Sunt quibus in satura videor nimis acer et ultra
Legem tendere opus ; sine nervis altéra quidquid Composui, pars esse putat similesque meorum Mille die versus deduci posse.
(S. Il, 1, 1-4.)
les trois autres ^ Ce quatrième livre, si distinct par la nature des poômes, a également son prologue et son épilogue. Dans le premier, l'auteur se reproche d'aimer encore, malgré son âge, et semble donner à entendre qu'il ferait mieux de laisser reposer sa lyre, comme il en avait fait le serment. Dans l'épilogue, dédié à Auguste, il le félicite d'avoir donné la paix à l'univers, digne couronnement d'un ouvrage entrepris à la louange d'Auguste et de sa famille. Il est certain que ce quatrième livre des Odes a été publié séparément, comme le rapporte l'historien ; mais celui-ci ne nous apprend pas si les trois premiers livres ont été l'objet d'une seule publication. On serait tenté de le croire, si l'on considère qu'ils renferment des pièces écrites certainement à la môme époque. D'autre part, on ne saurait méconnaître que le deuxième livre se termine par un épilogue, où le poète se promet l'immortalité ; c'est la pensée môme de l'ode Exegi monumentum, sous une forme moins solennelle et moins heureuse. En outre, le troisième livre a son prologue : « Loin de moi, profane vulgaire! Je te méprise et te repousse. Faites silence : prêtre des Muses, je vais faire répéter, aux chœurs des jeunes vierges et des jeunes garçons, des chants non encore entendus »/.
C'est donc à la vertu qu'il veut consacrer ces chants nouveaux ; l'amour de la patrie, la fermeté inébranlable de l'homme juste, la sagesse, sur qui seule estfondée la véritable puissance, la probité, la modération dans les désirs, la piété simple et sincère : voilà les sujets qu'il traitera de préférence. La forme aussi est nouvelle,