SP AIS
PLancue IV.
F1G. 6 (Exp. IN. — Chien. Coupe verticale de la paroi intestinale après injection de bacilles de Koch dans la porlion thoracique de l'aorte (musculeuse, fort grossissement).
1, couche sous-muqueuse contenant des vaisseaux en partie oblitérés;
2, couche musculaire interne circulaire et couche longitudinale externe;
3, trois tubercules épithélioïdes en plein tissu musculaire.
Fi. 7 (Exp. XVII). — Cobaye. Effels des inoculations de bacilles de Koch dans les parois de l'estomac.
1, gros tubercule caséeux prépylorique au sommet duquel une fine
ulcération permet l'issue du caséum ; 2, nombreux tubercules n'ayant pas encore ulcéré la muqueuse; 3, ganglion tuberculeux de la grande
courbure recliné en dehors.
Aie. “ul
gen ris
De en. à
double ligne de cellules, et il ne s'accumule point d'éléments nouveaux dans leur lumière, Ces cellules, cependant, avant de disparaitre dans la nappe luberculeuse, prennent un aspect vitreux, puis elle S'y fondent sans qu'on en retrouve de lrace. (Comparer avec la lésion representée fig. 11).
‘n dehors du voisinage des nappes tuberculeuses sous- Jacentes, nous avons rencontré, en pleine couche glandulaire, un lubercule épithélioïde qui, sur la coupe, absorbe bien cinq ou six tubes glandulaires. Ce tubercule de la muqueuse n'arrive pas jusqu'à sa surface el n'atteint pas non plus jusqu'à la musculaire muqueuse. Il est le résultat d'une éclosion due au voisinage de notre inoculation.
Des deux masses intéressées par les coupes, l'une était plus volumineuse et plus saillante vers le péritoine. Aussi, en deux points, celte masse franchit la musculeuse de l'organe, et deux petits tubercules sous-séreux fontsaillie, perdus dans une gangue fibreuse,
Nombreux bacilles dans les coupes.
Inoculalion intrapariélale.
Expérrexce XVIIL. — Cobaye de 590 grammes.
24 août 1902. — Inoculation de tuberculose en plusieurs points de la paroi $tomacale. |
L'animal a dépéri fortement pendant la durée de l'expérience.
o1 octobre. — On sacrifie l'animal. Poids : 450 grammes.
Durée de l'expérience : cinquante-huit jours. À
Aulopsie. — Les poumons présentent de nombreux tubercules caséeux. Péricardite tuberculeuse.
Foie volumineux, contenant quelques tubercules.
La rate est farcie de foyers caséeux.
Eslomac (voir fig. 7) : Sa surface séreuse est criblée d'un grand nombre de granulations miliaires qui ont envahi aussi les feuillets de l'épiploon. Le long de la grande courbure, dans la région pylorique, sont répartis des ganglions, dont quelquesuns caséeux. ;
Près du pylore, se trouve un gros (ubercule du volume d'une
DCS FR
petite noisette, faisant fortement saillie du côté de la muqueuse. A son sommet, existe une petite ulcération par où s'écoule une goutte de matière caséeuse provenant de l'intérieur de cette masse ramollie (recueillie).
A la partie moyenne de la grande courbure, on trouve plusieurs autres masses caséeuses soulevant la muqueuse sans l'ulcérer toutefois. Ces tubercules, également caséifiés, tendent plutôt à perforer la séreuse péritonéale (recueillis).
Pas de lésions intestinales.
EXAMEN MICROSCOPIQUE
I. Gros tubercule pylorique, ouvert dans la cavité gastrique par un petit pertuis.
Ce gros tubercule, en grande partie caséifié, s’est vidé dans les manipulations, ne laissant qu'une épaisse bande de cellules épithélioïdes au dedans de laquelle existent encore des débris de cellules rougeâtres, sombres, plus petites et plus rondes que les cellules épithélioïdes.
La cavité, ainsi produite, donne une coupe ovale. Les deux extrémités de son petit diamètre aboutissent, l’une à la muqueuse, l'autre à la muscularis mucosæ. La musculeuse gastrique lui constitue un sac enveloppant. La muscularis mucosæ n'est rompue et franchie qu'au niveau du perluis d'évacuation. La muqueuse et sa muscularis parcourent ainsi longuement une des faces aplaties de l’ovale.
Pendant tout le parcours, la couche glandulaire subit un épaississement, qui est largement le double de la normale, quand on la compare à l'épaisseur de la couche glandulaire, loin de la masse tuberculeuse.
Peut être y a-t-1l un ou deux blocs vitrifiés dans l'épaisseur de celte couche glandulaire, visibles seulement à l’hématéine-éosine. Mais, en général, c’est aux dépens des portions pepsiques à grosses cellules claires polygonales que la couche glandulaire augmente d'épaisseur. Les goulots et collets à revêtement cylindrique des glandes gardent leur longueur normale.
Les culs-de sac glandulaires profonds semblent se multiplier
et se contourner, C'est (rès manifestement par eux qu'esl constituée cette augmentalion d'épaisseur.
Le pertuis d'ouverture se fait comme à l'emporte-pièce, car il y a des tubes glandulaires verticaux jusqu'à l'extrême limite de la muqueuse. Là seulement, l'infiltration épithélioïde du gros tubercule, qui reste si longtemps tangent à la muqueuse, finit par rompre la muscularis mucosæ.
Il. T'ubercules intrapariétaux, saillants vers la séreuse,
On voit au microscope que deux de ces tubercules ont une consütution épithélioïde. [ls naissent en plein muscle gastrique qui s'effiloche et se détruit en arrivant à leur niveau. Toutefois, du côté de la muqueuse, ils s'avancent encore l'un et l’autre jusqu'au contact de la muscularis mucosæ.
Dans ces points où ils touchent immédiatement la muqueuse, la couche glandulaire subit le même épaississement que celui noté sur les coupes du fragment précédent. Pourtant, il n'y a sûrement pas de tubercules dans l'épaisseur de la couche glandulire. L'épaississement se fail encore aux dépens des culs-de-sac peptiques seuls, et pas du tout à celui de la portion excrétrice des tubes glandulaires.
Inoculalion inlrapartétale.
ExpérieNce NIX. — Cobaye de 410 grammes.
24 août 1902. — Inoculation de un demi-centimètre eube d'émulsion de bacilles tuberculeux en trois ou quatre points de la paroi stomacale. L'expérience s'est passée sans incidents remarquables.
2 octobre. — Mort du sujet. Poids: 510 grammes. Durée de l'expérience : quarante jours.
Autopsie. — Pas de lésions viscérales.
Estomac : Les inoculations ont produit des tubercules volumineux de teinte blanc jaunâtre, sûrement caséeux, soulevant et distendant la muqueuse au point que celle-ci semble prête à se perforer.
En un autre point, autour d'un tubercule moins saillant, on
remarque un fin semis de petits tubercules secondaires formant une collerette autour de la lésion principale.
Inoculalion pariélale sous-muqueuse.
EXPÉRIENCE NX — Lapin de 2310 grammes.
4 août 1902. — Inoculation en deux points de l'épaisseur de la paroi stomacale, sous la muqueuse, de IV gouttes d’émulsion chargée en bacilles tuberculeux.
14 août. — Mort, dix jours après le début de l'expérience ; poids 1700 grammes.
Aulopsie. — Organes thoraciques et abdominaux complètement sains. j
L'estomac montre, sous sa muqueuse, dans la région inoculée, près de la grande courbure, une petite élevure du volume d'une lentille, sans aspect particulier (recueillie). La muqueuse gastrique n'est pas ulcérée à son niveau,
Au niveau de la petite courbure, on voit un ganglion lymphatique très nettement tuméfié. Les frottis montrent deux bacilles.
EXAMEN MICROSCOPIQUE
1. Masse inlrapariélale, — Pas de lésions notables du côté de la couche glandulaire.
L'hémorragie, déjà visible à l'œil nu, siège dans la sousmuqueuse. On y voit trois grandes nappes ovales exclusivement constituées par des globules rouges ; puis, tout autour, une infilration sanguine dans le feutrage dilacéré de la sous-muqueuse.
A une extrémité de la nappe hémorragique, sur une seule coupe d'ailleurs, nous avons rencontré un tubercule net comme constitution, c'est-à-dire en grande partie formé par des cellules épithélioïdes, et offrant en un point, un gros bloc d'aspect
vitreux non nucléé.
ei
Inoculalion pariétale sous-séreuse.
Exrériexce XXI. — Lapin de 1790 grammes.
4 août 1902. — Reçoit IV gouttes d'une émulsion bacillaire sous la tunique séreuse de l'estomac.
L'animal, en excellent état de santé, augmente progressivement de poids jusqu'à 2320 grammes. On le sacrifie alors, soirante-dix-huit jours après l'inoculation.
>1 octobre,
Aulopsie : Pas de tuberculose viscérale.
Eslomac : Sous la séreuse péritonéale, et prête à la perforer, on voit très nettement une grosse masse caséeuse lenticulaire, longue d'environ 1 centimètre, large de 1 centimètre, de forme ovale.
Examinée par la face interne de l'estomac, elle détermine sur celte face une légèresaillie, sans altérations de la muqueuse susjacente. Autour de celte masse tuberculeuse, quatre ou cinq petits tubercules caséeux piquent le péritoine gastrique.
Sur une coupe, la lésion apparaît macroscopiquement sous forme d'une nappe caséeuse lenticulaire, paraissant siéger exclusivement dans la sous-séreuse.
Granglions lymphatiques non caséeux, mais seulement un peu plus volumineux, le long de la petite courbure,
Inoculalion pariélale sous-séreuse.
Expérience XXII. —— Lapin, 2600 grammes.
8 août 1902. — On pratique trois inoculations de tuberculose ; une dans l'épaisseur de la paroi, et deux sous la séreuse péritonéale.
20 octobre. — L'animal est sacrifié, Poids, 3320 grammes,
Durée de l'expérience, soixæante-lreize jours.
Aulopsie. — L'animal est très gras, sans trace de tuberculose viscérale,
Estomac. — On ne voit pas d'altérations extérieures ; néanmoins, sur la face antérieure, on aperçoit à travers la séreuse une
petite plaque légèrement jaunâtre, un peu déprimée, presque
cicatricielle. Sur Ja coupe,on'voit cette plaque former une nappe discoïde de 1 centimètre de diamètre environ, située nettement dans le tissu sous-séreux. Par places, cette nappe a un aspect translucide; ailleurs, elle a déjà l'apparence blanchâtre pulvérulente du caséum.
A l'ouverture de l'estomac, on voit en deux points de légers soulèvements de la muqueuse, mais sans traces d'ulcéralions.
Sur une coupe, ce sont de petites masses tuberculeuses caséi-
liées, situées exclusivement dans la couche sous-muqueuse.
Inoculalion intra-pariélale prépylorique.
ExPÉRiIENCE XXIIL. — Lapin de 2310 grammes.
8 août 1902. — On injecte en deux points de la face anté-
rieure de l'estomac, dans l'épaisseur des tuniques gastriques, des bacilles tuberculeux. On tente deux inoculations analogues dans la paroi de la région initiale du duodénum.
L'expérience se poursuit sans incidents.
0 octobre. — L'animal est sacrifié. Poids : 2910 grammes.
Durée de l'expérience, soixante-lreize Jours.
Aulopsie. — Excellent état général. Pourtant, on trouve dans les poumons des tubercules crus; quelques-uns ont un centre caséeux. Rate un peu grosse.
Pas d'autre tuberculose viscérale.
Estomac : Nombreux ganglions caséeux formant une chaîne le long des courbures, Extérieurement, sous la séreuse, apparaissent des masses volumineuses, saillantes, de teinte jaunâtre indiquant la caséification, contenant des bacilles.
La muqueuse gastrique est simplement soulevée et reste intacte.
Sur une coupe, à l'œil nu, les masses tuberculeuses caséeuses qui soulèvent le péritoine ont envahi toute la paroi, mais sont limitées nettement en dedans par la muscularis mucosæ.
Pas trace de lésions duodénales, Il est probable que l'aiguille aura traversé de part en part la paroi, au moment de l'inoculation.
Le
Inoculalion inlra-pariétale prépylorique.
ExpérIexce XXIV, — Lapin de 2300 grammes.
24 août 1902. — On pousse trois inoculations de culture tuberculeuse dans l'épaisseur de la paroi.
29 octobre. — On sacrifie l'animal. Poids, 3220 grammes.
Durée de l'expérience, soixante-six jours, durant lesquels il ne s'est passé aucun incident particulier.
Autopsie, — Le sujet est gras et en bon état, malgré une tuberculose crue, confluente. Le péritoine pariétal présente quelques granulations. Dans les épiplons et le mésentère, semis de fines granulations caséeuses.
Rate, foie et reins sans tubercules macroscopiques visibles.
Estomac : Extérieurement, les lésions semblent énormes. Elles sont constituées par de grosses masses mamelonnées extrémement saillantes, caséeuses, semblant prêtes à perforer la séreuse. Ces masses sont entourées d'un fin semis péritonéal de petits tubercules miliaires, les uns jaunâtres, caséeux, les autres crus, transparents, avec un petit centre opaque. Près du pylcre, existent, à cheval sur la grande courbure, deux gros nodules volumineux, caséeux.
Sur la face muqueuse de l'estomac, au niveau de ces lésions, on ne voit qu'un soulèvement général de la muqueuse avec un
léger dépoli, mais sans ulcérations véritables (recueilli).
EXAMEN MICROSCOPIQUE
Masses caséeuses partélales. — Sur des coupes microscopiques, on a dans la sous-muqueuse, dans la musculeuse et même, après avoir rompu celle-ci, jusque dans la sous-séreuse, des nappes luberculeuses de diverses dimensions,
Les plus volumineuses sont celles qui, après avoir fait disparaître la musculeuse à leur niveau, arrivent comme par un diverüicule à faire saillie dans la sous-séreuse.
Elles ont des caractères histologiques communs. C’est d’abord l'absence fréquente de couronne embryonnaire ; on voit, en effet, courir dans la sous-muqueuse des {raînées entièrement compo-
- He0—=
sées de grosses cellules épithélioïdes el de cellules géantes. Des nappes en grande partie caséifiées, c'est-à-dire avec un centre granuleux, rouge sombre et sans transparence. ont une mince couronne formée exclusivement de cellules épithélioïdes.
Toutefois, vers les extrémités, ou en un ou deux points de leur périphérie, ces masses épithélioïdes présentent toujours des amas embryonnaires éloilés ou triangulaires.
Un autre caractère vraiment frappant est constitué, dans les productions tuberculeuses-de ce cas, par la richesse en cellules géantes. Certaines pelites nappes paraissent constituées exclusivemen£ par des grands corps protoplasmiques granuleux polynucléés. Par leur disposition, ces noyaux montrent qu'il s'agit de cellules géantes encore jeunes. Ils sont encore disséminés dans la masse protoplasmique à des hauteurs différentes, sans avoir la disposition régulière polaire ou en couronne.
in somme, ce sont bien ces blocs protoplasmiques granuleux comme les réalise lacoalescence récente des cellules épithélioïdes. Pourtant, il est possible de rencontrer de grandes cellules géantes tuberculeuses typiques avec noyaux polaires, bipolaires ou en couronne el à masse protoplasmique granuleuse, louche bien connue,
Il est manifeste que certaines nappes tuberculeuses de lamusculeuse sont substituées logette à logette à des faisceaux musculaires de cette tunique, On voit en effet de ces nappes, dont le centre est déja partiellement caséeux avec plaquettes d'acides gras, qui contiennent encore en divers points des fibres musculaires lisses, nettement striées en long. Aussi, n'observe-t-on pas, comme dans beaucoup d'autres de nos cas, l'infiltration diffuse des interstices des faisceaux musculaires. On dirait que là, nous avons eu affaire à une inoculation dans la musculeuse.
La muqueuse n'offre pas de lésions histologiquement tuberculeuses évidentes. Mais, sur une coupe, on rencontre un point lymphoïde sous-muqueux et un autre très voisin, situés assez haut au milieu des culs-de-sac glandulaires qu'ils écartent, L'un et l'autre formentune masse rouge, non transparente, vitreuse et
louche ; ils sont dans le voisinage assez immédiat d'une artériole,
Tout à fait à la surface de la muqueuse, on trouve d'abord quelques points où l'épithélium et la partie la plus superficielle du collet des glandes sont tombés et restent emprisonnés dans le mucus superficiel.
Ailleurs, il est des points où la lésion glandulaire est plus marquée. Ce sont de petites zones où loutes les glandes semblent éclatées dans leurs deux tiers superficiels; leur charpente fibreuse s'effiloche dans une nappe hyaline qui enveloppe les débris disloqués de l'épithélium glandulaire,
Autour de ces points, il n'y a ni sclérose, ni infiltration de cellules rondes. On dirait, en somme, une lésion glandulaire primilive, telle qu'on a pu l'observer dans les lésions d'élimination des toxines.
Inoculation intrapariélale prépylorique.
ExpéRiExcEe XXV, — Lapin de 2 kg. 90.
24 août 1902. — On fait trois inoculations intrapariétales de tuberculose. Suites opératoires normales. Rien à noter de spéelal.
17 novembre. — On sacrifie l'animal. Poids, > kg. 20.
Durée de l'expérience, quatre-vingt six jours.
Autopsie.— L'animal qui est assez maigre ne présente aucune lésion de tuberculose viscérale.
Eslomac : On sent au toucher, en même temps qu'on les voit sous forme de soulèvements de Ja. muqueuse, trois masses caséeuses ne dépassant pas au dehors la couche sous-séreuse et, en dedans, respectant la muscularis mucosæ, ainsi qu'il est facile de le voir sur les coupes. Les lésions sont prédominantes
à la région pylorique.
Injeclion intrapartiélale el ischémie.
Expérience XXVI. — Chien noir de 10 kilogrammes,
13 août 1902. — On inocule en (rois points de la face anté-
rieure de l'estomac une émulsion de bacilles de Koch. De plus,
Ex 300
on lie en plusieurs points le cercle artériel de la grande courbure pour ischémier partiellement la muqueuse.
Les suites opératoires sont excellentes, L'animal, à aucun moment, n'a présenté de troubles gastriques.
9 octobre, — On sacrifie le chien, Poids : 9 kilogrammes.
Durée de l'expérience, soixvante-dir-sepl jours. M
Aulopsie. — Pas d'altérations extérieures de l'esfomac.
On trouve un état mamelonné de la muqueuse très accusé, sans qu'il soil possible, toutefois, de relever des ulcérations. À la palpation, on sent dans l'épaisseur de la paroi stomacale de petites nodosités, reliquat probable des injections intra-pariétales (recueillies), Le ganglion pylorique est volumineux (recueilli).
Pas de lésions intestinales ou des ganglions mésentériques.
EXAMEN MICROSCOPIQUE
I. Nodostlés intrapariétales. — On trouve, en effet, sur les coupes, une plaque lenticulaire dans la sous-muqueuse ayant, malgré l'absence de cellules géantes, des caractères indéniables de lésions tuberculeuses. Il y a, en somme, couronne embryonnaire à la périphérie et, vers le centre, traînées allongées dans le sens de la plaque, de cellules qui prennent le caractère épithélioïde à noyaux déformés, plongeant dans une substance granuleuse rose; par places, blocs déjà coalescents et sombres du début de la caséification,
Il est possible de suivre sur nos coupes, au centre de la plaque, ces altérations progressives.
Cette plaque tuberculeuse, convexe, vers la musculeuse et vers la muqueuse, tend vers ses pointes à être légérement encapsulée par une densification conjonctive de la sous-muqueuse.
Elle est plus envahissante du côté de la muqueuse. En effet, on rencontre dans quelques coupes, où le centre épithélioïde de la plaque grandit, la couronne embryonnaire épaisse qui envahit la muscularis mucosæ et la partie profonde des culs-de-sac ganglionnaires.
Les faisceaux de la muscularis, à leur entrée dans la zone em-
960) 329 pe
bryonnaire, se tuméfient légèrement et prennent un éclat hyalin ou vitreux. Enfin, même sur les coupes où la couche glandulaire est le plus envahie par sa profondeur, le reste des tubes est intact. L'épithélium de revêtement, à ce niveau, se détache el flotte en lambeaux retenus encore par du mucus.
Il. Ganglion pylorique.— Le ganglion est incontestablement en hyperplasie, surtout dans sa portion folliculaire. Les follicules tendent à faire une couronne presque continue à sa périphérie. Gà et là, dans cette couronne, on voit apparaître des masses nodulaires qui se détachent souvent partiellement par leur périphérie de la zone embryonnaire environnante. Ces masses ont déjà les caractères qui précèdent la caséification : leurs noyaux se déforment, paraissent plus espacés les uns des autres que dans la zone environnante de cellules rondes, Enfin, ces noyaux altérés plongent dans une substance légèrement granuleuse, rosée à l'hématéine-éosine, jaunâtre au picrocarmin. Bacilles
nombreux dans les frottis.
Inoculation inlrapariétale el luberculisalion générale par voie sanquine.
ExPérIeNce XX VII. — Veau rouge. Poids, 95 kilogrammes.
Cet animal a reçu, huit jours auparavant, une injection intraveineuse d'une pulpe faite avec des lésions de tuberculose prises sur un autre animal de la même espèce et déterminées par une injection intraveineuse de bacilles humains.
9 août 1902. — On pratique une laparotomie et, grâce à cette incision, on injecte un quart de centimètre cube d'une émulsion très riche de bacilles humains, en trois ou quatre points de l'épaisseur des parois de la caïllelte.
17 août. — Cet animal se porte assez bien. Néanmoins, il a maigri ; ilne pèse plus que 86 kilogrammes,
Du 21 août au 15 septembre, les effets de l'inoculation intraveineuse se développent avec intensité et rapidité. L'animal présente de la diarrhée, une toux fréquente, courte et profonde;
enfin, il est mourant le 15 septembre. Le voyant dans cet état, on
se décide à le faire sacrifier, trente-huil jours après l'inoculation.
Autopsie. — Le cadavre ne pèse plus que 77 kilogrammes; amaigrissement très accusé. Disons rapidement, pour ne plus y revenir,que cet animal avait de nombreuses lésions pulmonaires déterminées par l'injection intra-veineuse qu'il avait subie.
À l'ouverture de l'abdomen, on trouve çà et là dans le grand épiploon des granulations tuberculeuses en assez petit nombre. Quelques-unes reflètent une teinte jaunâtre. Les ganglions lymphatiques contenus dans le grand épiploon sont tuméfiés ; leur pulpe est ramollie; on y voit quelques rares granulations tuberculeuses.
Rien à signaler dans le rumen, le réseau, le feuillet.
En explorant les parois de la caillelle, on y perçoit de petites nodosités grosses comme un pois (recueillies). Elles résultent des inoculations. En les examinant, à la face interne, on constate qu'elles soulèvent la muqueuse, mais celle-ci paraît intacte au niveau de ces élevures.
A l'incision, il en sort des masses caséeuses.
La particularité la plus curieuse est offerte par la région prépylorique (voir fig. 8), là où les plis cessent; la muqueuse prend un aspect mamelonné particulier et présente plusieurs points malades. Ces points sont généralement étoilés, parfois circulaires, d'une teinte brunâtre (recueillis). À leur niveau, la muqueuse semble déprimée. Une de ces étoiles a des branches beaucoup plus longues : elle est immédiatement située en amont du pylore: à son niveau, la face externe est comme bosselée par deux masses réniformes (recueillies), assez grosses, que l'on prendrait pour des ganglions malades compris dans l'épaisseur de la paroi. | |
Le ganglion pylorique est très hypertrophié (recueilli).
Les ganglions mésentériques sont plus volumineux qu'à l'état normal. Cependant, on ne trouve pas de lésions sur l'intestin grêle, tandis que, à l'ouverture du gros intestin. il existe immédiatement après la sortie du cæcum deux plaques (recueillies) ayant quelques centimètres carrés de surface, où la muqueuse
est le siège d'altérations tuberculeuses.
PLancue V.
F1G. 8 (Exp. XXVII). — Veau. Lésions macroscopiques de la caillette après injection de bacilles de Koch dans la jugulaire. 1, deux dépressions circulaires de la muqueuse à bords surélevés simulant de vraies ulcérations; 2, masse tuberculeusesaillante sous la muqueuse de la région pylorique.
FiG, 9 (Exp. XXVII). — Veau. Coupe verticale de la paroi de la caillette passant par les fausses ulcéralions visibles en 1, figure 8. On voit que la muqueuse est seulement diminuée de hauteur. Sur la partie gauche de la figure, les tubes glandulaires sont sectionnés plusieurs fois sur leur longueur; ils sont intacts dans la moitié droite.
La muqueuse est soulevée par une multitude de petites masses arrondies, dont plusieurs sont entr'ouverles au sommet, Quelques-unes plus largement décortiquées, laissent échapper un peu de matière caséeuse. Quelques jours plus tard, ces plaques auraient formé de vastes ulcérations.
Il est bon de faire remarquer que les lésions les plus ulcéralives ne coïncident pas avec le siège des inoculations intrapariétales. e |
Il semble donc juste d'admettre que les lésions se sont formées dans la caillette sous l'influence d'un virus apporté par la cireulalion.
EXAMEN MICROSCOPIQUE
I. Lésion locale de la caillelte due à l’inoculalion. — Sur les coupes histologiques, l'inoculation a produit dans la sousmuqueuse une grosse nappe ovalaire, à centre caséeux aisément vidé.
La périphérie épithélioïde, restant en place dans les coupes, est parsemée de belles cellules géantes tuberculeuses typiques.
Aux deux extrémités de la plaque ovalaire apparaissent un ou deux petits tubercules, non caséeux, en grande partie épithélotdes, semés aussi de cellules géantes.
Du côté de la muqueuse, la lésion s'arrête sans la franchir à la muscularis mucosæ et la couche glandulaire est intacte, même au point tangent, abstraction faite d'une légère augmentation des cellules des espaces interglandulaires et d'une petite diminution de hauteur des glandes.
Les couches de la musculeuse s'écartent pour faire place à la masse sus décrite. Mais, dans l'épaisseur des faisceaux musculaires les plus proches, on rencontre aisément quelques petits amas de cellules, seulement rondes.
Au niveau de la sous-streuse et de la séreuse, il n'existe ni tubercules, ni signes de lésions inflammatoires.
IL. T'ubercules pariétaux, (v. figures ro et 11). — Ces deux masses ont été intéressées par les mêmes coupes.
L'une, la moins intéressante pour nous, esten pleine couche
— Bb
musculeuse, C'est une nappe épithélioïde el caséeuse, par place parsemée de cellules géantes tuberculeuses typiques, qui a sectionné par ses deux extrémités les faisceaux musculaires.
Dans le point où elle se rapproche le plus de la muqueuse, elle ne franchit toujours pas la muscularis mucosæ.
En dehors, elle ne dépasse pas sensiblement la couche musculeuse.
L'autre masse, plus ronde, plus saillante vers la muqueuse nous a montré, sur les coupes en série, des rapports très intéressants avec la couche glandulaire.
Parfaitement circulaire, c'est une nappe dont le centre est caséeux, la périphérie épithéloïde parsemée de cellules géantes. Elle paraît longtemps avoir comme limite interne la muscularis mucosæ. Puis, sur plusieurs coupes consécutives, on voit la musculaire muqueuse disparaître, et une calotte semi-lunaire pénètre dans la muqueuse portant trois ou quatre cellules géantes, Une petite zone embryonnaire qui la limite est au contact immédiat des tubes glandulaires.
Ces tubes, à ce niveau, ont perdu les deux tiers de leur hauteur; leur cul-de-sac digitiforme sécrétoire a dispary. Il ne subsiste plus des glandes qu'un collet allongé à épithélium cylindrique très clair. En dehors de ce point, la muqueuse paraît intacte.
A la périphérie des tubercules, nombreux bacilles.
En somme, il n y a pas encore ulcération, mais déjà en ce point d'affleurement du tubercule, la profondeur de la couche glanduleuse est tuberculeuse.
LI. Ulcéralions prépyloriques. (V. figure 9). — Malgré le soin mis à intéresser par les coupes, tout le fragment qui portait les ulcérations, nous n'avons pu les rencontrer. Cependant le rasoir atteignait très manifestement les cupules que nous distinguions si bien à l'œil nu, En somme, nous pouvons affirmer quil n'y avait pas d’exulcérations de surface et encore moins d'ulcérations.
Toutefois, dans: les points correspondant aux dépressions cupuliformes, la couche glandulaire est diminuée d’un tiers envi-
ron de sa hauteur. L'épithélium cylindrique de revêtement des
PLancxe VI.
FiG. 10 (Exp. XX VII). — Veau. Tubercules consécutifs à une inoculation intrapariélale de la caillelle. Ce veau élait aussi soumis à une luberculisation par voie sanguine.
À droite, sur le bord de la figure, on voit un tubercule caséeux en pleine couche musculaire. Au milieu, tubercule dont le centre est caséeux: la périphérie épithélioïde et parsemée de cellules géantes pénètre dans la muqueuse sous forme d'une calotte semi-lunaire.
Fic. 11 (Exp. XXVII). — Veau. Masse luberculeuse en forme de calotte semi-lunaire coiffant la lésion visible sur la figure 10 (fort grossissement).
A droite et à gauche, on trouve les tubes glandulaires détruits au centre par l’envahissement de la zone embryonnaire. La muscularis mucosæ est franchie, Cellules géantes visibles en plusieurs points.
bourgeons interglandulaires est en place. La seule modification constalable du côté des tubes est leur état sinueux. C'est du moins ainsi que nous interprétons le fait qu'à ce niveau, les tubes sont atteints cinq et six fois par la coupe, comme s'ils y pénétraient et en sortaient aussi souvent, À côté, il nous est facile de rencontrer des tubes qui parcourent la muqueuse dans toute son épaisseur.
À ce niveau d'ailleurs, muscularis mucosæ, sous-muqueuse, musculeuse, sont intactes.
Pour être complet, nous devons signaler ‘que, sur plusieurs coupes, nous avons rencontré tout à fait en surface, au niveau de la ligne des collets des glandes, une petite plaque d'infiltration de cellules rondes. Au milieu de cette plaque, les collets disparaissaient ainsi que l'épithélium de surface. Il se faisait là une petite hernie de la masse granuleuse, qui devenait légèrement saillante par rapport à la ligne épithéliale environnante.
IV. Lésion caséeuse pylorique. — Cette lésion est constituée par une grosse nappe à centre caséeux et à périphérie épithélioïde avec cellules géantes s'étendant de la muscularis mucosæ qu'elle ne franchit pas, à la musculeuse qu'elle envahit en partie.
La couche glandulaire sus-jacente à cette masse tuberculeuse présente une légère augmentation des cellules rondes, au niveau des culs-de-sac les plus profonds et dans les interstices de la muscularis mucosæ. Mais, en somme, la couche glandulaire coiffe en totalité la masse tuberculeuse. À l’une de ses extrémités, elle fait même un repli complet où elle s'adosse à elle-même. Les espaces interglandulaires, au niveau de cette plicature, montrent plusieurs îlots nodulaires de petites cellules n’offrant aucune édification spécifique de tuberculose.
V. Ganglion pylorique. — Dans l'hyperplasie généralisée de son tissu lymphoide, il offre une ou deux cellules géantes par coupe, au niveau de sa zone folliculaire, et contient des bacilles.
VI. Plaque de Peyer, — Sur les coupes, on n'est pas en présence d'une véritable plaque de Peyer, mais de quelques follicules agglomérés. Ils sont pourtant encore séparés par d'assez larges surfaces de la couche glandulaire, d'ailleurs très plissée.
Ces follicules sont de grosses nappes semi-lunaires, lymphoïdes, recevant dans leur concavité des culs-de-sac glandulaires. Plusieurs de ces lunules offrent des points où la transformation épithélioïde est manifeste; d'autres ont déjà, en leur centre, pris celle opacité qui précède la caséification, annoncée aussi par des allérations nucléaires évidentes.
La couche glandulaire est modifiéesur presque toute la longueur de la coupe. Des cellules rondes envahissent plus ou moins le Uissu interglandulaire, De plus, çà et la, dans la profondeur, au milieu des culs-de-sac, on peut rencontrer de petits amas nodulaires, les uns tout entiers formés de cellules rondes, les autres ayant déjà le centre opaque avec altérations nucléaires.
Inoculalion intrapariétale et luberculisalion générale par voie sanguine.
ExréRrtEnce XXVIIT. — Chien noir de 14 kilogrammes. 1°" septembre 1902. — On pratique deux injections intraparié-
lales le long de la grande courbure, dans la région prépylorique avec une émulsion de bacilles de Koch.
L'animal supporte admirablement l'intervention.
Son étal général est excellent. Il mange bien.
23 septembre, — Inoculation dans la Jugulaire, de > centimètres d'une émulsion de bacilles de tuberculose humaine. A la suite de cette inoculalion, l'animal à dépéri assez rapidement.
15 octobre. — Mort de l'animal. Poids : 10 kg. 500. Durée de l'expérience, quarante-cinq jours.
Aulopsie, — Les poumons sont farcis de granulations miliaires grises. Les plèvres contiennent un peu de liquide. Rien au cœur.
A l'ouverture, de l'abdomen, il s'écoule 1 litre et demi environ d'une ascite rougeûtre, trouble, Des fausses membranes purulentes, verdätres, s'étendent sur le péritoine pariétal et incarcèrent les principaux organes. Nombreuses granulations dans le mésentère el l'épiploon.
Paquets volumineux, ganglionnaires, caséeux,
RL
Foie volumineux, gros el présentant quelques tubercules.
Reins contenant de nombreux tubercules miliaires.
Rate sans tubercules macroscopiques.
Quelques granulations sur le péritoine intestinal.
Pas de lésions macroscopiques, visibles à la surface interne, sur la muqueuse de l'intestin.
Estomac : Pas de modifications extérieures apparentes. Il existe une couronne ganglionnaire importante, caséeuse le plus souvent, le long de la grande et de la petite courbure.
Sur lamuqueuse du grand cul-de-sac, au niveau de la grande courbure, existe un aspect mamelonné, rougeâtre de la muqueuse, sans pour cela qu'il y ait ulcération. La paroi semble aussi légèrement épaissie au toucher. Sur une coupe, on voit à l'œil nu que cet épaississement est constitué par unainfiltration grisätre des (ravées conjonctives d’un tissu cellulo-adipeux. Cette lésion, due à une des injections, ne dépasse certainement pas la face externe de la tunique musculaire.
Dans la région pylorique, sur la grande courbure même, à environ 1 cm. 5o en avant de l'anneau pylorique, existe un ulcère arrondi, {uberculeux, d'aspect absolument lypique (voir fig. 12).
Cet ulcère prépylorique (recueilh) est grand environ comme une pièce de 20 centimes, régulièrement circulaire. Ses bords soulevés, minés en dessous, surplombent le fond de l’ulcération ; ils sont légèrement gaufrés, mamelonnés, et semblent contenir dans leur épaisseur de petits tubercules. Légèrement épaissis, ils dominent la muqueuse environnante qui, elle, ne présente pas de tubercules.
Cet aspect est absolument caractéristique.
Le fond de l'ulcère est lisse, de teinte gris blanchâtre, sans tubercules apparents à sa surface.
A la partie centrale, on voit apparaître sur ce fond un orifice étroit, punctiforme, semblant se continuer avec un pertuis s’enfonçant directement dans l'épaisseur de la paroi.
Au niveau du fond de l’ulcère, du côté du périloine, se trouve un épaississement notable de la tunique’séreuse, de teinte blan-
7e | Ù PA
on châtre, d'origine sûrement inflammatoire. Pas d'éruptions de tubercules sur le péritoine dans toute cette région. in d’autres points de la région prépylorique, la muqueuse est légèrement mamelonnée. Cet aspect n'est pas dû à des tubercules, mais à une sorte d'infiltration gélatineuse, ædémateuse, de
la sous-muqueuse.
ÎXAMEN MICROSCOPIQUE,
Ulcère slomacal prépylorique (v. fig. 13). Sur les coupes en séries, on voit une perte de substance qui a fait disparaître la muqueuse, sa couche glandulaire et la sous-séreuse, Le fond est constitué par les couches les plus internes du muscle gastrique.
Cette ulcération, dans la profondeur, mine sous la couche glandulaires par un recessus cunéiforme, au-dessus duquel surplombe un lambeau de la couche glandulaire.
Sur plusieurs coupes, dans ce lambeau, est un beau tubercule épithélioïde qui pend dans la perte de substance.
Enfin, sur plusieurs coupes, on voit aussi que Ja cavité pousse un diverticule linéaire ou en coin, très allongé, qui pique directement et perpendiculairement en pleine couche musculaire.
Au contact même de la perte de substance et très loin surtout d'elle, se trouve un tissu scléreux très épais, infiltré de cellules rondes, qui, à la limite même de l’ulcération, prennent l'aspect épithélioïde. Ce même tissu scléreux s'étend dans tous les interstices du muscle formant le fond de l'ulcère ; aussi, ces interstices, rose pâle, sont quatre ou cinq fois plus larges que normalement. y
On voit des logettes entières répondant à la fasciculation du muscle, occupées, en totalité ou en partie, par des nappes épithélioïdes, et ceci, non seulement au contact même du fond de l’ulcère, mais encore loin de lui.
La ragade linéaire et verticale qui part du fond de l’ulcération et que nous trouvons sur quelques coupes, répond manifestement à l'élimination partielle de l’une de ces logettes de cellules épithélioïdes intramusculaires.
Dans le issu sous-jacent à l'ulcère, sont semés quelques
bacilles (rès nets.
PLancne VII.
Fra. 12 (Exp. XX VII). — Chien. Ulcère tuberculeux typique de la région pylorique obtenu à la suite d'une inoculation locale intrapariétale. Ce chien était aussi sous le coup d'une luberculisalion par voie sanquine.
F1G. 13 (Exp. XX VIII). — Chien. Coupe verticale de l'ulcère tuberculeux de la figure 12.
x et sr’, bords de l'ulcération constitués par un lambeau de muqueuse; 2, couche mince de cellules épithéliales tendant à recouvrir le fond de la lésion ; 3, nappe de cellules rondes ou épithélioïdes au sein de laquelle se creuse un diverticule linéaire s'enfonçant en pleine couche muscu-
laire, 4.
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On trouve encore une nappe épithélioïde mince ct très étalée à la partie externe des faisceaux musculaires les plus superficiels de l'organe.
Les vaisseaux sanguins, sauf tout à fait en surface, ne présentent pas d’altérations. Sur dix coupes, nous n'en trouvons qu'un oblitéré par l’endartérite. Aïlleurs, dans la couche musculaire, dans la sous-séreuse, ils sont intacts,
La muqueuse et la couche glandulaire, en dehors de l'ulcération, n’offrent pas de lésions. ;
La sous-muqueuse, même à une certaine distance de l’ulcératon, présente un ou deux tubercules épithélioïdes de forme lenticulaire,
En résumé, on a l'impression d'une lésion locale survenue en une zone limitée du muscle gastrique, sans doute au point d'inoculation.
Celle-ci a créé des lubercules intramusculaires qui se sont substitués, pour ainsi dire logette à logette, aux faisceaux du muscle.
Certaines de ces logettes se sont éliminées du côté de la muqueuse, créant ainsi l’ulcération.
Inoculalion intrapariétale el luberculisalion
par voie sanguine.
Expérience XXIX — Lapin de 2310 grammes.
21 août 1902. — Ilreçoit en trois points de la paroi antérieure
de l'estomac une injection de tuberculose humaine, un dixième de centimètre cube environ en chaque point.
23 septembre. — L'animal qui est en très bonne santé, pèse 2340 grammes. Il reçoit aujourd'hui 1 centimètre cube et quart d'une émulsion de bacilles humains virulents dans la veine marginale de l'oreille.
20 novembre, — On sacrifie le lapin. Poids, 1850 gramm:s Durée de l'expérience, quatre-vingt-douze jours.
Autopsie. — Cachexie extrême, Tuberculose miliaire confluente du poumon, du foie, des reins et de la rate.
Estomac : Pas de granulations sur le péritoine stomacal. Pas d'hypertrophie ganglionnaire.
Dans l'épaisseur de la paroi stomacale, on palpe deux ou trois petites masses assez dures sous le doigt qui, sur la coupe, semblent être constituées presque exclusivement par la réaction fibreuse du tissu.
A la partie moyenne de la grande courbure, s’est développée à la surface de la muqueuse, une nappe arrondie muriforme,mamelonnée (recueillie), de la largeur environ d’une pièce de 50 centimes. Pas de traces de tubercules macroscopiques à son pourtour, ni dans la région de la séreuse correspondant à sa base,
EXAMEN MICROSCOPIQUE
I. Nappe muriforme de la grande courbure. — Au microscope, elle répond à une surface où les glandes ont toutes considérablement augmenté de longueur, presque doublé leurs dimensions normales. L'aspect muriforme paraît attribuable à ce fait, que ces glandes allongées se groupent et, de temps à autre, sont séparées par de petites dépressions, où quelques glandes redeviennent légèrement plus courtes,
Souvent à la surface, sans altérations de l'épithélium de revétement, on voit inclus dans du mucus, des moules glandulaires courts, encore colorables, témoignant de l'hyperproduction générale des cellules glandulaires.
Mais, ni du côté de la sous-muqueuse, ni du côté d'aucune des tuniques gastriques, il n'y a de sclérose ou d'infiltration embryonnaire, en somme aucun processus aigu ou récent capable d’expliquer cette altération si localisée des glandes gastriques. Peutêtre, dans ce cas particulier, n'avons-nous affaire qu'à un papillome muqueux plan, et notre tuberculose expérimentale n'est, elle, pour rien dans ce qu’on observe.
Inoculation intrapariélale et tuberculination.
Expérience XXX, — Chien marron, 12 kilogrammes.
29 août 1902. — On fait deux injections intrapariétales le long
de la grande courbure de l'estomac, l'une à la partie moyenne de l'organe, l’autre dans la région pylorique. En chaque point, on pousse un quart de centimètre cube environ d'émulsion de bacilles de Koch, additionnée d'une petite quantité de graphite stérilisé.
Ces deux inoculations locales ont été pratiquées après plusieurs essais infructueux d'injection dans les artères de la grande courbure.
4 septembre, — Les suites opératoires sont excellentes, pas de symptômes gastriques.
7 octobre. — Injection d'un tiers de centimètre cube de tuberculine brute. |
La réaction thermique est rapide et marquée (près de 2 degrés); il ne semble pas y avoir de réaction locale gastrique.
20 octobre, — Amaigrissement léger, l'animal est eczémateux. Poids, 9 kilogrammes.
25 octobre. — Seconde injection de tuberculine de un demicentimètre cube qui provoque une violente élévation de température ; le chien dépérit ensuite de plus en plus.
15 novembre, — L'animal est sacrifié. Poids : 8 kilogrammes. Durée de l'expérience, soixante-dix-neuf jours.
Autopsie. — Tuberculose pulmonaire très discrète constituée par quelques tubercules crus disséminés dans tous les lobes. Pas de tuberculose hépatique, splénique ou rénale.
Estomac : Le long de la grande courbure, à la partie moyenne et dans la région pylorique, on trouve deux masses ganglionnaires caséeuses du volume d'une noix. La masse pylorique se sépare facilement de la paroi à laquelle, par contre, l’autre masse adhère intimement. Un ou deux ganglions hypertrophiés vers la petite courbure.
Pas de tuberculose de la tunique séreuse. Pas de modifications de l'aspect extérieur de l'estomac.
A l'ouverture de l’esfomac, on trouve de nombreux corps étrangers. Dans le grand cul-de-sac, le long de la grande courbure, au niveau de la masse caséeuse adhérente à la paroi, il ny a pas d’ulcérations de la muqueuse.
11 y a seulement une immobilisation assez marquée des diverses
{uniques gastriques qui ne glissent plus les unes sur Îles autres.
Toute la grande tubérosité est parsemée, à sa surface muqueuse, d'ulcéralions en coups d’ongle ou arrondies, ou mieux d'exulcérations n’intéressant que la couche glandulaire et limitées par un léger rebord blanchâtre (recueillies).
A l'union du grand et du petit cul-de-sac, au voisinage de la masse tuberculeuse adhérente à la paroi, on trouve sur la muqueuse une sorte de petit mamelon blanchâtre, légèrement ombiliqué au centre et dur au toucher.
Peut-être est-ce là une ulcération en voie de cicatrisation.
La région de la petite tubérosité, jusqu'à 1 centimètre en avant du pylore, présente une cinquantaine d'ulcérations d'importance très variable (V. figure 14). Deux seulement ont une étendue assez considérable.
Toutes les autres forment de petits ulcères, limités à la muqueuse semble-t-il, assez régulièrement espacés, circulaires, du volume d'une grosse lentille, à bords très faiblement surélevés, blanchâtres; quelques-uns d’entre eux ont leur cavité comblée par une petite masse noirâtre adhérente (eschare ou mucus teinté de sang); pas de tubercules dans leur voisinage.
Des deux ulcéralions principales, l'une constitue une dépression cupilliforme, circulaire, atteignant la sous-muqueuse; ses bords, un peu surélevés, ne présentent pas d’aspect spécial,
L'autre, située immédiatement à côté de la précédente, sur la face antérieure de l'estomac près de la grande courbure, à 3 centimètres en avant du pylore, a des caractères particuliers. Large comme une petite pièce de 5o centimes, circulaire, elle a la forme d'un entonnoir renversé. Ses bords sont irréguliers, gaufrés, du moins dans une moitié du pourtour ; à ce niveau, ils sont aussi minés en dessous, Dans l’autre moitié de l'ulcère, ils sont en talus, plus ou moins à pic. Le fond de l'ulcère est lisse, sans lésions apparentes. I] est formé par la sous-séreuse et la séreuse.
La lésion se traduit, du côté de la séreuse, par un point de
coloration plus foncée, et légèrement déprimé, en raison de la
PLrancue VIII.
Fi. 14 (Exp. XXX). - Chien. Région pylorique après une inoculalion locale de bacilles suivie de deux luberculinations.
1, dépression de la muqueuse ayant l'allure macroscopique d’un ulcère tuberculeux typique; 2, ulcérations plus superficielles; 3, simples exulcérations de coloration brunâtre ; 4, orifice pylorique et début du duodénum.
Fc. 15 (Exp. XXX). — Chien. Coupe verticale d'une dépression de la muqueuse prépylorique simulant un ulcère véritable, située en 1 de la figure 14.
r et 1’, muqueuse gastrique formant les bords de la dépression; 2, muqueuse recouvrant le fond; m, muscularis muCOSEE ; m', ses faisceaux amincis contournant la lésion; {, tubercule situé en plein tissu inflam-
matoire.
ET ve
diminution considérable de l'épaisseur de la paroi. On ne voit pas de tubercules au voisinage de l’ulcération. Pas de tuberculose intestinale,
EXAMEN MICROSCOPIQUE
[. Ulcère profond prépylorique (v fig. 15). — Le microscope montre immédiatement qu'il n'y a pas ulcéralion.
Au niveau de la dépression, on voit arriver la couche glandulaire, ses glandes sont même hypertrophiées. La muscularis mucosæ, à sa terminaison, s'hypertrophie comme en tête de serpent. Au niveau de chacun des bords, la couche glandulaire et la muscularis mucosæ surplombent le fond de la dépression.
Puis, si l'on descend toujours dans la dépression, on voit la couche glandulaire s'infléchir, lapisser les recessus latéraux, s’adosser pour ainsi dire à elle-même. Elle s'étale ensuite sur le fond, le recouvre tout entier, gagne le recessus opposé et remonte vers la surface.
La muscularis mucosæ, amincie, souvent interrompue, riche en fibres élastiques, double la profondeur de la couche glandulaire au niveau des recessus et du fond de l'excavation.
Sur plusieurs coupes, nous avons rencontré dans ce bourgeon de muqueuse rédupliquée qui surplombe l’excavation, des {u hercules miliaires épithélioïdes indéniables, Quelques-uns sont au sein des culs-de-sac glandulaires, d’autres sont collés contre la musculaire muqueuse.
En étudiant soigneusement le fond de l'excavation, on constate d’abord des modifications de la couche glandulaire. En premier lieu, elle est moins haute que partoutailleurs ; en second lieu, les glandes y semblent plus espacées. Le tissu qui les sépare est infiltré, de façon assez discrète d'ailleurs, par des cellules rondes ne prenant pas une disposition agminée ou nodulaire. Les cols des glandes sont larges et béants, puis, dans la profondeur, ils redeviennent des tubes étroits, repliés. Ces culs-de-sac profonds ont un revêtement uniforme de cellules cubiques ; ils ressemblent bien plus à des glandes muqueuses intestinales qu'à des glandes séro-muqueuses gastriques. Enfin,
un tissu conjonctif inflammatoire enserre ces fonds de glandes, les blottit contre les vestiges de la musculaire muqueuse audessous de laquelle les tractus inflammatoires déscendent et se perdent dans les interstices de la musculeuse gastrique.
Dans ce tissu, nous avons retrouvé de petits tubercules miliaires, ainsi que quelques bacilles.
IT. Ulcérations superficielles prépyloriques. — A un fable grossissement, ces ulcérations se montrent comme une sorte de coup d'ongle qui aurait enlevé la partie la plus superficielle d'une trentaine de tubes glandulaires. C’est dire que l’excavation produite forme, non pas le cratère, mais une cupule sur les parois de laquelle s'ouvrent les tubes glandulaires sectionnés de plus en plus profondément, en procédant des bords vers le fond.
Le tissu interglandulaire y est scléreux, pas très riche en cellules inflammatoires. La portion restante des tubes glandulaires offre des cellules disloquées vers la surface, mais reprenant à peu près leur disposition régulière vers le fond.
Enfin, légère sclérose de la sous-muqueuse.
Jamais, au voisinage et au niveau d'aucune cupule érosive (et souvent on en observe deux par coupe), nous n'avons trouvé de tubercules à n'importe quel degré de développement, ni pu colorer de bacilles.
II. Ulcéralions du grand cul-de-sac (v. figure 16). — Ici encore, on est frappé du fait que, à proprement parler, il ne s’agit que de deux larges abrasions atteignant la moitié ou les deux tiers internes de la couche glandulaire. Ces ulcérations forment toujours deux dépressions cupuliformes, mais quatre ou.cinq fois plus étendues que celles étudiées dans le fragment précédent.
Sur les bords, on voit l'épithélium de revêtement disparaître. Puis, insensiblement, les tubes glandulaires sont sectionnés de plus en plus profondément, à mesure que l’on s'avance vers le fond, au niveau duquel on voit, sur une assez grande étendue, tous les tubes coupés au même niveau. Par comparaison, on peut estimer au tiers du tube glandulaire la partie qui en subsiste.
Mais cette ulcération a partout, sur ses bords aussi bien que vers son fond, un caractère atonique qui frappe. Les tubes glandulaires sont peut-être un peu plus espacés les uns des autres que normalement; ils plongent dans un feutrage fibrillaire assez pauvre en cellules, qui n’est pas sensiblement scléreux.
Nulle part, on ne rencontre de cellules rondes en amas nodulaires, ni bacilles, ni rien qui puisse être regardé comme édifi-
calion tuberculeuse.
RérLexioxs. — Nous n’oserions pas au nom de l’histologie émettre une interprétation définitive au sujet des lésions cupuliformes de la muqueuse, rencontrées dans ces deux derniers fragments. Nous insisterons seulement sur ce fait qu’elles ne semblent pas dues à des altérations d'ordre anatomique (pas de tubercules, pas de lésions vasculaires). Quant à la dépression étudiée dans le premier fragment et qui, à l'œil nu, avait été prise pour une ulcération, le microscope nous a montré qu'il n’en était rien. Selon toute probabilité, 1l s'agissait d’une sorte de rétraction, vers la profondeur, d’une petite surface de la couche glandulaire, sous l’influence d’untissu inflammatoire parsemé
de tubercules miliaires.