LOT
Nous ne pouvons songer à rapporter ici l'observation journalière du malade.
: Au point de vue des troubles digestifs, il n'y a rien de particulier à noter dans l'observation, sice n’est quelques vomissements de temps à autre.
Du 30 avril au 1° juin, on peut dire qu'il n'est pas de jour où le malade n'ait présenté de petites hémoptysies, parfois même pouvant atteindre jusqu'à 200 grammes de sang. La médication fut constamment symptomatique. Pendant les huit à dix jours qui précédèrent sa mort, le malade présenta sans cesse du collapsus cardiaque avec tendance à la syncope. Anhélation extrême, cyanose des doigts et du visage, etc.
Les signes pulmonaires se sont accusés de plus en plus. La mort survient le 7 juin 1884,
Autopsie. — Faite trente-six heures après la mort. Nombreuses adhérences pleurales très accusées à droite, A la coupe du poumon droit, on trouve au sommet une caverne volumineuse et dans le tiers supérieur de petites cavernules nombreuses. Des vaisseaux rampent sur leurs parois sans qu'on puisse trouver la source des hémoptysies.
La base du poumon présente les lésions d'une poussée tuberculeuse aiguë à forme broncho-pneumonique.
Pas de lésion du cœur.
. Au niveau de l'estomac, on trouve le long des deux courbures quelques ganglions gros, durs et caséeux. De nombreuses pétéchies sont répandues sur la muqueuse, surtout au niveau de la petite courbure, dans le voisinage d'un gros ganglion.
L'observation se borne à mentionner une ulcération de la
région pylorique sans en donner d'autre description. EXAMEN MICROSCOPIQUE.
Ulcéralion pylorique. — Nous avons pu examiner deux coupes ayant trait au pylore de ce malade.
Si la description macroscopique est insuffisante, lexamen histologique, on va le voir, est on ne peut plus intéressant pour le sujet qui nous occupe.
En effet, nous trouvons sur ces coupes une ulcéralion de la muqueuse,
Sur celle où l'ulcéralion est la plus complète, nous voyons la couche glandulaire brusquement abrasée jusqu'à la sousmuqueuse. Sur un des bords, celte abrasion est en talus où en escalier dont le dernier échelon sectionne la musculaire muqueuse ; là aussi, les glandes sont sectionnées à des hauteurs différentes, sans présenter d’altéralions bien notables.
L'autre bord, au contraire, montre un gros amas embryonnaire qui fait saillie comme un bourgeon ct, assez loin autour, les cellules rondes s'infiltrent au travers des tubes glandulaires.
Le fond de l'ulcération est constitué par la sous-muqueuse sclérosée. Elle forme une nappe fibrillée, dans laquelle sont parsemées des cellules fusiformes et étoilées. Sans infiltration de cellules rondes, elle offre cet aspect atonique qui nous a déjà frappé.
Toute la muqueuse présente çà et là des infiltrations de cellules rondes, quelques-unes nodulaires, d’autres diffuses. Ses glandes paraissent dilatées d’une façon irrégulière, comme plus claires.
Pour la sous-muqueuse, elle est partout aussi fortement scléreuse.
La musculaire muqueuse offre des faisceaux grèles et dissociés presque fibre par fibre, par la même sclérose envahissante. On y rencontre des artérioles frappées d’endartérite.
Puis, plus profondément, on voit la sclérose envahir et dissocier les faisceaux du muscle gastrique. Souvent, des points nodulaires embryonnaires apparaissent dans ces interstices selérosés, C'est, pour ainsi dire, constamment au voisinage d'une artériole, dont l’endartère s épaissit, que se trouvent ces amas.
Mais, sices caractères histologiques ne semblent pas démonstrafs (du moins, pour nous ils sont déjà suffisants), nous trouvons, sur ces deux coupes, en plein muscle gastrique, deux nappes tuberculeuses oblongues à centre caséilié, en partie vidé par les manipulations, qui nous donnent la signature indubitable de tout
le processus décrit ci-dessus,
Réflexions. On croirait, dans ce cas, voir réalisée chez l'homme l'inoculation inlrapariétale par voie vasculaire, en pleine couche musculeuse de l’organe. Sur les coupes, les amas tuberculeux apparaissent toujours voisins des vaisseaux. Les oblitérations mulliples la sclérose sous-muqueuse sont, en outre, des conditions, semble-t-il, largement suffisantes pour expliquer la petite ulcéralion de la muqueuse qui, elle, on doit le reconnaïilre, n'a pas les caractères spécifiques histologiques de sa nature tuberculeuse.