LATTES
OBSERVATION XXXIII RÉSUMÉE. — (Traduction inédite personnelle).
Bayard Holmes, Améric. Journ. of. obstetrie. T. 21 1888. P.211. Myome primitif du ligament large gauche.
Femme de 35 ans, bien constituée, ayant eu un enfantil y à trois ans. A la suite de cet accouchement déchirure du col réparée en Février 1886 : à cette époque on ne constatait absolument rien d’anormal dans la cavité pelvienne qui fut alors entièrement examinée. Consécutivement à l'opération survint une légère rétroversion traitée par un pessaire que la malade enleva elle-même en mai 1886. Un mois plus tard, comme ses règles diminuaient, elle consulte son médecin qui la croit enceinte, et s’abstient d’un examen plus approfondi. En juillet les règles reparaissent normales et en examinant la malade à cette époque on découvre d’abord, juste derrière l’utérus, une tumeur petite, à peu près du volume d’une noix, mobile, indépendante de la matrice ayant toutes les apparences d’un ovaire ectasié et agrandi, et d’ailleurs alors regardée comme telle ; à plusieurs reprises dans la suite on put constater par des examens répétés son accroissement rapide et persistant, en même temps qu’une vague fluctuation.
La malade subit enfin l’opération le 5 Juin 1887, celleci étant faite avec les précautions antiseptiquesordinaires par le Dr J. W. Shreeter. Après ouverture de l'abdomen on reconnaît qu’il est impossible d'amener ‘en regard de l’incision la tumeur étroitement appuyée contre l’utérus qui occupe tout le côté droit du bassin, refoulé par celle-ci et presque impossible à mouvoir. Deux tiers de la tumeur étaient recouverts par le péritoine lisse se réfléchissait sur les parois du bassin en arrière et en avant. Il n’y a pas d’ovaire à droite, l'ovaire gauche semble absolument normal. On incise le péritoine et après énucléation
de la tumeur on réunit par des sutures sa large base d’implantation, ainsi que le péritoine et la plaie abdominale. Guérison complète deux mois après.
La tumeur a toutes les apparences d’un fibrome utérin ; elle est sphérique etlisse, à peu près du volume du poing : la surface de coupe est lisse etprésente des cavités remplies d’un liquide clair et séreux, et microscopiquement offredes fibres musculaires lisses, ou du moins des cellules dont les noyaux ressemblent beaucoup à ceux des fibres lisses, avec très peu de tissu fibreux pur. Près des vaisseaux les noyaux sont ovoïdes ou sphériques et très larges : c’étaient là sans aucun doute, suivant Holmes, les cellules rondes de Kleinwæchter qui existent dansles fibromes utérins. — « Cette tumeur, dit-il, est donc un leiomyome né ni aux dépens de l'utérus, puisque au début ce néoplasme en était bien éloignéetindépendant, ni aux dépens de l'ovaire. en raison mème de sa forme, de sa structure histologique et de son mode d’attache : en effet les fibromes de l'ovaire étant simplement le résultat de l’hypertrophie de son tissu connectif, leur contour est irrégulier et bosselé, et non lisse et sphérique comme dans notre cas : ils sont composés presque entièrement de tissus fibreux, les fibres lisses y étant rares et petites ce qui n’était pas le cas pour notre tumeur qui en était formée presque sinon tout à fait entièrement ; enfin les fibromes de l’ovaire ont été montrés par Léopold comme étant reliés au ligament par un long et simple pédicule qui jamais ne comprend la trompe : or notre tumeur non pédiculée était située profondément dans la cavité pelvienne.
Si dans ce cas l’ovaire droit n’a pas été reconnu cela tient, ajoute B. Holmes d'accord avec Sænger à ce que celui-ci est fréquemment confondu avec la surface d’une large tumeur et peut même devenir presqu’entièrement méconnaissable en raison de son atrophie due à sa compression.
Il s’agit donc bien ici d’un vrai leiôomyome primitif du ligament large, tumeur qui n’est pas peut-être aussi rare que semblerait l'indiquer sa proportion limitée, car il est probablequelesnéoplasmes de ce genre sont observés fréquemment à un stade avancé de leur développement, au moment seulement de l'opération, alors que l'ovaire se confond avecla tumeur, refoulé etatrophié parelle qui, à ce moment, semble bien provenir de cet ovaire disparu. À un examen plusprécoce peut-être reconnaîtrait-on leur vraie origine. »