‹ Des variations de la langue et de la métrique d'Horace dans ses différentsChapitre 52 sur 83 · Cf. Indebedou, De usu infinitim apud H. 1875^ UpsaL · texte numérisé non relu

Cf. Indebedou, De usu infinitim apud H. 1875^ UpsaL

Fabula quem miserum gnato vixisse fugato Inducit.

Plurima, quse invideant pure apparere tibi rem.

Omnes Gestiet a furno redeuntes scire lacuque.

Vincet enim stultos ratio însanire nepotes.

(S. Il, 3, 225.)

Sulfura contemni vicus gémit.

(Epi. I, 15, 7.)

Ploravere suis non respondere favorem

Speratum meritis.

(Epi. II, 1 , 9.)

Cum lamentamur non apparere labores.

(Epi. II, 1, 224.)

Nec quodcumque velit poscat sibi fabula credi.

Dans le Chant Séculaire, v. 73-74, on voit une tournure semblable :

Hsec Jovem sentire deosque cunctos Spem bonam certamque domum reporto.

Mais ailleurs il n'y en a pas. Dans le vers suivant, en effet, le mot « mutatos » est un véritable participe, et non un infinitif :

Heu quoties fidem Mutatosque deos débit.

De même :

Aut cistam effi:^ctam et subducta viatica plorat, Ssepe periscelidem raptam sibi fientis <.

(Epi. 1, 17, 54 et 56.)

1. Indebedou, ouvr. cité, nous semble commettre une erreur lorsqu'il voit une proposition infinitive^ S. I, 6, 130 : « His me consolor victurum suavius ac si ».

ET DE LA MÉTRIQUE d'hORAGE 117

Dans le passage suivant, la tournure devient moins prosaïque par une espèce d'anacoluthe ou d'ellipse :

Et potius nova Cantemus Augusti tropœa Cœsaris et rigidum Niphaten Medumque flumen gentibus additum Victis minores volvere vertices, Intraque prsescriptum Gelonos Exiguis equitare campis.

Il arrive fréquemment à Horace d'alléger la même tournure par l'ellipse du sujet indéterminé de l'infinitif. C'est ainsi que^ après les verbes marquant un ordre ou une défense, l'infinitif actif se rencontre à la place du passif, que Ton préférerait en prose :

Imbellisque lyrœ Musa potens vetat Laudes egregii Csesaris et tuas Culpa deterere ingeni.

Hue vina et unguenta et nimium l)reves Flores amœnse ferre jubé rosse.

Nec fortuitum spernere cespitem Leges sinebant, oppida publico Sumptu jubentes et deorum Templa novo decorare saxo.

Très prohibe t supra Rixarum metuens tangere Gratia.

Antenor censet belli preecidere causam '.

(Epi. I, 2, 9.)

1. Au contraire, avec le sujet exprimé : 0. I, 4, 15, « Vitse summabrevis spem nos vetat inchoare longam »; G. IV, 8, 28, « Dignum laude virum Musa vetat mori ». Cf. Epo. 14, 6; 0. III, 27, 15 ; III, 2, 26,

A part le dernier exemple, qui n'est pas le moins hardi, cette construction, assez rare en prose, ne se rencontre chez Horace que dans les Odes. Dans VArt poétique^ y. 135,

Nec desilies imitator in artum, Unde pedem proferre pudor vetet aut operis lex,

on supplée te; les exemples semblables de pronoms personnels à l'accusatif sous-entendus, et facilement suppléés devant Tinfînitif, sont très fréquents partout, surtout après « gaudeo » et ses analogues. La construction est aussi un peu différente, Epi. I, 7, 14, « Non quo more piris vesci Galaber jubet hospes », où il faut suppléer ce hospitem » ou v quemdam »^

Lorsque l'infinitif sert de sujet, on peut aussi presque toujours sous-entendre un pronom personnel ou indéfini. Il faut suppléer ie dans les exemples suivants :

Nec quidquam tibi prodest Aerias tentasse domos.

Quid proderit ditasse Pcelignas anus.

(Epo. 17, 60.)

Quorsum pertinuit stipare Platona Menandro?

C'est « alijquem » dans les suivants :

Nonne, cupidinibus statuât natura modum quem, Quid latura sibi, quid sit dolitura negatum, Quserere plus prodest et inane abscindere soldo ?

(S. I, 2, 113.) Quo pertinet ergo Proceros odisse lupos ?

Mais rinfinitif avec son régime se comporte comme un vrai substantif dans ces vers :

ET DE LA MÉTRIQUE d'hORACE H9

Non cuivîs hominî contmgit adiré Corinthum.

Romse nutriri mihi contigît atque doceri.

(Epi. Il, 2, 41.)

Toutes ces constructions, conformes à l'usage latin, se trouvent chez Cicéron avec les mômes verbes, «prodest, pertinet, contingit :d. Mais l'imitation du grec est sensible dans d'autres cas :

Namque pila lippis inimicum et ludere crudis.

Sed vincit longe prius ipsum Expugnare caput.

Ire tamen restât Numa quo devenit et Ancus.

(Epi. I, 6, 27.)

Ce dernier exemple est analogue à l'hellénisme de est dans le sens de licet^ déjà employé par Térence et Salluste ; il se rencontre assez fréquemment dans les Satires, une fois dans les Epodes, une fois dans les Epîtres :

Plus haurire mali est quam ex re decerpere fructus.

Cois tibi psene videre est.

Mansuri oppidulo quod yersu dicere non est.

Est Gaudia prodentera vultum celare.

Neque est Levare tenta spiritu prsecordia.

(Epo. 17, 26.)

Est quadam prodire tenus.

(Epi. 1, 1, 32.)

Les Odes n'ont aucun cas semblable, mais on y lit la tournure « est ut », êativ Stcwç, usitée par Gicéron, et qui se trouve aussi dans les Epîtres :

Est ut viro vir latius ordinet Arbusta sulcis.

Non est ut copia major Ab Jove donari possit.

(Epi. I, 12, 2.)

Dans les Epodes seulement on trouve un hellénisme semblable, Tinfînitif après (c habeo » :

An melius quis habet suadere ?

(Epo. 16, 23.

Horace emploie volontiers dans tous ses écrits la tournure de rinûnitif dépendant d'un passif avec le sujet au nominatif :

Rustîcus urbanum murem mus paupere fertur Accepiase cave.

Hœc ego procurare et idoneus imperor.

Qui Formiarum mœnia dicitur Princeps et innantem Maricae Littoribus tenuisse Lirim '.

Il suit en cela la syntaxe de la prose ; mais il aime à se servir aussi de la tournure toute grecque où l'infinitif passif se rattache directement au verbe actif ayant le môme sujet, et ne fait, pour ainsi dire, qu'un avec lui, en sorte que les attributs se mettent au nominatif. Même

1. Cf. s. II, 3, 169; 0. II, 19, 25; III, 16, 27; Epi. 1, 16, 32, etc.

ET DE LA MÉTRIQUE d'hORACE 121

sans attribut, les Satires ne présentent pas cette cons« truction, assez fréquente ailleurs ^ . L'attribut au nominatif par attraction ne se rencontre guère que dans les Odes et les Epîtres :

Semper ego optarim pauperrimus esse bonoram *.

Filius Maiae patiens vocari Cœsaris ultor.

Hic âmes dici pater atque princeps.

Sœvis Libumis scilicet iiividens

Privata deduci superbo

Non humilis mulier triumpho.

Si quseret pater urbium Subscribi statuis.

Uxor invicti Jovis esse nescis.

Sive tu Lucina probas vocari.

Incipiam patiarque vel inconsultus haberi.

(Epi. I, 5, 15.)

Vir bonus et sapiens dignis ait esse paratus.

(Epi. I, 7, 22,)

Cum pateiis sapiens emendatusque vocari.

(Epi. I, 16, 30.

Vir bonus et prudens dici delector ego ac tu.

(Epi. I, 16, 32.)

Dum vult libertas dici mera veraque virtus.

lEpl. I, 18, 8.)

1. Epo. 11, 23 ; 0. III, 6, 21 ; 0. IV, 4, 62 ; Epi. 1, 1, 29; Epi. I, 20, 4 ; A. P. 90.

2, S, II, 4, 61, nous croyons qu'il faut lire « Flagitat in morsus refici »

Dum studet urbanus tenditque disertus haberi.

(Epi. 1, 19, 16.)

Prsetulerim scriptor delirus inersque videii *.

(Epi. II, 2, 126.)

Deus immortalis haberi Dum cupit Empedocles.

De ces nombreux exemples, un seul appartient aux Satires. Au contraire, c'est dans les Satires et les Epîtres seulement que l'on rencontre la proposition complétive, composée d'un substantif ou d'un pronom avec ' un adjectif ou un participe à l'accusatif, par l'ellipse du verbe « esse » :

Solos felices viventes clamât in urbe.

Neu si te populus sanum recteque valentem Dictitet 2.

(Epi. I, 16, 21.

La tournure est un peu différente avec le verbe « spero », 0. I, 5, 10 : « Qui semper vacuam semper amabilem Sperat ». Il faut sous-entendre oîiffav, et non « fore », comme le montre un autre exemple :

Non si me satis audias,

Speres perpetuum dulcia barbare

Lsedentem oscula.

Passons aux constructions où l'infinitif est plus indéterminé, et où il complète l'idée du verbe principal, qui lui sert en quelque sorte d'auxiliaire*

1. Epi. I, 1, 29, « Non tamen idcirco contemnas lippus inungi », « lippus » se relie directement au sujet.

2. Cf. S. I, 2, 130 ; I, 1, 84; II, 3, 53; id, 305; Epi. I, 16, 27; H, 2, 20.

ET DE LA MÉTRIQUE d'hORACE 123

Horace, comme tous les poètes, a donné une grande extension à cette tournure. Les verbes suivis à toutes les époques de Tinfinitif qui les complète sont en assez petit nombre ; c'est « possum, queo, nequeo, scio, debeo, volo, cupio, gestio, gaudeo, studeo, cœpi, contendo, cogo, conor, euro, videor, decet », etc. Mais à côté de ceux-là, il faut distinguer deux catégories : les uns ont été employés de cette façon, mais plus rarement, et surtout par les poètes Plante, Térence, Lucrèce; d'autres apparaissent pour la première fois chez Virgile et Horace, ou chez ce dernier seulement ^

Ceux de la première de ces deux catégories sont assez fréquents dans toutes les œuvres d'Horace. Dans les Satires, on rencontre « disco, parco, metuo, valeo, méditer, laboro, quœro, recuso, opto, caveo », dont les quatre premiers ne se trouvent ainsi auparavant que chez les poètes, ce Expeto» (Epo. 11, 3) est déjà chez Cicéron. Les Odes présentent avec l'infinitif, contrairement à l'usage ordinaire, « calleo, occupo, certo, denego » ; plusieurs sont à la fois dans les Odes et dans les Epîtres : « dignor, odi, cesse, moror, fugio, formido, remitto, enitor », qui, sauf le dernier, se voient, bien que rarement, môme dans la prose antérieure.

Quant aux verbes que l'on ne trouve pas avec ces constructions, môme chez les poètes antérieurs, les Odes en renferment les cas les plus nombreux et les plus hardis* La plupart d'ailleurs se voient également chez Virgile, et particulièrement dans l'Enéide ; tels sont : « tendo, peto, posco, memini, impello, trepido ». En voici le tableau dans l'ordre des recueils :

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