‹ Des ulcérations tuberculeuses de l'estomac: étude clinique, expérimentale et anatomo-pathologiqueChapitre 89 sur 95 · DL · texte numérisé non relu

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Toute la muqueuse de cette cavité gastrique a une teinte rougeâtre diffuse, revêlant même, par places, l'apparence de véritables marbrures.

Nulle part, on ne trouve d'ulcérations, sauf à r centimètre et demi en avant du pylore, A ce niveau, on voit un véritable ulcère, figuré plus haut, assez régulièrement circulaire, de la largeur d'une pièce de 20 centimes, et profond d’un demi-centimètre environ. Ses bords sont fortement épaissis sur presque tout le pourtour de l'ulcération. Ils dominent légèrement la muqueuse environnante qui n'est semée d'aucun tubereule. Du côté de l’ulcère, ces bords descendent en pente douce.

En un point cependant de leur circonférence, ils sont légèrement minés en dessous, excavés, ainsi que cela se voit très nettement sur les préparations microscopiques. Dans leur épaisseur, il est impossible de découvrir des tubercules.

Le fond de l'ulcération est irrégulier et présente un aspect jaunâtre, rappelant vaguement la teinte du caséum.

En présence de cette ulcération qui repose sur une plaque de tissu épaissi, paraissant, sur la coupe, constitué par une forte couche musculaire séparée de la muqueuse par un tissu conjonctif légèrement lardacé, il est impossible de se prononcer catégoriquement en faveur de sa nature tuberculeuse.

Une forte présomption plaide cependant en sa faveur. Elle se fonde sur la présence d'un ganglion pylorique, énormément

hypertrophié et caséeux.

. Examen MicROSCOPIQUE.

[. L'Icère luberculeux de la caillette. — Sur les coupes, la perte de substance porte sur toute la muqueuse et la sousmuqueuse. Son fond est constitué par la muscularis mucose, modifiée comme nous le verrons.

Sur un des bords, la couche glandulaire disparait en talus, en pente douce, les glandes étant sectionnées de plus en plus profondément de la périphérie vers le fond.

De l'autre côté, la couche glandulaire est légèrement minée

par l'ulcération. Elle se soulève en un court lambeau,

Le fond de l'ulcération offre tout de suite et à lui tout seul, les caractères de l’ulcère caséeux luberculeux.

Si on le prend, par exemple, exactement au fond, on voit la muscularis mucosæ disparaître en grande partie au sein d'un tissu fibroïde, devenir presque méconnaissable. Au-dessus d'elle, est une nappe de tissu encore fibrillé avec cellules fusiformes courtes, légèrement tourbillonnantes, offrant un mélange de (rainées où d’amas, les uns de cellules rondes, les autres de cellules épithélioïdes.

Par places même, on semble voir quelques cavités rondes ou quelques boyaux courts à cellules franchement épithéhales, vestiges des fonds des culs-de-sac glandulaires.

infin, recouvrant le tout, une couche interrompue d'ailleurs fréquemment, formée de cellules rondes à protoplasma visible, légerement sranuleux.Tout à fait en surface,ces cellules vitreuses, louches, perdent progressivement leurs limites respectives.

Dans la partie profonde correspondant à la muscularis mucosæ, se voient des artérioles et des artères de petit calibre, coupées sous diverses incidences.

Toutes sont frappées d'endartérile.

Il en est de complètement oblitérées: d'autres n'ont plus qu'une lumière réduite à une fente linéaire.

Si nous continuons à examiner la paroi gastrique, correspondant au fond de l’ulcération, nous voyons qu'à une assez grande distance, les interstices musculaires sont épaissis, Ils présentent de petits amas de cellules rondes.

I faut, en somme, aller assez loin de l'ulcération pour retrouver des parois normales.

Quant à la muqueuse-el à la couche glandulaire, elle est intéressante à étudier, non seulement au pourtour de l'ulcération, mais encore loin de celle-ci.

En effet, autour de l’ulcération, ses lésions se réduisent à une sclérose fibroïde avec quelques nids de cellules rondes sans caractères particuliers. Pourtant, au voisinage même de l'ulcéralion, les cellules infiltrées intertubulaires prennent un carac-

tère épithélioïde très marqué,

À uue certaine distance de l’ulcère, sur quelques coupes, nous avons trouvé deux points d'un grand intérêt, parce qu'ils nous montrentque, selon toute probabilité, cet ulcère est bien le résultal d'une tubereulose même de la muqueuse.

Nous avons rencontré, en effet, à un bon centimètre de lulcéralion,un {ubercule inlerglandulaire, allongé parallelement aux tubes

Il forme un gros fuseau renflé, écartant les glandes de ses pointes; l'une touche la muscularis mucosæ, l'autre arrive presque Jusqu'au collet des glandes.

Celle masse n'est pas un point lymphatique; elle n'en à pas la disposition cunéiforme à base large, reposant sur la musculaire muqueuse. C'est manifestement une nappe tuberculeuse, née en pleine couche glandulaire. Elle est composée de cellules, embryonnaires à la périphérie, el au centre déjà un peu disloquées, ainsi que de cellules volumineuses formant ces blocs polymorphes légèrement vitreux de la fin du stade épithélioïde, el immédialement précurseurs de la caséificalion.

Sur une autre coupe, nous avons vu très profondément au milieu d'un groupe de culs-de-sac glandulaires, un pelit amas rond, surloul épilhélioïde, contenant aussi un gros bloc protoplasmique qui renferme déjà deux ou trois noyaux.

Sufin, souvent les points lymphaliques rencontrés sont manilestement en hyperplasie; les vaisseaux qui y arrivent tendent à s'oblitérer. On peut rencontrer quelques-uns de ces points, dont le centre offre déjà des cellules qui, tout en restant rondes. prennent un aspect opaque. Ces cellules se colorent entièrement, protoplasma el noyaux, par le même réactif. Les tubes glandulaires, sauf au voisinage de l'ulcération, ne semblent pas altérés.

Malgré des recherches minulieuses, nous n'avons pu colorer des bacilles de la tuberculose dans l’intérieur des lésions,

CONCLUSIONS

I. Les ulcérations tuberculeuses de l'estomac sont rares chez les animaux. Elles coexistent toujours avec les manifestations d’une tuberculose poly viscérale.

II. La plus grande obscurité entoure l'étude symptomatologique de cette affection.

IT. L'anatomie pathologique démontre que leur nature est identique chez les animaux et chez l’homme.

IV. L'infection de la muqueuse par la voie sanguine joue, comme chez l’homme, le rôle principal dans la production du processus ulcératif de l'estomac.

V. Comme chez l’homme, on doit aussi admettre chez l'animal l'existence des ulcérations tuberculeuses typiques et des ulcérations toxi-infectieuses sans signature histologique.

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