HISTORIQUE
Parmi les auteurs qui ont étudié l’action physiologique de l’uréthane, nous citerons Schmiedeberg, Rumpf, Éloy Takahaschi, Mairet et Combemale, Chansou.
Schmiedeberg (1) en 1884, en étudiant les rapports de la constitution atomique de certains corps avec leur puissance narcotique, découvre les propriétés hypnotiques de l’uréthane chez lechien, la grenouille et le lapin.
Les effets obtenus se limitent à peu près exclusivement au sommeil, ;
Puis Rumpf (2) trouve que l’uréthane abaisse moins le chiffre de la respiration que la paraldéhyde et le chloral, et que le sang de l’animal intoxiqué par l’uréthane fournit une moins grande quantité d’acide carbonique.
Éloy (3) chez le lapin note la chute de la température et la diminution des mouvements respiratoires. « L'animal, dit-il, tombe dans la torpeur, s’engourdit, chancelle, s’abat sur le flanc et dans cet état Cataleptiforme, conserve la position qu’on lui impose.» Il constate en même temps que si l’uréthane est un puissant hypnotique, il ne possède guère de propriétés analgésiques.
Chez les cobayes les mêmes effets généraux surviennent, et localement c’est par l’altération des poils et leur chute , des
(1) Schmiedeberg. De l'action Phärmacologique et des usages thérapeutiques de quelques éthers defl’acide Carbamique, in, Arch. für exper. path. una Pharm. 1885, 1v..
(2) Rumpf. Arch. für physiologie, 1. XXXII, p. 538. =
(3) Ch. Éloy. Un nouvel hypnotique, l’'éthyl-urélhane, in Union médicale, 14 mars
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eschares très vivaces que se traduit l’action de l’uréthane.
Takahaschi (1) étend à toute la série des uréthanes l’action hypnotique du carbamate d’éthyle.
Mairet et Combenale (2) font une étude complète du sujet, et c’est du reste le résumé de leur remarquable travail que nous donnerons ici.
Coze (3) (de Nancy) signale à l'Académie de Médecine que luréthane serait un des plus puissants antagonistes de l’'empoisonnement par la strychnine.
Le D* Chansou (4) enfin confirme les dires de Coze et contrôle les travaux de Mairet et Combemale.
L'action thérapeutique de l’uréthane a été étudiée par Jaksch à Vienne, Jolly à Strasbourg, Sticker en Allemagne. Saundby et Myrtle en Angleterre, Huchard, Eloy, Mairet et Combemale, et Chansou en France.
Les maladies les plus diverses ont été reconnues justiciables de cet agent thérapeutique, quand il s’est agi de procurer le sommeil; il semblait tontefois que le succès dans l’emploi de l’uréthane était plus considérable dans les cas d’insommie liés à des maladies cardiaques. L’insommie si fréquente dans lès maladies nerveuses psychiques ou organiques devait être la pierre de touche de luréthane ; aussi c’est dans les asiles d’aliénés à Vienne et à Montpellier, que Jaksch et Mairet et Combenale (5) ont donné des indications précises pour l'administration de cet agent.
(1) Takahaschi. Centralblatt für Klinische Médizine 1885, p. 884.
(2) Mairet et Combenale, Recherches sur l'action physiologique de l’uréthane. Soc. Biologie, 13 et 20 mars 1886.
(3) Coze, Acad. de Médec. 20 mars 1886 et Bull. Thérapeutique, 20 avril 1886.
{4) Chansou, Contribution à l'étude des propriétés physiologiques et thérapeutiques de l’uréthane. Thèse Montpellier. juillet 1886.
() Mairel et Combenale, Recherches sur l'action thérapeutique de l’uréthane. Acad.
des Sciences, 5 avril 1886.
Jaksch (1)le donne avec succès dans la manie même chronique. Mairet et Combenale dans le même cas obtiennent les mêmes suceès et en donnent l'explication, en reportant à la uécessité d’une altération de la nutrition générale les effets hypnotiques obtenus par l'administration du carbamate d’éthyle.
Sticker l’emploie dans les maladies du cœur, la phtisie, Saundby a recours à l’uréthane dans les mêmes cas, Myrtle le donne aux rhumatisants et Huchard généralise son emploi et l’étend à toutes les insomnies.
Eloy le dirige surtout contre les maladies nerveuses organiques, et Chansou obtient de bons résultats chez des enfants atteints d’incontinence d’urine.
Enfin en Angleterre dans un cas de tétanos, en appliquant les théories du professeur Coze, on n’a eu qu’à se louer de l'emploi de l’uréthane. }
Tous ces auteurs sont unanimes à déclarer que le carbamate d’éthyle n’est pas un médicament de la douleur, c’est seulement un médicament de l’insomnie.
Quant au chloral-uréthane il n’a pas d'historique physiologique ou thérapeutique; nous savons toutefois que les expériences entreprises au laboratoire de la clinique des maladies mentales et nerveuses ont conduit MM. Mairet et Combemale à des conclusions qui seront très prochainement publiées, conclusions qu'avec leur bienveillance ordinaire, ils nous ont autorisé à rapporter.
(1) Jaksch, Communication au 58° Congrès des Médecins et Naturalistes allemands. Strasbourg, septembre 1885.
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