‹ Des ulcérations tuberculeuses de l'estomac: étude clinique, expérimentale et anatomo-pathologiqueChapitre 70 sur 95 · OS · texte numérisé non relu

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Ganglions Iymphatiques périgastriques normaux. Pas de bacilles dans leurs frottis.

L'intestin est normal.

EXAMEN MICROSCOPIQUE

Eslomac : La muqueuse n'offre aucune altération. L'épithélium de revêtement des bourgeons interglandulaires est très suffisamment en place, de même que l'épithélium cylindrique qui descend dans le col des glandes.

Au picro-carmin, les glandes paraissent intactes, Mais à l'hématéine-éosine, par places, elles semblent trop riches en cellules délomorphes et trop pauvres en adélomorphes, comme si le nombre des premières augmenté, obscurcissait la vue des secondes.

Rien d’autre à noter, ni dans la muqueuse, ni dans la sousmuqueuse, non plus que dans la musculeuse.

Mais, tout à fait, par hasard, le fragment prélevé comporte dans la sous-séreuse un petit ganglion étalé. Celui-ci n'offre pas, a proprement parler, des édifications tuberculeuses spécifiques, mais il montre des signes certains d'hyperplasie de son tissu lymphoïde : les portions folliculaires se différencient difficilement des portions sinusiennes. Forte dilatation des capillaires sanguins

en son centre.

Milieu slomacal alcalinisé.

Expériexce IT. — Chien noir de 12 kilogrammes.

25 juillet 1902. —- On pratique une fistule gastrique suivant le procédé habituel,

31 juillet, — L'animal est complètement remis de son opération. On décide de lui injecter dans l'estomac une émulsion de bacilles tuberculeux virulents, faite dans une solution aqueuse saturée de hicarbonale de soude pur. On pratique ces injections au moyen d'une seringue de 20 centimètres cubes, munie d'un tube de caoutchouc destiné à assurer la pénétration parfaite de la solution alcaline à travers la canule gastrique, l'animal étant placé sur le dos. On donne 40 centimètres cubes de solution alcaline chargée de bacilles dans chaque séance, le chien étant à jeun, et ne prenant son repas que quatre ou cinq heures après,

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Pendant tout le courant du mois d'août, de nombreuses injections intra-stomacales ont été ainsi pratiquées. Pour leur répartition, nous renvoyons au tableau spécial.

L'animal est en bonne santé, mange bien.

Pourtant son poids a légèrement diminué (11 kg. 500).

A aucun moment, il n'a présenté de troubles gastriques ou intestinaux.

Pendant le mois de septembre, les injections sont continuées. La santé de l'animal s'altère beaucoup. Il maigrit énormément, en même temps qu'il prend une affection cutanée qui provoque la chute des poils.

0 octobre. — L'animal estextrémement maigre. Il ne mange plus. Il pèse 7 kg. 800.

25 octobre. — Mort de l'animal par cachexie et affaiblissement progressif. Poids, 6 kilogrammes.

Durée de l’expérience, qualre-vingt-treize jours.

On a donné vingt-sept fois des bacilles en suspension dans la solution alcaline pendant la durée de l'expérience.

Aulopsie. — Etat de maigreur considérable. Dans le thorax, on trouve quelques rares granulations pulmonaires.

On ne trouve pas de lésions du foie, ni des reins. La rate contient de nombreux tubercules.

Eslomac. — Pas d’altération extérieure de l'organe.

La fistule est en excellent état. Il n'existe pas de ganglions appréciables le long des courbures de l'estomac, en dehors du ganglion pylorique. Macroscopiquement, ce ganglion ne semble pas présenter d'altération.

A l'ouverture de l'estomac, de nombreuses ulcérations frappent tout d’abord l'attention, Au niveau du grand cul-de-sac, il y a de nombreuses ulcérations peu profondes, semblant limitées à la muqueuse, généralement de forme ovalaire.

Leur dimension varie entre 1 centimètre de longueur et un demicentimètre. Ces ulcérations (recueillies) semblent présenter à l'intérieur de leur cavité une sorte de caillot noirâtre, adhérent aux parois, faisant même parfois une légère saillie à la surface de la muqueuse.Cette sorte d'escarre hémorragique paraît pénétrer dans

ET l'épaisseur de la muqueuse tout autour de l’ulcération, ainsi que l'indique une auréole brunâtre régnant à la périphérie de la lésion. |

Toujours dans la région du grand cul-de-sac, se voient des ulcérations de la muqueuse plus superficielles, presque de simples érosions en coup d'ongle; elles ont aussi une légère coloration brunâtre. Aucune de ces lésions ne transparaît sur la face péritonéale de l'organe.

Dans toute la région du petit cul-de-sac jusqu'à environ 2 centimètres de l'anneau pylorique, il y a de vingt-cinq à trente ulcéra tons peu profondes, semblant n’intéresser que la muqueuse. Ces pertes de substance (recueillies) présentent des formes diverses, ovales, rondes, ou linéaires. Elles ont toutes une teinte noirâtre semblant due à la présence d’un caillot hémorragique adhérent à leur surface.

A côté de ces ulcérations, on voit d’autres ulcérations de la muqueuse, consistant en ragades de teinte légèrement foncée (recueillies), ocreuses, marbrant la muqueuse prépylorique.

Pas trace de tubercules sous-muqueux.

Intestin. — A travers la paroi se voient très nettement, par transparence, des ulcérations nombreuses, mais pas de granulations sur la surface péritonéale.

Toute la première partie du jéjunum et le duodénum sont remplis d’un mélæna abondant.

Le duodénum présente, à cinq travers de doigts du pylore environ, trois ulcérations circulaires peu profondes, sans caractères particuliers (recueillies pour coupes).

A la surface d'une de ces ulcérations adhère un caillot noirâtre qui se détache sous l’action des lavages.

Dans le reste de l'intestin, se retrouvent les ulcérations tuber-

culeuses nombreuses aperçues par transparence.

EXAMEN MICROSCOPIQUE

I. Ulcéralions pyloriques.— Chaque coupe porte une ou deux de ces taches noires, violacées, que nous avions regardées comme des ulcérations. On constate, immédiatement, que ces taches ne

correspondent pas à une perte de substance effectuée. Nous les reconnaissons à ce fait qu'à leur niveau, c'est-à-dire sur une très faible longueur, l'épithélium de surface disparaît brusquement et que, tisssu interglandulaire et moules épithéliaux des glandes gastriques prennent des caractères de nécrobiose. Le tissu interglandulaire, un peu épaissi, comme œdémateux, rose pâle, ne contient plus que de petits grains, jaune-brunâtre, qui sont ses cellules fixes mortifiées sur place.

De même, les cellules des glandes, disloquées il est vrai, souvent même tombées dans les manipulations, se retrouvent néanmoins en grand nombre à l’état de blocs brun-jaunâtre.

L'ensemble de cette surface nécrobiosée forme, sur les coupes, soit un coin, soit une demi-lune, dont la pointe ou la convexité est dirigée vers la profondeur. La limite, dans ce sens, n’atteint pas même le fond des culs-de-sac des glandes. Sur les bords mêmes de cette escarre minuscule, les tubes glandulaires ne sont mortifiés que dans le quart ou le tiers de leur hauteur, quand, au contraire, vers son centre, il ne reste colorable à nos réactifs que les culs-de-sac les plus profonds.

Sur aucune de nos coupes, ces petites escarres de la muqueuse n'arrivent à atteindre la muscularis mucosæ.

A leur niveau, la sous-muqueuse commence à réagir ; elle devient fibreuse et les cellules rondes l'infiltrent discrètement.

IT. Ragades pyloriques.— Les lésions que nous avons qualifié ainsi, à l’œil nu, sont analogues, à l'analyse microscopique, à celle décrite ci-dessus, mais elles nous semblent plus vieillies. Les moules glandulaires mortifiés ont souvent disparu ; la charpente intertubulaire est restée en place; des cellules rondes et du tissu fibreux l'ont envahie. Souvent aussi d’ailleurs, en ces points, les fonds des culs-de-sac ne sont pas mortifés.

Mais, plusieurs coupes du fragment que nous avions prélevé pour étudier cette ragade, nous montrent, soit des lésions tout à fait analogues à la précédente, avec moules glandulaires nécrobiosés en place, soit des lésions beaucoup moins avancées dans

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le sens de la mortification ; celle-ci n’atteignant que l'épithélium de surface et à peine le collet des glandes.

Là, pas plus que dans les coupes du fragment précédent, nous n'avons rencontré de lésions tuberculeuses.

I]. Ulcérations du grand cul-de-sac. — Après examen des coupes de ce fragment qui mesure cependant plus de 2 centimètres de long, nous ‘nous sommes rendu compte qu'il avait été prélevé en pleine lésion et que nous n'avions pas les limites de celle-ci comprises dans les éoupes.

En effet, on voit que l'épithélium de revêtement a disparu. La couche glandulaire est une sorte de tissu fibrillaire, feutré, sans cellules embryonnaires; elle est très diminuée de hauteur. On retrouve, dans son épaisseur, de petits nids de cellules épithéliales, déformées, disloquées, qui représentent les vestiges des glandes gastriques. Il est fort probable que leur partie manquante a été éliminée après mortification.

En somme, pour cette zone de l'estomac, sur les coupes, sans renseignement, on dirait avoir affaire à une gastrite déjà ancienne, ayant atrophié la muqueuse et ne laissant subsister de ses glandes que de petits amas épithéliaux.

Là encore, pas de traces de productions luberculeuses dans aucune des tuniques gastriques. Dans ces trois fragments, nous n'avons pu colorer des bacilles.

IV. Ulcération duodénale. — Celle-ci est incontestablement due à des nappes luberculeuses siégeant, les unes dans la muqueuse, les autres dans la sous-muqueuse. Ce sont des tubercules composés en grande partie de cellules rondes, mais ayant un beau centre épithélioïde où le protoplasma des cellules prend déjà un aspect granuleux, et où les noyaux subissent des déformations. De ces nappes tuberculeuses, la plupart subissent déjà une élimination partielle du côté de la muqueuse.

Celles situées sous la muqueuse, se vident par un pertuis souvent étroit autour duquel la couche glandulaire et la muqueuse s'infiltrent de cellules rondes. Les nappes tuberculeuses de la muqueuse sont au contact même des liquides intestinaux ; des glandes à revêtement cubique y sont encore disséminées,

Réflexions. — La lésion de l'estomac nous paraît très difficile à interpréter. Il semble certain qu'elle n’est pas tuberculeuse. Sont-ce les alcalins, donnés à haute dose, qui l'ont provoquée ? Nous ne voudrions pas, sur une seule expérience, échafauder une interprétation que pourraient démentir des faits ultérieurs.

Un premier point se dégage de l'examen histologique, c’est que nous avons affaire à une sorte de morüfication de l’épithélium et des glandes. Cette nécrobiose est-elle sous la dépendance d'oblitérations vasculaires? Nous ne le pensons pas pour trois raisons. D'abord, nous n’avons pu noter de lésions du côté des vaisseaux des tuniques gastriques.

Ensuite, la lésion nécrobiotique glandulaire est distribuée de la surface vers la profondeur, mais sans prendre toute la hauteur des glandes; dans la plaque escarrotique, les tubes glandulaires les plus périphériques ne sont touchés que dans leur partie interne, puis, au fur et à mesure que l’on s’avance vers le centre de la plaque, la mortification les frappe, mais en respectant encore les culs-de-sac les plus profonds. Or, s'il s'était agi d'une nécrobiose par oblitération vasculaire, ou sous l’action d’une cause agissant par l'intermédiaire des vaisseaux, ce serait, dans ce cas, un territoire de la muqueuse à limites verticales que nous aurions sous les yeux, et la nécrobiose ne sectionnerait pas les tubes à diverses hauteurs.

Enfin, la dernière raison que nous invoquons est empruntée aux résultats histologiques, fournis par le grand cul-de-sac de l'estomac. Là, nous avons vu une lésion profonde de gastrite qui a eu pour résultat l’éli-

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minalion en grande partie des tubes glandulaires, qui ne sont plus représentés que par des îlots épithéliaux de cellules disloquées et déformées, le tissu interglandulaire étant réduit à un feutrage fibrillaire. Nous pourrions ajouler encore que nous avons vu, à côté de ces peliles zones de nécrobiose en foyer, des surfaces plus étendues où la morüficalion n'a touché que l'épithélium de revêtement et le collet des glandes.

Pour toutes ces raisons, 1l ne nous semble pas dou- (eux que les lésions trouvées dans ce cas soient sous la dépendance d'une cause agissant sur la muqueuse, de sa surface vers sa profondeur. Mais encore une fois, nous ne voudrions pas charger les alcalins de méfaits d'une telle gravité, Nous nous proposons de reprendre plus lard cette intéressante question.

Ischémie de la muqueuse.

Expérience IE. — Chien carlin, 8kg,500.

9 août 1902 — Nous lions en plusieurs points le cercle artériel qui longe la grande courbure. Pour ischémier, du moins temporairement les régions du grand cul-de-sac et prépylorique, on place cinq ou six ligatures sur les gros vaisseaux artériels, depuis le cardia jusqu'au pylore.

Craignant, en outre, un afflux sanguin supplémentaire par les artères qui cheminent dans les épiploons, on pose des fils sur ces diverses petites branches.

A la fin de l'opération, 1lexiste manifestement une teinte pâle de toutes les régions qu'on voulait ischémier.

13 août. — Suites opératoires excellentes, L'animal est en très bon état. On commence à lui faire prendre dès aujourd'hui de très nombreux bacilles tuberculeux diluës dans une petite quantité de bouillon de Liebig. Les ingestions se feront régulièrement tous les deux ou trois jours environ, l'animal étant à jeun.

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