E. Desjardins, Revue de philologie, t. Il, p
publicus(ou«parochispublicis))) occupavit». Horace luimême le prend ailleurs comme synonyme de « hospes » : « Vertere pallor tum parochi faciem » (S. II, 8, 36).
Les deux premiers livres des Odes, mais le premier surtout, présentent également un certain nombre de mots empruntés du grec avec leur désinence, ou latinisés par une légère modification :
Lesboum refugit tendere harbiton.
Le mot « Lesboum » est aussi une imitation des formes grecques, pour « Lesbium ».
Deprome quadriiuum Sabina, Thaliarche, merum diota.
Vino et lucemis Medus achiaces.
Mi cichorea levesque malvse.
Bassum Threicia viacat amystide*
Displicent nexee philyra coroûsô.
Crescit indulgens sibi dirus hydrops,
Malohathro Syrio capillos.
Ciboria expie.
Le IIP et le IV® livre des Odes ne présentent aucuil tiom commun de cette espèce. A peine en trouvons-nous quelques-uns dans les Epîtres :
Si ndlés sanus, curres hydrbpicus»
(Epi. Ii2,34.)
ET DE LA MÉTRIQUE d'hORACE 83
Ssepe periscelidem raptam sibi flentis.
(Epi. I, 17, 56.)
Rettulit acceptos, regale nomisma, Philippos.
(Epi. II, 1,234.)
Unde etiam trimetris accrescere jussit Xomen iambeis,
Ce sont là des termes techniques, ainsi que « cyclicus » (A. P. 136), « epos » (S. 1, 10, 43), dont Horace ne pouvait j
guère se passer, et que d'autres ont dû employer avant lui. En somme, on voit qu'il apporte une extrême réserve dans ces sortes d'emprunts, qui sont relativement nombreux dans ses premières œuvres seulement. |
Le IIP et le IV livre des Odes ne présentent d'autres ^
exemples d'emprunts nouveaux que trois adjectifs tirés de noms propres. Apollon est appelé « Agyeus » (0. IV, 6, ]
28) et « Patareus » (O.JII, 4^ 64). De même Bacchus, déjà \
surnommé « Bassareus » au premier livre (1, 18, 1 1), reçoit j
au troisième l'épithète également grecque d'«Euhias» (0. III, 23, 9). Quelques-uns des noms propres des Odes ont peut-être été formés par le poète avec des racines grecques; tels sont ce Barine » (II, 8, 2), « Licymnia » (II, 12, 13), dont les masculins d'ailleurs existaient; tels sont encore « Myrtale » (I, 33, 14) et « Phidyle » (III, 23, 2).
Ce n'est là qu'une faible partie de ce que le poète a emprunté au vocabulaire des Grecs. A chaque pas, on sent, on devine l'imitation dans Remploi des acceptions^ des épithètes, dans les alliances de mots, dans le tour des phrases. Où elle est le plus palpable, c'est dans les mots créés par Horace avec des racines latines, en face desquels on peut placer l'analogue et comme le modèle grec. Nous avons réuni les principaux en un ta-
bleau, qui nous paraît instructif, tout incomplet qu'il est. Nous avons vu, dans le chapitre précédent, comment ces mots nouveaux sont distribués dans les différents ouvrages d'Horace ; ici nous rangeons dans Tordre alphabétique les mots grecs imités, au moins suivant une conjecture probable, par le poète latin :
à[J!.£TaaTp£'iUT{,
(î{Ji.vrj|ji.6v£UT0ç,
àvaSéo),
àvaXaxT^Ço),
àva7uoX6Yv;TOç,
àveupsTOç,
aÇsvov,
à77o0aup.a(a), àptG[xaToç(Theoc.),
a^pY)XTOÇ,
à<^6p^ooç, 8taYtV(î)(j>c«,
SiôiXacffoç, .
exaT^YXstp,
èxaTOVTaxipavoç,
âTcaYYéXTYjç,
âTutêouXsuo),
[AeTa§(3(i)p.(,
Inmersabilis ; ingustatus ; inlacrymabilis ; inretorto oculo ; inmemoratus ; renodo ; recalcitro ; inexcusabilis ; inrepertus ; inhospitale ; incredulus ; emiror ; numerabilis ; inruptus; circumvagus ; dinosco; bimaris ; centimanus ; centiceps ; promissor ; încogito ; involito; denato ; perprimo ; redono ; beluosus ;
ET DE LA MÉTRIQUE d'hORACE 85
• veavteùeoOai, juvenari;
veav(Çci), juvenesco;
7uaXivaS(o, recanto ;
TcapiSci), intercino ;
7uapaixu6(a, alloquium ;
'ïupoStSacxù), prodoceo ;
xpo^péo), prœfluo ;
xpoffpaxTù), adsuo ;
Taup^i^opiioç, tauriformis ;
TpCjAopçoç, triformis.
D'autres composés grecs sont rendus par des périphrases latines, particulièrement par les génitifs de qualité ou de détermination. Nous rencontrerons ces exemples plus loin, en nous occupant de la syntaxe; mais il nous faut examiner d'abord quelles sont les formes de la déclinaison grecque conservées par Horace, et comment il a varié à cet égard dans ses différents ouvrages.
Les poètes ont usé d'une grande liberté par rapport à la déclinaison des noms grecs ^. Les formes latines et les formes grecques ont été employées concurremment, surtout pour le nominatif et l'accusatif des trois déclinaisons. Le génitif de la première, en es, dont on rencontre des exemples chez Catulle, et plus fréquemment chez Ovide, est banni par Horace, comme par Virgile ^. A la troisième déclinaison, celui-ci a quelques génitifs en os, Horace n'en a aucun.
Pour les autres cas, voici ce que Ton observe de