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doit être appliquée à cet ordre de lésions, c’est bien à ce point de l'étude de la tuberculose gastrique qu'il importe de l'appliquer.
L'étude des conditions étiologiques d’une maladie se rattache par bien des points communs à sa pathogénie, et l'énoncé des unes fait souvent pressentir l’autre.
Pour les ulcérations tuberculeuses de l'estomac, la pathogénie qui semble découler de notre travail expérimental se sépare assez profondément de la pathogénie couramment admise. Il en résulte que nous sommes tenté d'attribuer une moins grande importance aux conditions diverses énoncées par plusieurs auteurs, tels que Lelièvre, Letorey, Batsère entre autres.
Néanmoins, nousretiendrons comme conditions favorisantes probables d’une infection de la paroi stomacale, le plus souvent par voie sanguine, les affections de l'estomac où la vitalité générale de cette paroi est altérée, telles par exemple les gastrites de diverse nature.
Chez les tuberculeux cachectiques, sur qui les ulcérations gastriques spécifiques se rencontrent le plus fréquemment, la gastrite lerminale est une règle si générale qu'il faut y voir une condition favorisante indubitable, que la gastrite soit d’origine catarrhale, toxémique, médicamenteuse ou infectieuse. ;
La dilatation de l'estomac par atonie musculaire, les troubles sécrétoires aboutissant à l'hypochlorhydrie méritent aussi d’être pris en sérieuse considération.
Le fait que les hommes sont plus souvent frappés que les femmes renforce cette notion de la gastrite toxique, comme cause favorisante de l'infection locale,
si l’on songe que chez eux l'alcoolisme, le tabagisme,
voire la syphilis, sont fréquents et déterminent seuls déjà des altérations gastriques profondes.
Les hommes font aussi un usage plus répété des aliments grossiers ou épicés, des boissons irritantes, etc.
Dans bien des cas de gastrites chroniques, l'estomac, privé de l'intégrité de sesmoyens de défense ordinaires, peut être infecté facilement par les germes tuberculeux contenus dans les aliments ou les crachats. Souvent aussi, dans ces cas, il existe des érosions de la muqueuse, véritables coups de lancette, livrantau bacille l'accès du üssu conjoncüif. Nous passerons sous silence les considérations classiques sur les professions, le climat, les saisons, Elles n’ont ici aucune importance.
Les maladies intercurrentes semblent aussi de par l'examen de nos observations devoir être négligées, le tuberculeux y échappant d’ailleurs presque toujours à la période terminale où se voient des ulcérations stomacales spécifiques.
En terminant, nous devons insister sur les rapports entre la luberculose pulmonaire et l’ulcère tuberculeux de l'estomac. Contrairement à l'opinion de Batsère qui prétend que ni le degré, ni la durée, n1 la forme de la bacillose pulmonaire n’ont d'influence sur la production de la tuberculose stomacale, nous croyons que la lésion pulmonaire à sa période caverneuse, que la longue durée de celle-ci, qu'une forme infectieuse, seplicémique, sont des facteurs de première importance dans la production de l’ulcère tuberculeux.
Enfin, l'attention doit être attirée sur les rapports fréquents de la tuberculose pulmonaire avec l’ulcère simple de l'estomac. L'affection du poumon est-elle
cause ou effet de la lésion gastrique, à raison des troubles digestifs graves existants? Nous n'envisagerons pas ici cette question, non plus que celle de savoir si la tuberculose peut infecter secondairement un uleère simple. Quoi qu'il en soit, Dietrich a rencontré sur 103 autopsies d’ulcères de l'estomac non cicatrisés, 18 cas de tuberculose ; Steiner, 33 cas sur 110 ulcères; Volkmann, 5 cas sur 48, soit une moyenne de 22 pour 100.
Peter, Brinton insistent sur ces rapports. Engel arrive à 19 ou 20 cas de tuberculose sur 100 ulcères.
Jaksch pense que la proportion doit être de 1 sur 5 en se basant sur 155 observations d’ulcères de l’estomac, où les sujets étaient parfois bacillaires. Ainsi, sur 20 ulcères proprement dits, 1l y avait 7 fois des tubercules pulmonaires, sur 78 cicatrices rayonnées, 26 fois et, sur 57 érosions de la muqueuse, 18 fois des lésions pulmonaires, soit une proportion de un Uers des cas.
Tout récemment, Sophus Bang a étudié la coïncidence de la tuberculose du poumon avec diverses lésions anatomiques. Il conclut, en s'appuyant sur 6000 autopsies, que, dans les affections de l’estomac amenant une dénutrition profonde de l'organisme, cette coïncidence existe dans 34 pour 100 des cas d'ulcères. Elle tombe au contraire à 16,5 pour 100 pour toutes les autres maladies gastriques et, dans 4,75 pour 100 des cas seulement, elle coexiste avec le cancer.
CHAPTPRE "TI
SYMPTOMATOLOGIE. — DIAGNOSTIC.