‹ Des turbines de leur construction, du calcul de leur puissance et de leur application a l'industrieChapitre 16 sur 16 · DE L’APPLICATION · texte numérisé non relu

DE L’APPLICATION

Eh bien ! nous voulons bien consentir à nous placer dans celte position désavantageuse; poursuivons la résolution du problème.

Nous allons substituer aux recettes les valeurs de l’effet utile. Cette substitution, du reste, ayant lieu à cause d’une proportionnalité que nous supposons ,, ne peut altérer, en aucune manière, les valeurs des autres termes.

Appelons e l’effet utile produit par la machine ancienne , le travail effectif de la roue actuellement usitée, et e' l’effet utile donné par la turbine. Cette dernière valeur, qui est variable légèrement, suivant les circonstances , pourra être prise moyennement égale à 0,75. Nous remplacerons donc a pare, et a’ pare' respectivement, dans la formule préétablie,

celte formule se transforme donc en celle-ci :

a . == jy =

Il est bien évident que la seule quantité qui, dans l’expression de x, soit encore variable, est le nombre e; mais, remarquons-le bien, ce nombre ne dépend plus de l’usine quelconque dont il s’agit,

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mais seulement de la roue motrice dout on fait usage. Supposons donc qu’il soit question de remplacer une roue verticale à palettes par une turbine, et fixons à iOOO francs le coût de cette dernière, — frais d’établissement, d’installation compris. L’effet utile des meilleures roues à palettes de ce genre s’élève bien rarement à 0,70; le plus souvent, nous dirons môme presque toujours , il atteint à peine 0,50. Adoptons successivement 0,60 et 0,70, et nous trouverons , pour valeurs correspondantes de x ,

Livrons-nous maintenant à une discussion générale de cette formule. Dans ce but, metlons-la sous la forme

et considérons tour à tour e et y comme variables , tandis que l’autre de ces deux quantités demeure constante.

1° e étant regardé comme variable. — La valeur de x croît avec celle de e dans une proportion trèsrapide.

2° y étant Invariable, et e la constante. — La

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valeur de x suit une marche exactement proportionnelle à celle de y.

Ces premiers faits posés , cherchons-en l’application pratique. À égalité de frais de construction et d’installation de la turbine , l’usine à laquelle on l’appliquera doit avoir une valeur d’autant plus élevée que sa roue motrice actuelle est meilleure ; et cela se conçoit aisément, car serait-il bien utile de faire de grandes dépenses pour obtenir un petit avantage ? D’un autre côté , entre deux établissements qui emploient des roues motrices d'efficacité égale, la valeur de celui qui adopte la turbine peut baisser d’autant plus que celle-ci coûte moins cher à se procurer. C’est ce que le bon sens nous dit tous les jours. Qui serait assez irréfléchi pour doubler la valeur de son usine, pour y engager un capital double, dans le but d’en obtenir, par exemple, un dixième de produits de plus?

C'est à de telles erreurs que l’on s’exposerait, si l’on ne considérait que le dixième de produits en sus. C’est à ce seul point cependant que se sont arrêtés jusqu’ici presque tous ceux qui ont préconisé des améliorations industrielles. Les industriels qui ont été assez imprudents pour suivre leurs conseils, sans examen ultérieur, ont été souvent victimes de leur précipitation. De là cette froideur, cette insouciance, cette répugnance même que l’on a bientôt

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rencontrée partout pour toutes les améliorations. On les comprit toutes dans l’appréhension générale qui était née. On avait dépassé , outré ce sage bon sens que nous invoquions tout à l’heure. Ne serait-il pas utile d’éviter et cette folle confiance et ces préjugés?

La difficulté en toutes choses, c’est d'agir toujours convenablement, sans tomber dans un excès, ni dans l’excès opposé. Si l'on savait toujours se conduire de cette manière , on aurait de grandes chances de succès , on aurait fait , du moins, tout ce qui dépendait de soi-méme. Mais ordinairement ce n’est point ainsi que l’on agit; on montre, tour à tour, une irréflexion ou une apathie également coupables. Quelle est la cause de celte singulière manière d’être ? Appliquons-nous à la rechercher ; car connaître la source d’uu mal , c'est être sur la voie pour y remédier.

Nous pensons que ces déterminations non utiles, mauvaises en elles-mêmes le plus souvent , ne doivent être prises par les entrepreneurs que faute de posséder les moyens d’étudier la question et de la décider en connaissance de cause. Presque toujours, en effet, après être demeuré incertain si l’on emploierait tel ou tel appareil, tel ou tel procédé, dans le cas où l’on vient à l’adopter, on doute soi-même des résultats qu’on pourra en retirer; on ne connaît

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aucune règle sûre pour résoudre un semblable problème, et, dans la difficulté où l’on se trouve de s’appuyer sur le raisonnement, on a recours à des témoignages dont on peut, presque à volonté, altérer la valeur intrinsèque ou récuser la validité. Eût-on même l’intention réelle de s’éclairer, on n’en possède pas complètement les moyens. De là cette incertitude , cette indécision , cette crainte ou cet engouement. Dans tous les cas, il y a tort véritable pour l’industrie.

Le moyen le plus efficace devait donc être de chercher les règles fixes et sûres d’après lesquelles on peut se guider dans de tels cas. 11 fallait faire un premier pas .pour plier à une espèce d’analyse , et soumettre à une sorte de calcul rigoureux les premières considérations qui, — hors de l’amélioration considérée en elle-même , — se présentaient. Ces considérations étaient les considérations de dépenses. On a vu avec quel développement nous en avons traité, et nous nous estimerions heureux si nous pouvions avoir commencé à remplir la lacune indiquée.

Cependant, après les questions de dépense immédiate , se présentent les questions de temps et de lieu. Nous ne douions pas qu’en les analysant à leur tour minutieusement , on ne puisse parvenir à en découvrir les éléments, à les lier ensemble, et

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à en tirer de véritables expressions algébriques, susceptibles de donner, avec toute la rigueur des cliilFres , une solution du problème. Nous n’avons osé entreprendre encore, dans une route si neuve, une carrière aussi longue à parcourir, aussi compliquée. Nous nous sommes arrêté après le premier pas fait.

Déjà toutefois on peut, d’après ce que nous avons dit , s’éclairer sur bien des questions industrielles. Nous avons fourni aux entrepreneurs ces règles sûres et claires au moyen desquelles ils pourront résoudre la base principale, la question fondamentale, celle de la dépense immédiate. Nous avons laissé ensuite, à chacun d’eux, à estimer, pour le cas particulier où il se trouve placé, l’influence des circonstances diverses qui l’entourent. — Nous avons montré aux entrepreneurs les avantages absolus des turbines, et nous leur avons fait connaître les principes de leur construction, de leur installation, le calcul des effets mécaniques de ces roues , et les moyens de les soumettre aux épreuves de l’expérience. Nous leur avons dit ensuite comment ils pourraient juger, en comparant l'efficacité de leurs roues hydrauliques actuelles à celle des turbines , et la valeur du capital engagé qu’ils exploitent au coût de la turbine, comment ils pourraient juger des cas d’application qui, sous le rapport de la dé-

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