès.

Les causes de la mort ont été variables : T hémorragie rénale, une fois ; l’empoisonnement phéniqué avec collapsus, une fois; la syncope, une fois; la péritonite septique, deux fois; la récidive ou la généralisation, cinq fois;

le choc opératoire, deux fois; dans deux cas, les causes de la mort ne sont pas indiquées.

Ce sont là certes des statistiques bien décourageantes. Aussi Angel-Money (1887)|disait-il à propos de 4 cas de cancer du rein qu’il’avait observés chez des petites fdles de 16 à 34 mois « qu’une étude comparée des cas de néphrectomie observés semblant démontrer que la vie n’est pas prolongée même dans les cas heureux. L’ablation sera la règle si la tumeur est petite, diagnostiquée de bonneheure, mais si elle a acquis un volume considérable la généralisation est inévitable ». Le manuel opératoire de la néphrectomie ne rentrant pas dans notre sujet, nous n’en parlerons pas et nous renverrons à la thèse récente de Guillet (1888)

En résumé les indications de la néphractomie sont très restreintes. Il faut, comme dans toute opération, d’ailleurs, qu’il y ait possibilité d’enlever la tumeur en entier, et par conséquent que des adhérences trop intimes n’existent pas, ce dont on s’aperçoit à la mobilité de la tumeur et à la possibilité de la circonscrire nettement entre les mains; il faut en outre qu’il n’y ait pas de généralisation à d’autres organes et par conséquent que le diagnostic soit fait de bonne heure. Enfin, une condition qui prime toutes les autres, c’est la conservation de la santé générale de l’enfant qui lui permettra de résister au choc opératoire et à l’administration prolongée du chloroforme.

La rareté de la généralisation, la fréquence de l’unilatéralité des lésions, la possibilité d’un diagnostic précoce, rendront donc dans la majorité des cas une intervention opératoire possible sinon fructueuse.

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