CHAPITRE IL
Anatomie pathologique.
Les tumeurs de la voûte crânienne sont le plus souvent
solitaires. Quelquefois elles sont multiples ; ce sont des cancers dans le sens clinique du mot et, parmi les différentes variétés de cancers, des sarcomes : en effet, il est acquis depuis longtemps déjà que les tumeurs malignes qui se développent primitivement aux dépens d’un os, sont des sarcomes. Nous n’àvons pas l’intention d’insister sur ce sujet. Qu’il nous soit pourtant permis d’ajouter, en ce qui concerne ce point spécial, que parmi les observations que nous avons pu recueillir, celles dans lesquelles l’examen histologique a été pratiqué ont montré que dans six cas il s’agissait de sarcomes.
On y peut sans doute rencontrer toutes les variétés de sarcome^ savoir sarcome, à grandes et petites cellules rondes, sarcomes à cellules fusiformes, enfin sarcomes télangiectasiques.
L’évolution de ces tumeurs peut dans certains cas être d’une rapidité extrême, à ce point qu’un traumatisme peut assez vraisemblablement être regardé comme ayant activé le
développement de la tumeur ; d’autres fois cette évolution est très lente et met plusieurs années avant de donner lieu au moindre trouble. Cette différence d’évolution semble être sous la dépendance du point de départ de la tumeur : celleci peut en effet être d’origine osseuse, d'origine diploïque ou périostique. Si la tumeur est d’origine diploïque, les deux tables de la voûte crânienne sont éloignées l’une de l’autre, soit que la saillie se fasse vers l’intérieur, soit qu’elle se fasse vers l’extérieur ou qu’elle prenne les deux directions à la fois.
Suivant que la saillie produite par la tumeur aura pris telle ou telle direction, nous aurons les signes soit seulement d’une tumeur externe, soit les signes de compression cérébraie, soit les deux séries de phénomènes combinés les uns avec les autres. Ces mêmes phénomènes se présenteront dans les mêmes conditions, suivant que la tumeur aura son point d’origine dans la table interne ou dans la table externe. Si la tumeur a son point de départ dans le périoste, celui-ci réagit, se charge de cellules osseuses et la tumeur semble faire partie de l’os ; c’est alors que la saillie à l’extérieur acquiert une grande rapidité d’évolution.
Le plus souvent, dans le cas où la tumeur a pour point de départ le diploé ou la table externe, la dure-mère est in tacte ; pourtant elle peut être infiltrée (dans ce cas, la dure-mère se présente ramollie, vasculaire, adhérente à l’os) et le cerveau lui-même être l’objet de la propagation néoplasique : la pro-
pagation peut s’étendre même jusqu’aux nerfs crâniens et jusqu’à un sinus qu’on est alors obligé de ligaturer et réséquer.