OBSERVATION CXLI
(Communiquée par le M. le professeur R. Tripier.)
Tuberculose osseuse ancienne. — Poussée granulique généralisée. — Ulcéralion tuberculeuse typique de l'estomac.
Nous n'avons pu nous procurer l'observation clinique. Voici ce que nous relevons sur le registre d’autopsies du laboratoire d'anatomie pathologique de la Faculté de Lyon.
13 décembre 1898. — N° 33. Service de M. le professeur Ollier.
Jeune homme, vingt ans, atteint de coxalgie suppurée de date ancienne.
Mortavec des hémorragies intestinales accompagnées de fièvre intense, d'accès d'épilepsie jacksonienne et de troubles méningitiques.
Autopsie, — Lésions tuberculeuses de la hanche droite avec grands abcès; poussées de granulations ultimes du côté des poumons, Deux ou trois tubercules caséifiés dans les reins. Gros foie très gras. Nombreux ulcères tuberculeux du gros intestin.
Ulcère luberculeux de l'estomac. Sur la frontale ascendante, quatre petits tubercules et, au niveau du corps calleux, foyers bilatéraux de ramollissement méningitique.
Examen histologique de l'ulcération gastrique (voir fig. x).
Les coupes montrent un ulcère (U) peu profond, pénétrant cependant jusqu'à la partie moyenne d’une sous-muqueuse très hypertrophiée.
Cet ulcère, à ses deux extrémités, mine sous la couche glandulaire, voire même sous la muscularis mucosæ.
Les glandes atrophiées, envahies par les cellules embryon-
naires, s'avancent en surplombant le fond jusqu'au niveau de la perte de substance dont le bord est à pic.
La muscularis mucosæ, quand elle arrive au voisinage de l'ulcéralion, se relève pour suivre de chaque côté le lambeau de muqueuse qui surplombe le fond de la perte de substance. Enfin, bientôt avant d'atteindre l'extrémité de ce lambeau, elle disparail dans la nappe de cellules rondes.
L'ulcéralion, qu'elle soit à son fond, ou dans les recessus qui décollent la muqueuse, a le caractère d'une ulcéralion caséeuse, cest à-dire qu'en dedans elle offre une couche plus ou moins épaisse d'un caséum (CG) granuleux et jaunâtre.
Cette couche est plus épaisse dans les recessus latéraux.
En dehors de la couche caséiñée, et la doublant constamment, est une zone de cellules à noyaux bien colorables, à protoplasma visible et un peu jaunälre ; en somme, zone de cellules épithélioïdes.
Dans celte zone épithélioïde, on trouve de petites arlérioles oblitérées.
Au niveau des recessus latéraux, cette couche cellulaire est plus embryonnaire et moins épithélioïde.
Enfin, tout autour de l'ulcération, la sous-muqueuse (SM) est devenue fibroïde et très épaissie, comme nous l'avons déjà dit.
Pour la muqueuse (M), vu l’état des préparations déjà anciennes, nous n'oserions rien dire relativement à l'état des glandes
Toutelois, elles ne paraissent pas notablement altérées.
Nous noterons seulement que les points lymphoïdes sont très considérablement hypertrophiés [al). À leur voisinage imniédiat, les cellules rondes essaiment abondamment.
Sur certaines coupes,on en rencontre qui poussent vers la surface, en écartant les tubes glandulaires voisins, un fort et épais prolongement de cellules rondes qui arrivent presque jusqu'à la limite de l'embouchure des glandes (al).
La tunique musculaire gastrique (TM) est indemne,
OBSERVATION CXLH
(Communiquée par M. le professeur R, Tripier.)
l'uberculose pulmonaire avec cavernes.— Hémoplysres répélées elcontinues,— Poussée aiguë broncho-pneumonique. Ulcère luberculeux du pylore. — Mort.
B .., J,, trente-six ans, cordonnier, entré dans le service de M. le professeur Tripier, salle Sainte-Jeanne, le 25 mars 1884. Rien de particulier dans ses antécédents héréditaires. Ses deux sœurs sont mortes vers l'âge de trente ans.
Bonne santé dans l'enfance. A vingt ans, accès de fievre intermittente ayant bientôt disparu.
Pas de spécificité, pas d'excès alcoolique.
A eu, deux ans auparavant, des hémoptysies assez abondantes el souvent répétées pendant une période de {rois semaines, Depuis cette époque, le malade a commencé à tousser progressivement,
Il y a trois mois qu'il présente des vomissements journaliers, environ six à huit heures après les repas, s'accompagnant de perte de l'appétit et d’un amaigrissement considérable (12 kilog. environ).
A son entrée, mauvais état général. L'examen du tube digestif est négatif, sauf pour l'estomac au niveau duquel on constate une augmentation énorme de la sonorité qui descend au-dessous de l'ombilic. Clapotage marqué. Vomissements fréquents composés de matières à peine digérées où il est facile de reconnaitre des aliments de la veille. Le malade ne souffre du creux épigastrique qu'au moment de vomir.
Aux poumons, on trouve de la matité sous la clavicule droite, el des craquements très abondants dans les régions sus et sous claviculaires. Quelques ràles muqueux sont disséminés dans le reste du poumon, Signes analogues du côté du poumon gauche.
La toux est fréquente, l’expectoration muco-purulente abondante,
Rien au cœur. Léger disque d’albumine dans les urines.