IIX. — Preuves cliniques
Enfin les faits observés, un certain nombre du moins démontrent bien nettement l’origine primi-
= 4 — tive de tumeurs solides connectives dans les ligaments larges. Ces tumeurs, nous le savons, peuvent être intra-ligamentaires ou juxta lig'amenaires pédiculées ou non. La. première catégorie n ’apporte certainement aucune preuve formelle en faveur de l'origine primitive de ces néoplasmes dans les ligaments larges, car pour ces tumeurs on peut toujours objecter (pour celles du moins qui sont intra-ligamentaires) quoique les liga ments larges Fan en suffisance tous les éléments propres à leur développement, quoiqu'il n ‘yait pas le moindre vestige deconnexion apparente ou réelle entre elles et l’utérus que ces tumeurs, notamment les fibromyomes, ont eu constamment pour point de départ l’utérus, et que, le pédicule qui les reliait primitivement à cet organe, devenu de plus en plus mince, ayant fini par disparaître complètement, on ait pu croire ainsi, à leur origine spontanée dans les ligaments larges : « à plus forte raison, comme le fait si justement observer M. le professeur Gross,est-il plus difficile encore de reconnaître si le point de départ de la néoplasie a été utérin ou juxta-utérin, lorsqu'il existe des fibromyomes intra-ligamentaires multiples qui entourent l’utérus, parfois plus ou moins hypertrophié ou dégénéré, et altéré par quelque myome interstitiel, et enchâssé au milieu de ces productions néoplasiques qui l’entourent. Les cas de tumeurs intra-ligamentaires ne sont donc pas très favorables pour établir l’origine primitive des tu-
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meurs, surtout des fibromyomes des ligaments larges. »
« Et cependant, dit Sænger en commentant les rapports anatomiques du pédicule dans le cas parculier de son observation, le manque bien positif d'un pédicule utérin intra-ligamentaire est certainement une preuve très concluante en faveur de l’indépendance absolue de notre tumeur.
En effet, un fibrome intra-ligamentaire ne peut accomplir de migrations ultérieures aussi bien qu'un corps fibreux libre sous-péritonéal ayant un pédicule mince et pouvant se rompre par torsion. La cavité du ligament large étroite, quoique se dilatant, ne peut cependant pas se comporter à l'égard d’un corps fibreux utérin intra-ligamentaire comme la cavité abdominale pour un fibrome sous-péritonéal, et certainement le pédicule d’un corps fibreux utérin intra-ligamentaire y serait bridé dans une enveloppe étroite à l’abri de la sorte de tout tiraillement et de toute rupture ; car unerupturepar torsion répétée estmécaniquement impossible dans le ligament large, quoique cela puisse arriver à la rigueur pour des tumeurs petites, très mobiles, à la suite d’un tiraillement du ligament large lui-même, mais alors comme conséquence de troubles circulatoires très £Taves COnsécutifs à leur torsion. Sans donc nier naturellement l'existence intra-ligamentaire de fibromes utérins, le plus souvent alors sessiles, je demande seulement la preuve évidente de l'existence d’un
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pédicule : que cette preuve ne puisse être faite et que l’utérus ne montre manifestement aucune bosselure fibromateuse, certainement l'origine d’un fibro-myome trouvé ainsi libre dans le ligament large sera attribuée à ce dernier seul. En somme, on a pu avoir entre les mains, au lieu d’une partie du pédicule utéro-ligamentaire, le ligament de l’ovaire ou le ligament rond qui peuvent pénétrer facilement dans une tumeur « desmoide » irrégulière, intra-ligamentaire, car il est bien connu que le ligament rond est souvent compris dans les pédicules des kystes ovariques. »
Il en est tout autrement du deuxième groupe qui comprend les tumeurs ligamentaires pédiculées, mais dont les observations sont infiniment plus rares, et qui apporte des preuves bien plus démonstratives en faveur de l'indépendance des tumeurs solides des ligaments larges.
En présence de cas de ce genre il n’est plus permis de contester l’existence de tumeurs primitivement nées dans les ligaments larges : c’est précisément à cette catégorie qu’appartient l’observation que M. le professeur Gross a eu la bonne fortune d’observer.et qui a été le point de départ de notre travail, et vient prendre place à côté des cas de Mikulicz, Sænger, Bilfinger et Alban Doran.
Des sarcomes pédiculés des ligaments larges ont été également observés par Péan, Schmid- Breisky et Chénieux.