‹ Des Tumeurs Solides Primitives Des Ligaments Larges Et Plus Particulièrement De Leur Histoire Et De Leur PathogénieChapitre 7 sur 59 · FOURNIES PAR L’ANATOMIE NORMALE · texte numérisé non relu

FOURNIES PAR L’ANATOMIE NORMALE

a) « Comme le dit Sænger (91), ce qui explique toujours l’origine utérine de tumeurs intra-ligamentaires, c’est la présence d’un pédicule, qui peut se rompre certainement quand on le dégage, mais qu’on peut toujours retrouver. Or les ligaments larges contiennent en quantité ces éléments histologiques, notamment des fibres musculaires lisses que l’on croit, même dans leS cas de fibromyomes trouvés absolument isolés, devoir toujours faire provenir exclusivement de l’utérus : leur présence est en effet bien démontrée, et qui empêche alors de supposer que chez certains individus elles sont richement et particulièrement dé-

veloppées et peuvent ainsi servir à la production d’une tumeur myomateuse aussi volumineuse que celles de la matrice ! »

C'est Rouget (88) le premier qui met en pleine lumière, non seulement l'existence, mais mème la disposition des fibres musculaires lisses dans les ligaments larges.

«Chez la femme, dit-il, un observateur même exercé méconnaitrait probablement la présence de faisceaux musculaires dans les ligaments péritonéaux des organes génitaux, s’il n’était prévenu de certaines particularités importantes : le tissu musculaire ne forme pas là une membrane continue, mais une espèce de canevas à mailles larges, entremêlées de réseaux musculaires et nerveux, le tout recouvert et masqué par des faisceaux de tissu conjonctif fibreux ; ceux-ci emprisonnent tellement les faisceaux contractiles qu’il “est impossible d'isoler ces derniers à l’état frais sans altérer leur texture par les violences mécaniques, au point que les éléments en deviennent complètement méconnaissables et sont nécessairement confondus avec les filaments du tissu con- Jonctif fibroïde ; il faut certains artifices de préparation pour les rendre apparentes et reconnaissables.

Il est facile, ajoute cet auteur, de constater que, de même que chez les autres mammifères, l’utérus etses annexes sont compris dans l’épaisseur d’une large membrane musculaire dont les prétendus

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ligaments péritonéaux ne sont que des dépendances ; d’ailleurs le tissu musculaire existe déjà à la naissance dans les organes génitaux de la femme et à Faide de faibles grossissements (de 6 à 15 diam.) et même à l'œil nu, dans quelques points, on peut suivre la marche, la direction des faisceaux contractiles Que l’ordre et la régularité de leur arrangement distinguent du feutrage confus de tissu conjonctif. »

Klebs (53) met aussi en évidence l’existence dans les ligaments larges de fibres musculaires plus ou moins développées et cependant ne les regarde que comme des agents de fixation de l’utérus et, ainsi que Rouget, destinés à faciliter le cours du sang hors de cet organe. « A l’époque de la grossesse, ajoute-t-1l, elles s’hypertrophient en même temps que l'utérus et maintiennent ce dernier. »

Henle(47)faitse perdre dans les ligaments larges l'épanouissement des fibres musculaires de l’utérus ; il expose ensuite comment, à l’origine, il y a une transition insensible entre les fibres ligamenteuses et les faisceaux musculaires qui rayonnent du corps de l’utérus dans les ligaments larges, courant et s'étendant transversalement jusqu’à l'ovaire. Il n’y a que dans le ligament infundibulo-pelvien où Henle ne trouve pas de fibres musculaires où, par contre, Erbstein prétend en avoir trouvé.

Luschka (71) à qui nous devons la découverte du muscle organique rétracteur de l'utérus, situé

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dans le cul de sac de Douglas, décrit la musculature lisse des ligaments larges en ces termes : « La partie inférieure des ligaments larges contient surtout beaucoup de faisceaux sanguins et lymphatiques etaussi des fibres musculaires lisses qui rayonnent transversalement de la surface de l’utérus entre les feuillets de ces ligaments. Pendant la grossesse, ces organes acquièrent, parmi les autres annexes, un volume et une résistance dépassant de beaucoup celle qui leur est habituelle. J’ai constaté aussi ces modifications dans les cas où les ligaments larges avaient subi un tiraillement considérable, en particulier dans les cas de prolapsus utérin prolongé et porté à un degré excessif. Dans cette partie du ligament large qu’on appelle ala vespertilionis, mais seulement dans son bord latéral, j'ai rencontré quelqués minces faisceaux musculaires au point de jonction des limites extrêmes de la trompe et de l'ovaire (ligament infundibuloovariendeHenle), fait qui peut parfaitement établir un rapprochement entre les deux organes. » |

Killian (50)ditenfin,commeRouget,quelacouche musculaire lisse n’est pas uniformément répartie dans les ligaments larges mais s’y trouve sous formes de faisceaux séparés, plus ou moins gros, ayaut des directions différentes.

00e D) FOURNIES PAR L'ANATOMIE PATHOLOGIQUE.

b) 1° Structure de certaines tumeurs kystiques des ligaments larges.—Mais comme le fait observer Sænger, des preuves beaucoup plus importantes, non seulement de l’existence parfois de puissantes couches musculaires lisses dans les ligaments larges, mais encore de leur participation à la production des tumeurs, nous sont fournies par les kystes des ligaments larges.

C'est ainsi que Spiegelberg (104) trouve la paroi du premier kyste opéré par lui composée de trois couches dont la plus externe constituait une enveloppe musculaire spéciale : « Les travées de cellules musculaires, dit-il, ne se trouvaient que dans la couche la plus externe; la couche moyenne, cependant, montrait aussi quelques rares groupes de cellules musculaires. Ces cellules provenaient manifestement du ligament large, qui, comme on le sait, renferme normalement des cellules musculaires. » |

Lawson Tait (97) trouve également des quantités de fibres musculaires lisses dans la paroi d’un kyste du ligament large.

Dans un cas de kyste du parovarium cité par Scanzoni (96) et opéré par Müller, il y avait aussi, d’après Klebs, des places au niveau desquelles se trouvaient « reconnaissables déjà macroscopiquement et sous la séreuse, des couches de fibres mus-

culaires lisses épaisses de 2 à 3 millimètres. » Sur cette pièce un observateur antérieur, Recklinghausen, n’avait pas trouvé de couche musculaire. De même Gusserow (42) dans un autre cas en avait remarqué l’absence. Fischel (31) s'élève contre cette assertion et n'hésite pas à affirmer, après l'examen minutieux de deux cas décrits par lui avec beaucoup de soin, que ces observateurs dans leurs recherches sont tombés par hasard sur des places qui ne renfermaient pas de fibres musculaires. Dans ces deux cas, il s’était en effet formé une sorte d’enveloppe musculaire à laquelle adhérait, par une mince couche de tissu conjonctif lâche, la séreuse avec son épithelium plan ; mais en certains endroits les faisceaux musculaires n'étaient pas suffisamment épais pour qu’on püt les considérer comme formant un véritable revêtement musculaire continu. La disposition, en beaucoup de places, était celle d’un réseau à larges mailles Pemportant sur le tissu conjonctif. « Je pourrais poser en principe, conclut Fischel, que cette couche musculaire doit certainement exister dans la plupart des cas et que, depuis que Spiegelberg' a nettement montré qu’elle dérive de la musculation du ligament large, ce fait non seulement n’a rien d'étonnant, mais même paraît absolument s'expliquer de lui-même. » On pourrait, il est vrai, objecter à ces auteurs que ces prétendus kystes parovariques n'étaient en réalité que des dilatations kystiques des trompes et qu’alors il n’y avait

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