CONCLUSIONS
1. — Les tumeurs malignes du rein sont, après celles de l’œil et de ses annexes, les plus fréquentes des tumeurs de l’enfance ; les deux sexes sont également atteints ; elles sont parfois congénitales et se rencontrent de préférence entre 1 et 3 ans, sans que l’hérédité paraisse jouer aucun rôle.
2. — Presque toutes ces tumeurs sont des sarcomes volumineux soit purs, soit mêlés à des éléments musculaires striées. La lésion porte le plus souvent sur un seul rein, particulièrement le rein gauche, exceptionnellement les deux reins sont atteints; l’autre rein est sain mais hypertrophié.
3. — Cliniquement on reconnaît l’existence de ces tumeurs à la présence dans la cavité abdominale, d’une tumeur volumineuse, plus ou moins rénitente, indolente, ne suivant pas les mouvements du diaphragme, à évolution souvent rapide et présentant parfois au-devant d’elle une anseintestinale reconnaissable à la palpation et à la percussion.
En outre il existe dans certains cas de l’hématurie et des troubles urinaires variés; le plus souvent il y a absence de troubles généraux, au moins au début.
4. — La durée du sarcome du rein chez l’enfant est d’un an environ, la terminaison fatale est due soit à la cachexie, soit à l’anémie profonde, soit à une complication intercurrente (phénomènes de compression, généralisation viscérale).
5. — Le pronostic est extrêmement grave, les enfants sont voués à une mort certaine si l’on n’intervient pas à temps.
6. — Le seul traitement efficace est la néphrectomie, et encore sur 20 néphectomies y a-t-il 14 insuccès et 6 succès relatifs ; elle est indiquée quand il y a possibilité d’enlever toute la tumeur et que l’enfant est suffisamment robuste pour résister au choc opératoire et à l'administration prolongée du chloroforme.