Septimus octavo propior jam fugerit annus
Ex quo Msecenas me cœpit habere suorum
la numéro.
Or la satire « Hoc erat in votis » est de Tannée 723, comme Tindiquent
les vers 55-56 :
Quid? militibus promissa Triquetra
Prsedia Csesar an est Itala tellure daturus?
bataille d'Actium, et sans doute la deuxième, où l'auteur paraît avoir imité un passage du IP livre des GéorgiqueSy paru en 724 ^. Bref, comme aucune mention de fait postérieur ne s'y oppose, on peut conclure que les Epodes ont été publiées en 724 ou 725, c'est-à-dire après le premier livre des Satires et en même temps que le second.
Les trois premiers livres des Odes parurent quelques années après. Les pièces qui les composent ont été écrites dans le même temps ; quelques-unes sont contemporaines des premiers essais du poète, mais la plupart de celles dont on peut fixer la date à l'aide de rapprochements historiques ont été écrites de 725 à 731 ; aucune ne semble pouvoir être attribuée à une époque postérieure ^. Tout porte à croire, par conséquent, que c'est à ce moment qu'ont paru les deux recueils : cette date concorde parfaitement avec les expressions dont se sert Suétone, lorsqu'il nous apprend que le quatrième livre, publié vers 740, a suivi de loin les trois premiers, magno intervallo. On s'étonnerait aussi avec raison que, dans un ouvrage de ce genre, Horace n'eût consacré aucune pièce, ni fait aucune al-
1, VirgM (?.i Ili 457 sq.
2* M. Christ, dans la brochure citée plus hautj combat la date adoptée par Franke pour la publication des Odes, 730-731. Il place cette publication en 734, en se fondant sur Tode du I*"" livre « Sic te diva potens », vraisemblablement écrite pour le voyage entrepris par Virgile en 734 ; sur Tode 9 du livre II, où il voit une allusion à l'inondation du Tibre arrivée en 732, suivant D. Cassius ; sur l'ode III, 5, « Cselo tonantem »i qu'il croit postérieure à 732 ; sur l'ode II, 9, qu*il rapporte à Fexpédition de 734. Maisj outre que ces conjectures ne sont pas certaines, il nous importe surtout ici d'établir sans contestation : 1" que les trois livres des Odes ont été publiés après les Satires et les Epodes, et avant les premières Epîtres, que ce soit en 731 ou en 734 ; 2« que rien ne nous empêche d'admettre que le troisième livre, & Tune ou à l'autre de ces dates, a été publié séparément»
ET DE LA MÉTRIQUE d'hORACE 31
lusion à la mort de Virgile et de Tibulle, arrivée en 73S et 736, si cet ouvrage n'eût été publié auparavant. Il a y plus : dans l'ode XIX du livre III, Horace invite UQ ami à célébrer dans un festin l'élévation de Murena à la dignité d'augure. Si, comme il est vraisemblable, ce personnage n'est autre que Licinius Varron Murena, beau-frère de Mécène, qui conspira contre la vie d'Auguste en 732, il faut croire qu'Horace eût retranché cette pièce de son recueil, s'il l'avait publié après cet événement. Une autre particularité permet de fixer la date de cette publicatioû avec plus de précision encore : dans une pièce du premier livre, le poète rappelle avec enthousiasme les espérances fondées sur le jeune Marcellus :
Crescit occulto velut arbor aevo Fama Marcelli ; micat inter omnes JuliuDQL sidus, velut inter ignés Luna minores i.
Le recueil ne renferme, d'ailleurs, aucune allusion à la fin prématurée de ce jeune homme, ni, aucune consolation à Auguste. Comment donc admettre qu'Horace eût laissé subsister, sans compensation ♦ cette ode, dont la lecture devait être si douloureuse au prince, dans un recueil publié après la mort de Marcellus, c'està-dire après l'an 731 ? On peut donc fixer en 730 ou 731 la publication des trois premiers livres des Odes ; il n'y aurait eu entre les deux premiers et le troisième qu'un intervalle de quelques mois.
Quatre ou cinq ans plus tard, parut le premier livre des Épltres. La date nous en est donnée assez exactement par l'auteur lui-même, dans les deux derniers
li 0. 1, 12, 45 sq.