Peter, Rheinisches Muséum
guste, surtout pour les verbes, c'est la composition. Les mots composés sont formés dans la langue latine, soit de deux racines différentes, combinées à la façon des Grecs, soit d'un mot ancien et d'un préfixe. La première classe comprend surtout des adjectifs, tels que : « silvifragus, anguimanus, lauriger, monticola », etc. Ce procédé, si fréquent chez les vieux poètes, chez Lucrèce, chez Laberius ^ chez Catulle, et dont Ovide encore a fait si largement usage, est presque entièrement abandonné par Virgile et par Horace, qui sans doute le trouvaient, ainsi que fit plus tard Quintilien, plus accommodé au génie de la langue grecque ®. On ne cite du premier que deux composés nouveaux de cette espèce : « ignipotens» et « Apenninicola ». La réserve d'Horace n'est pas moins grande ; il a évité jusqu'aux adjectifs en fer ou en ger^ si nombreux chez presque tous les poètes. A peine peut-on lui attribuer la création de ce pomifer », 0. ni,23, 8, « Pomifero grave tempus anno », puisque les analogues, « olivifer, malifer, glandifer », existent chez Virgile et chez Cicéron. Peut-être aussi a-t-il créé quelques adjectifs avec un substantif et un nom de nombre : c'est chez lui, en effet, qu'on Ut pour la première fois « triformis » (0. 1, 27, 23 et HI, 22, 4), « bimaris » (0. 1, 7, 2), « centiceps » (0. H, 13, 34), et « centimanus » (0. H, 17, 14 et III, 4, 69). Il n'y a qu'un mot formé, plus hardiment encore, de deux substantifs; c'est « tauriformis » (0. IV, 14, 2S).
Il est remarquable que tous ces exemples appartiennent aux Odes, c'est-à-dire aux plus grecques des œuvres d'Horace. Les autres n'en présentent aucun ; car