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ACTION PHYSIOLOGIQUE DE L'URÉTHANE

Nous empruntons au travail de MM. Mairet et Combemale le résumé de l’action physiologique de cet agent.

«L’uréthane porte son action sur le système musculaire, sur les appareils respiratoire, circulatoire, digestif, urinaire, sur là température, la nutrition, la sensibilité et les centres nerveux. |

» Le système musculaire est un des systèmes les plus constamment atteints. Si à faible dose on ne trouve que de la fatigue musculaire, parfois avec titubations, à dose plus élevée, on observe un état parétique qui peut rester limité au train postérieur ou atteindre l'ensemble du système et. devenir très intense, sans toutefois être complet et en prédominant toujours dans l’arrière-train. A cette paralysie, peuvent s'ajouter à haute dose des accidents convulsifs à forme tétanique limités et ne se produisant que sous l’influence de provocations extérieures, ou généralisés et spontanés.

»A faible dose, l'appareil respiratoire n’est pas atteint; à dose plus élevée, existent au contraire des modifications portant sur le rhythme et la fréquence, larespiration devient lente, difficile ; les inspirations sont amples, lexpiration se fait en plusieurs temps, il y a. du cornage, etc. Ces modifications sont d’autant plus profondes que la dose est plus considérable.

» À faible dose, le circulation est influencée ; le pouls se ralentit, la pression artérielle augmente et des congestions se portent vers l’encéphale, rougeur de la face, larmoiement, vertiges ; à haute dose, nos recherches ne sont pas suffisam-

LR DEEE ment complètes pour nous permettre de nous prononcer sur les modifications circulatoires produites.

» L'appareil digestif reste muetlorsque les doses sont faibles, même lorsque l’uréthane est administré par la voie stomacale. À doses élevées, il y a hypersécrétion des glandes salivaires et des glandes lacrymales, et parfois l’on constate un peu de diarrhée; à doses toxiques, on peut observer des nausées et des vomissements spumeux et bilieux.

» À faibles doses, et surtout lorsque l’uréthane est administré par la voie stomacale, la quantité d'urine est augmentée. Cette urine présente, au point de vue de ses divers caractères, les caractères de l’urine polyurique. A haute dose et même à dose moyenne, par la voie hypodermique, l’uréthane n’augmente plus la quantité d’urine rendue, il semble même la diminuer. |

» La température centrale baisse d’une manière générale, et cela de quelques dixièmes à 3° suivant les doses. Cette chûte de la température est d'ordinaire primitive; parfois, cependant on peut remarquer, Comme dans les injections intra-veineuses, une augmentation de quelques dixièmes suivies bientôt de l’abaissement.

» À dose élevée, l’uréthaneatteint profondément la nutrition : l’alimentation ne se fait plus, l’animal dépérit et l’hémoglobine fléchit sensiblement; à doses physiologiques, semblable atteinte n’existe plus, et, fait important à noterau point de vue pratique, lorsqu'on administre à un animal, pendant plusieurs jours consécutifs, de l’uréthane, on ne constate aucun troubte nutritif et l'alimentation est régulière, excepté les cas où l’animal est dans le coma.

» Les sens spéciaux et la sensibilité générale sont conservés ; toutefois, il est un fait qui semblerait indiquer l’émoussement de la sensibilité cutanée ; lorsque l’on sacrifie un chien plongé dans le sommeil produit par l’uréthane, la section

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D RME de la peau n’est pas ressentie, tandis que l’animal se débat dès que le couteau arrive sur la masse musculaire. Notons, à propos de la sensibilité, que l’uréthane en injection hypodermique est peu douloureux et ne provoque qu'une irritation locale peu intense non suivie d’abcès, excepté lorsque le dissolvant est l'alcool.

» Les pupilles sont dilatées.

»Du côté du système nerveux central, l'uréthane produit, à hautes doses, du coma précédé d’un léger et passager état de somnolence; à des doses moins élevées, l’action de l’huréthane sur les centres nerveux se traduit par un sommeil qui offre certaines particularités sur lesquelles il est bon de revenir.

»Lorsque la dose d’uréthane est faible, le sommeil est léger, la moindre excitation, le moindre bruit anormal le fait cesser ; mais l’animal réveillé se rendort aussitôt. Lorsque la dose est plus forte, le sommeil devient plus profond; cependant, il n’atteint jamais l’intensité de celui que produisent certaines substances, Île chloral, par exemple; les excitations périphériques un peu intenses le font toujours cesser, mais, comme tout à l'heure, aussitôt réveillé, l’animal se rendort. |

» Lorsque aucune excitation périphérique ne se produit, le sommeil continue pendant plusieurs heures, interrompu seulement par des sensations que font naître les besoins naturels (miction, défécation, etc.) La durée de ce sommeil est variable, mais même à faible dose, elle atteint facilement six à sept heures, et à dose forte, le lendemain de l’administration, l'animal sommeille encore. Lorsque la dose est élevée, ce sommeil s'accompagne de troubles plus ou moins graves du côté de la respiration et du système musculaire, surtout chez le cobaye et le lapin ; lorsque la dose est plus faible, ces Hs n'existent pas, et avec un peu de fatigue

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