‹ Des ulcérations tuberculeuses de l'estomac: étude clinique, expérimentale et anatomo-pathologiqueChapitre 28 sur 95 · II. Homme, trente-huit ans, tuberculeux · texte numérisé non relu

II. Homme, trente-huit ans, tuberculeux

Aulopsie. — Tuberculose laryngée etintestinale. Cavernes des deux sommets.

Sur la grande et la petite courbure de l'estomac existent quelques petites taches brun rougeâtre. Au niveau de quelquesunes, la muqueuse a disparu. Sur la paroi postérieure, près de la petite courbure, à 2 ou 3 pouces du pylore, ulcération du diamètre de 1/4 de pouce, à bords à pic non saillants, à base fibroïde formée par le péritoine épaissi. A son pourtour, quatre cicatrices fibroïdes rondes ou allongées.

III. Sujet mort de tuberculose chronique avec cavernes et tuberculose aiguë de l'iléon.

Estomac: Dans la région pylorique, sur la grande courbure, deux ulcérations rondes du volume d'un pois recouvertes d'une eschare hémorragique et un ulcère, plus grand, à bords

indurés, pénétrant jusqu'au péritoine.

Ma

OBSERVATION X Besnier (1857).

Perforation de l'estomac, produite de dehors en dedans par l'ouverture d'un abcès tuberculeux d'un des ganglions abdominaux.

Homme, cinquante-sept ans, maçon, entre, en janvier 1857, dans le service de M. Barth. Malade depuis trois mois, il est très amaigri et présente de l'œdème des membres inférieurs. On ne trouve rien dans le thorax, ni dans l'abdomen pouvant expliquer sa cachexie. La symptomatologie est réduite à une diarrhée sans caractère spécial; affaiblissement, perte de l'appétit, pas de vomissements.

Autopsie. — Tuberculisation des ganglions abdominaux; un ganglion gros comme une noix adhère à la paroi postérieure de l'estomac et s’est ouvert dans sa cavité. Il en résulte une petite ulcération de toutes ses tuniques constituantes, s'étant produite de dehors en dedans, La muqueuse stomacale présente une petite perforation située au centre d'une portion décollée circulairement, sur l'étendue de 1 centimètre environ.

OBSERVATION XI Weissbach (1864).

Tuberculose der Lungen, des Kehlkopfs, des Magens und der Darmschleimhaut.

Cette observation signalée dans la thèse de Marfan, p. 131,

n’a pu être retrouvée par nous, non plus que par le précédent auteur.

OBSERVATION XII Steiner et Neuretter (1865).

Garçon, treize ans, atteint de tuberculose ganglionnaire et pulmonaire, chez qui les auteurs ont porté durant Ja vie le dia-

gnostic d'ulcère tuberculeux à cause de violentes douleurs dans la région épigastrique, de nausées et de vomissements ; ballonnement stomacal très marqué.

Autopsie. — Tuberculose du poumon, des plèvres, du péricarde, des ganglions bronchiques et mésentériques, de l'intestin grêle.

Estomac : Muqueuse pâle. Dans la portion pylorique, ulcération grosse comme une pièce de 3 kreuzer, arrondie, à bords tuméfiés, dentelés, minés en dessous, à fond gris jaunâtre ou rouge sale.

La séreuse était à son niveau rouge sombre et semée de tubercules indiscutables, grisâtres.

L'examen microscopique n’a pas été pratiqué.

OBSERVATION XIII Besnier (1866).

Ulcération de l’eslomac suivie de perforation et de périlonite généralisée.

Homme alcoolique, à l'autopsie duquel on trouva deux ulcérations de l'estomac ; la première située sur la face postérieure au-dessous de la petite courbure et formant un orifice elliptique assez étroit ; la seconde, large, s'ouvrant à l’intérieur le long de la grande courbure, au milieu de laquelle se trouve une ouverture de 2 cm. 50 de largeur, à bords effacés, sans infiltration plastique.

Pas de lésions intestinales ; pas de lésions ganglionnaires. Aux poumons, infiltration généralisée de masses tuberculeuses à diverses périodes.

L'auteur formule la réflexion suivante :

« Quant à l’ulcération, était-ce une ulcération simple, ou une ulcération liée à la tuberculose ou à l'alcoolisme ? Les lésions trouvées du côté des viscères abdominaux et thoraciques prouvent que le malade était sous l'influence de ces deux causes

générales, mais les ulcères stomacaux survenus sous leur

influence sont très rares. Cette question est donc difficile à

résoudre. »

OBSERVATION XIV Paulicki (1867).

Tuberculose des Magens mit Perforation und tüdtlicher Peritonitis.

Homme, quarante et un ans, emphysémateux, présentant de la diminution de l'appétit, avec nausées fréquentes, vomissements sanguins répétés; enfin, symptômes de péritonite aiguë par perforation ayant amené la mort,

Autopsie, — Dans la région pylorique, quelques ulcérations de dimension variable, irrégulières, à bords tuméfiés et hyperémiés ; une de ces ulcérations, læ plus grande, longue de 1 pouce et demi et placée à la face antérieure de l’estomac est rompue, causant la péritonite. Ces ulcères à bords épaissis, atteignant en partie la musculaire, en partie la traversant, ont des caractères qui semblent plaider en faveur de leur nature tuberculeuse.

L'examen microscopique n’a pas été fait.

Ganglions lymphatiques tuberculeux le long de la petite courbure ; les ganglions mésentériques forment de grosses masses tuberculeuses; quelques ulcérations tuberculeuses dans l'intestin grêle.

Rares granulations miliaires dans le foie et les reins. Pas de tuberculose pulmonaire,

OBSERVATION XV Oppolzer (1867).

Cette observation mentionne une communication d'origine tuberculeuse entre le côlon et l'estomac,

Mais comme le fait remarquer Marfan /loc. cit., p. 132), rien ne prouve que la perforation ne se soit pas faite du côlon vers

l'estomac et que la muqueuse de ce dernier ait été tuberculeuse,

deg. Re

OBSERVATION XVI Pozzi (1868).

Ulcérations lu berculeuses de l’estomac et de l'intestin chez un phlüisique.

Homme,trente-neufans, mort de phtisie pulmonaire, ayant présenté depuis plusieurs mois une diarrhée intense; jamais il n'avait été affecté de vomissements, sauf toutefois ceux produits par les quintes de toux comme chez la plupart des phtisiques.

Autopsie. — Tuberculose pulmonaire avancée.

Très nombreuses ulcérations intestinales ayant un caractère indiscutablement tuberculeux.

Au niveau de la grande courbure de l'estomac et vers la partie médiane, siège une ulcération circulaire de 1 cm. 50.de diametre, à bords boursouflés, et fermée par une sorte de bourrelet muqueux qui flotte dans l’eau. Sur le fond de l’ulcération de l’estomac, du côté du péritoine, on ne voit pas, comme dans la plupart des ulcérations intestinales, de petites granulations miliaires semi-transparenté au-dessous de la séreuse.

Examen microscopique, fait par M. le professeur Coruil : la couche superficielle de la muqueuse, qui est intacte au pourtour de l’ulcération, renferme des glandes en tubes de l'estomac dont plusieurs ont subi une dilatation vésiculeuse.

Le rebord saillant de l’ulcère présente dans le tissu conjonctif sous-muqueux une prolifération considérable et une grande quantité d'éléments jeunes. Le fond de l’ulcération est formé par la couche musculeuse. On voit aussi, entre ces couches et dans le tissu conjonctif sous-péritonéal, une multiplication des éléments de ce tissu et de petites cellules en train de s’atrophier

comme dans toute néo-formation tuberculeuse.

OBSERVATION XVII Toulmouche (1869).

Femme, trente-neuf ans, ayant présenté des symptômes de tuberculose pulmonaire pendant longtemps.

En outre, à diverses reprises, symptômes de gastrite chronique. Pendant son séjour à l'hôpital, la malade présenta tous les signes d'une pneumonie droite. Elle fut traitée par la saignée, une potion kermétisée, une dose de tartre stibié qui provoqua des vomissements. En outre, douleur persistante à l'épigastre ; cependant la malade demandait des aliments. Mort causée par l’affection pulmonaire.

Autopsie, dix-neuf heures après le décès.

Thorax : poumon gauche farci de tubercules, deux petites cavernes au sommet. Poumon droit intimement adhérent aux parois thoraciques ; son lobe supérieur est entièrement creusé de cavernes. Parenchyme pulmonaire présentant une pneumonie au second degré.

Cœur normal.

Abdomen : « L'es{omac offrait, vers sa pétête courbure, une ulcération de la grandeur de 1 centimètre, à bords découpés, rouges, tomenteux, saillants et à fond blanchâtre. La muqueuse était finement injectée à son pourtour ; elle était, dans toute la partie supérieure du grand cul-de-sac, d'un rouge assez vif, piquetée, un peu ramollie, tandis que, dans le tiers inférieur, elle élait noirâtre et comme marbrée; sa surface était granulée et tapissée par des mucosités blanchâtres (traces d'une gastrite chronique). Enfin, à l'orifice même du pylore, on apercevait une légère saillie d'un rouge assez prononcé, d'aspect tomenteux, déprimée à son centre, qui reposait sur une bride transversale de tissu fibro-celluleux, dont une des extrémités présentait la cicatrice d'une ulcération.

« Le duodénum était sain, de même que le jéjunum, à cela près d'une érosion de la muqueuse, analogue à celle de l'estomac, rencontrée dans un point de sa longueur. »

Page 1