Cf. F. Neue, Formenlehre, 2* là. Berlin
2, 0,1, 19, 2, M. Lucien MuUer adopte « Semeles », contre Tusage constant d'Horace, et malgré tous les manuscrits de M. Keller, qui donnent : « Thebanseque jubet me Semelse puer ».
particulier chez notre poète. Comme les autres, il se sert à la première déclinaison des nominatifs grecs en esy as, des vocatifs en ë, «, des accusatifs en en, an y pour les mots masculins, tandis que les mots tout à fait latinisés sont terminés en « et «m. Les féminins ont le nominatif et le vocatif en ê, l'accusatif en en. De même, à la seconde déclinaison, on voit des nominatifs en 05, et des accusatifs en on. Enfin, à la troisième déclinaison, les accusatifs singuliers terminés, par a ou par in prennent quelquefois la place des formes latines en em ou im. Il n'a pas de nominatifs pluriels en ?5, mais les accusatifs en as sont nombreux.
Dans tous ses ouvrages, on trouve les désinences grecques à côté des désinences latines, mais en proportion variable. En général, il est facile de se convaincre qu'il a préféré, comme cela devait être, les formes grecques dans les œuvres lyriques, les formes latines dans les autres écrits et surtout dans les Satires.
Pour la première et la seconde déclinaison, en effet, les Satires présentent un grand nombre de noms empruntés au grec, avec des terminaisons latines au nominatif et à l'accusatif : « Hybridâ, Anticyram, Electram, Ilionam, Penelopam, Atridâ, echinus, Aristippus, Philodemus, Archilochum », etc.. Les exceptions sont rares; à peine en comptons-nous quatre ou cinq dans le second livre : « Agave », S. II, 3, 303 ; mais ce nom ne se trouve pas ailleurs sous une autre forme ; l'usage a consacré aussi presque exclusivement l'accusatif « Pyladen » (S. II, 3, 139 : «Non Pyladen ferro violare aususve sororem Electram »). it Pénélope » et « Pythagoran » s'expliquent par les nécessités métriques dans les vers suivants : S. II. 5, 81, « Sic tibi Pénélope frugi est » ; S. II, 4, 3, « Pythagoran Anytique reum doctum-
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que Platona ». Dans le premier livre (S. 8, 33-34) il a préféré la forme grecque : « Hecaten vocat altéra, sœvam Altéra Tisiphonen : serpentes atque videres ». Mais il est clair qu'il a voulu mettre dans la bouche des sorcières, Ganidie et Sagana, les noms des puissances qu'elles invoquent, avec la forme consacrée. D'ailleurs le dernier de ces noms ne se trouve jamais avec la désinence latine, comme c Agave, Euterpe, Hebe, Danae », etc.. et comme aussi les patronymiques à l'accusatif, tels que « Priamiden » ^
Dans les Epodes, comme dans les Satires, la préférence est donnée à la forme latine des deux premières déclinaisons. Epo. 9, 29 : « Aut ille centum nobilem Gretam urbibus »; Epo. 17, 17 : « Volonté Girca membra ». De môme on y lit : c Telephus, Tantalus », tandis que la désinence grecque est conservée pour les noms qui ne sont aux usités autrement : « Ilios, lolcos, Phryne ».
Quant aux accusatifs de la troisième déclinaison, les Satires, avec les formes grecques, « Heroas, Ulyxen », qui ne sont usitées qu'ainsi, en ont trois autres dans des passages où la métrique excluait l'accusatif latin :
Pastorem saltaret uti Cyclopa rogabat.
Turgidus Alpinus jugulât dum Memnona domque.
Quorsum pertinuit stipare Platona Menandro.
Nous voyons, il est vrai, € Platona » au sixième pied :
1. Quelques manuscrits donnent « Hecatam », et beaucoup ont « Tisiphonem ».
Pytbagoraa Any tique reum doctumque Platona.
Mais l'accusatif grec devait être entraîné par l'analogie, à cause du nom qui commence le vers.
Dans les Epodes, il y a deux accusatifs grecs de la troisième déclinaison : « Nirea, Anacreonta», et deux latins: «Jasonem, Hectorem » . Mais les deux premiers sont imposés par l'euphonie et par un usage constant : Epo. 14, 10, « Anacreonta Teium » ; Epo. 15, 22, « Formaque vincas Nirea » ; pour les autres, le poète a choisi librement la désinence em :
Perunxit hoc Jasonem.
Alitibus atque canibus homicidam Hectopem.
(Epo. 17, 12.)
Dans les Epîtres, Horace montre également une prédilection marquée pour les désinences latines, sauf dans les masculins de la première déclinaison, « Ulyxen, Antiphaten, Atriden, Apellen ». Dans la seconde, il ne laisse la désinence os qu'aux mots géographiques qui Pont gardée toujours : a Lesbos, Rhodos, Samos, Chio3 »; la terminaison us est au contraire très fréquente : « ^Eschylus, Aristarchus, Chœrilus, Chrisippus, citharœdus, Gorinthus, Lebedus, Telephus », etc.. Pour la troisième déclinaison, les Epîtres n'offrent la forme grecque que dans les mots où elle est seule usitée : « Pentheu, Gyclopa, Protea», tandis qu'on lit « Osirim, Charybdim » à la fin des vers, Epi. I, 17, 60, et A. P. 145. Si l'on trouve ic Ithace », amené par le besoin du vers. Epi. I, 7, 41, « Non est aptus equis Ithace locus », au contraire, il y a € Aetnam » à la fin du vers 465 de V Art poétique : « Dum cupit Empedocles ardentem frigidus Aetnam ». Une
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particularité notable c'est l'emploi simultané de « iEschylos » et de « -^schylus », qui toutefois ne peut éftre considéré comme certain :
Serus enim Gwecis admovit acumina chartis, Et post Punica bella quietus quserere cœpit, Quid Sophocles et Thespis et .^cbylos utile ferrent *.
(Epi. II, 1, 163.)
iEschylus et modicis instravit pulpita tignis,
Dans les Odes, les formes grecques sont manifestement préférées, et tout particulièrement dans le troisième livre, où les formes latines n'apparaissent que comme de rares exceptions.
Ainsi les noms de femmes empruntés au grec ont tous le nominatif en e, l'accusatif en en : «. Chloe, Leuconoe, Myrtale, Pholoe, Penelopen, Europen », etc. et môme « Aetnen » et « Circen ». Le quatrième livre seul a « Cinaram », peut-être parce que le nom est réel, O. IV, 13, 21 : <c Félix post Cinaram, notaque et artium » ^*
Les masculins de la première déclinaison ont, sans exception, dans les quatre livres, l'accusatif en en ou an : « Alciden, Geryonen, Lycidan,Merionen,Ancliisen)),etc, Plus extraordinaire est « Bellerophonte » , avec la finale longue(0. III, 12, H); c'est un ablatif, dérivé du datif grec, tandis qu'ailleurs, (III, 7, 15; IV, H, 28) nous trouvons les formes latines « Bellerophonti, Bellerophontem». Ala seconde déclinaison, les nominatifs en os et les accusatifs en on sont bien plus nombreux que
1. « ^schylos y^ est donné par la plus grande partie des manuscrits. (Cf. Keller et Holder.)