‹ Des tumeurs malignes primitives de la voute cranienne et de leur traitmentChapitre 2 sur 8 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Historique.

Nous n’avons pas l’intention de faire ici Phistorique de la trépanation, bien que celle-ci doive être toujours, dans presque tous les cas, l’une des étapes de notre intervention. Nous reprendrons simplement, dans ces dernières années, tout ce qui a été fait comme extirpation plus ou moins étendue de la voûte crânienne.

Bien que ces larges ablations éliminent toute idée de réparation spontanée et permettent peut-être même de rejeter tout procédé, quel qu’il soit, d’autoplastie ou d’bétéroplastie, nous ne passerons pas entièrement sous silence ce qui a été dit à ce sujet.

Il suffit de remonter à une vingtaine d’années pour retrouver les premières interventions faites d’une manière systématique, sur les os de la voûte crânienne.

En 1874, dans un cas de cancer secondaire des os de la voûte du crâne, Péan appliqua autour de la portion d’os malade, dix couronnes de trépan, de manière à la circonscrire entièrement, et fit ensuite sauter les ponts intermédiaires avec le davier; la dure-mère se trouva à découvert dans l’étendue d’un cercle de six centimètres de diamètre.

L’année suivante, Yaleriani (1) enlève une grosse tumeur de la partie postérieure de la tête et une portion de la dure-mère ; la perte de -substance osseuse était grande comme deux fois cinq francs. La malade, quelques mois après, mourut subitement d’un abcès du lobe postérieur de l’hémisphère droit.

En. 1880, Novaro (2) et Jablonski (3) intervinrent, le premier pour une tumeur de la voûte crânienne, l’autre pour une tumeur du frontal.

Langenbeck, en 1881, opéra un sarcome du crâne gros comme le poing. Après l’extirpation, la perte de substance avait 8 centimètres de diamètre ; la guérison se fit sans incidents.

Küster (4) rapporte deux cas dans lesquels il eut à intervenir : dans le premier, la mort est arrivée par hémorragie foudroyante au cours de l’opération. Le deuxième malade eut une récidive quelques semaines après l’opération. Cette récidive fut opérée. Une deuxième récidive emporta le malade après la deuxième intervention.

Dans une observation publiée par Glissenbauer, toute la moitié droite du frontal fut enlevée avec le rebord sus-orbitaire et une partie de la grande aile du sphénoïde et de l’écaille du temporal.

Pauly, en 1883, rapporte un cas où le sarcome récidiva ; il siégeait sur le frontal. Extirpé une première fois, il ne tarda pas à repulluler. Pauly enleva alors le frontal de la racine du nez au temporal. Une récidive survint cinq mois plus tard.

En 1886, Trendelenburg opéra un malade atteint d’un sar-

(1) Centralblatt für Chirurgie, 1875, p. 606.

(2) Centralblatt für Chirurgie , 1880, p. 138.

(3) Virchow-Hirsch. Jœhresberichte f. 1880, tome II, p. 593.

(4) Berliner klin. Wochenschrift , 1884, n° 46.

corne de la région temporale et un autre atteint d’un carcinome de la même région.

Plus près de nous, Ceci, en Italie, Terrier, Ricard, en France, Israël, en Allemagne, Mac Ewen, en Angleterre, pratiquèrent des craniectomies qui furent suivies de résultats favorables.

Page 1