OBSERVATION I
Barkhausen (1824).
Nous trouvons signalée, sans autre détail, dans le mémoire de Cazin, cette observation de Barkhausen sur les ulcérations tuberculeuses de l'estomac. Nous la consignons à titre de document historique.
OBSERVATION II Louis (1825).
Homme, trente-six ans, à l’autopsie duquel on a trouvé une tuberculose pulmonaire avec cavernes, un opneumothorax gauche, de nombreuses ulcérations intestinales annulaires. Dans l'estomac, une ulcération de 2 pouces et demi de sur- D 2 face, située le long de la grande courbure. On trouvait un groupe de ganglions caséeux, voisins de l'estomac.
1 Pour les indications relatives à l’origine des observations, le lecteur voudra bien se reporter à l'index bibliographique placé à la fin de l’ouvrage.
Et per
OBSERVATION II Cruveilhier (1831).
Femme phtisique, soixante-huit ans, morte sans avoir eu de symptômes gastriques.
L'estomac présentait un ulcère cicatrisé de la grandeur d'une pièce de 20 sous, occupant la grande courbure de l'organe, au voisinage de la grosse tubérosité. La circonférence de cet ulcère était coupée à pic; une rainure circulaire profonde se voyait dans la moitié de l'étendue de cette circonférence, Le fond de l'ulcère était constitué par un tissu fibreux, très résistant.
On trouvait en outre, d’autres ulcérations plus petites dont trois
avoisinaient l'ulcération principale et deux occupaient l'extrémité pylorique. Trois d’entre elles étaient lenticulaires, récentes et formées seulement aux dépens de la muqueuse. Les deux autres avaient un diamètre plus considérable et entamaient la muqueuse et la couche fibreuse.
L'auteur remarque le nombre considérable des follicules de l'estomac. Pour lui, «c’est probablement par des érosions ou des ‘ulcérations folliculeuses que débutent les ulcères chroniques de l'estomac. Le fait précédent que je viens d'observer tout récemment confirme pleinement cette manière de voir ».
OBSERVATION IV Beneke (1851).
” Ulcérätion tuberculeuse de l'estomac. — Perforation __ de la paroi.
Fille, huit ans, à l’autopsie de laquelle on trouva de la tuberculose des méninges, des plèvres, du péricarde, de l'endocarde, des poumons, du péritoine,
Eslomac : Grande courbure adhérente au côlon transverse ; à ce niveau existait un ulcère perforant de la grandeur d'un
shilling. De plus, paroï stomacale ulcérée en ‘un autre point et
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sur l'étendue d'une pièce de 6 pence. Dans la séreuse et sous elle, se trouvaient des masses tuberculeuses considérables.
Sur les préparations, on voyait nettement que l'infection tuberculeuse avait envahi les diverses tuniques stomacales de dehors en dedans pour aboutir à l’ulcération.
L'ouverture de la perforation était plus grande sur la face séreuse que sur la muqueuse.
Un ulcère non encore perforant siégeait sur la paroi postérieure de l'estomac.
Quelques rares tubercules intestinaux.
OBSERVATION V Chambers (1852).
Femme de soixante et ün ans, albuminurique et toussant depuis six ans.
Aulopsie. — Cavernes anciennes des deux sommets. Dans l'estomac, trois ulcères à bords élevés et épaissis au milieu de la
petite courbure.
OBSERVATION VI Bignon, interne des hôpitaux (1853).
Hémalémèse mortelle, suite d'une perforation de l'estomac chez un enfant de six ans el demu.
Garçon admis à plusieurs reprises à l'hôpital des Enfants pour divers accidents se rattachant aux diathèses scrofuleuse ettuberculeuse. A présenté des ulcérations multiples d'origine ganglionnaire de la région cervicale. Pendant son dernier séjour, il est survenu des râles muqueux et sous-crépitants du poumon droit, Le petit malade est d’une pâleur et d'une maigreur extrêmes. Outre ses ulcérations fistuleuses cervicales, il ne présente rien de notable jusqu'au 6 juillet 1852. L'enfant fait ce jour-là son repas du matin comme à l'ordinaire. Vers midi, survient brusquement un premier vomissement de sang noir, mêlé de caillots et d’ali-
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ments : la moitié d'un crachoir en est rempli ; l'interne de garde prescrit une potion anti-hémorragique. À 3 heures de l’aprèsmidi, seconde hématémèse qui achève de remplir le crachoir de sang noir, Une demi-heure après, une troisième hémorragie ; le malade expire.
Autopsie. — Elle révèle de multiples manifestations tuberculeuses : au-dessous des ulcérations cervicales, énormes et nombreux tubercules non encore ramollis. De semblables tubercules accompagnent en très grand nombre la fin de la trachée et des bronches, Quelques petites granulations aux deux sommets pulmonaires. Nombreuses adhérences pleurales droites. A l'ouverture de l'abdomen, il s'échappe un flot de sérosité transparente, citrine. Nombreuses fausses membranes et adhérences périlonéales et épiploïques, farcies de milliers de granulations tuberculeuses. En somme, péritonite tuberculeuse généralisée à toute l'étendue du péritoine et de ses replis.
Près d'un verre de sang, analogue à celui qui a été vomi, remplit la cavité de l’esfomac.
Cet organe, incisé sur la petite courbure et lavé, on découvre sur la grande courbure et la grosse tubérosité, une perforation circulaire très nette, de la grandeur d’une pièce de 25 centimes. Une notable quantité de sang s’est échappée par cette perforation et a infiltré le tissu cellulaire sous-péritonéal.
Aucun vestige d'inflammation, ni d'ulcération ne l’environne. Elle présente en un mot tous les caractères des perforations tuberculeuses.
Un tubercule, soulevant la muqueuse qu'il n'a pas encore altérée, existe tout à côté et ne laisse aucun doute sur la nature de cette perforation. ;
Un autre tubercule, entouré d’une infiltration sanguine interstitielle et de quelques petites granulations tuberculeuses, se remarque à 5 centimètres environ du précédent et à droite, sur la paroi postérieure de l'estomac. La perforation occupe exactement le lieu de la situation anatomique des vaisseaux gastroépiploïques. Un examen très attentif n’a pas permis de découvrir l'érosion du ou des vaisseaux, cause de l’hémorragie gastrique