Sén. Œd
.Vêla ne pressée gravi Spiritus antenn» tremant.
il faut lire : « Jam bis Motiseses et Pacori manus » , au lieu de Monœsis ^.
Horace n'a pas traité avec moins de rigueur le premier pied de ses vers éoliques. Les Grecs y usaient d'une liberté presque absolue. Ainsi le glycon et le phérécrate débutaient, chez les Eoliens, par un pied quelconque de deux syllabes (dissylabon adiaphoron) ; Pindare et Euripide ont exclu le pyrrhique, et l'ont remplacé par un tribraque. Il en est de môme pour les asclépiades; chez les Eoliens, le premier pied est un spondée, un trochée, un iambe ou un pyrrhique. Les dramatiques ont substitué le tribraque à ce dernier. Au début du grand asclépiade, Gallimaque et Théocrite ont placé un trochée ou un spondée ; on ne trouve plus que le spondée chez Catulle.
Ce pied variable a été considéré, par la théorie ingénieuse d'Hermann, comme un prélude à la véritable mesure, qui commence seulement avec le dactyle. La musique permettait des libertés, qui devaient naturellement disparaître des poèmes destinés plutôt à la lecture. Tous les vers dont nous avons parlé commencent invariablement chez Horace par un spondée. Chez Sénèque, le glycon débute, comme chez Catulle, par un spondée, un trochée, et même un iambe; mais, pour l'asclépiade, les poètes postérieurs ont suivi strictement la règle adoptée par le maître.
Le saphique tient un rang à part. Chez les Grecs, comme chez les Romains, le premier pied est toujours un trochée, et, par conséquent, ne doit pas être regardé comme une base hermannique ; le vers semble composé,
1. « Moneeses » est donne par de bons manuscrits, et admis par MM. Relier et Holder, ainsi que par M. L. Maller.
ET DE LA MÉTRIQUE d'hORACE 153
dansTorigine, d'une dipodie trochaïque et d'une tripodie logaédique. Il n'en est pas de même pour Thendécasyllabe et l'ennéasyllabe alcaïques. Ils commencent tous les deux par une syllabe de prélude, longue ou brève; c'est ce qui nous empêche de claâser le dernier parmi les vers iambiques : la pentapodie iambique est toujours pure chez les dramatiques grecs ^ Ici, comme ailleurs, Horace a voulu établir une règle fixe ; il l'a fait du moins dans le quatrième livre, où la syllabe initiale des deux vers est invariablement longue, règle que Stace a adoptée. Mais sa tendance est déjà manifeste dans les livres précédents. L'initiale n'est brève que par exception : sur 634 hendécasyllabes, on ne trouve que dix-sept fois l'anacruse brève. Il y en a douze cas dans les deux premiers livres : I, 9, 1, « Vides ut alta stet nive candidum » ; 27, 17, « Amore peccas » ; id., 22, « Magus venenis »; 31, 9, « Premant Calena » ; id,, 17, « Frui paratis » ; 35, 37 et 38, « Metu deorum continuit : quibus Pepercit aris » ; 37, 22, « Perire quœrens »; II, 1, 6, « PericulossB plénum opus aleae »; 7, 22, « Ciboria expie » ; 9, S, « Amice. Valgi »; 14, 6, « Amice, places inlacrimabilem ». On en trouve cinq dans le troisième livre : III, 1, 2, « Favete linguis »; id., 26, « Tumultuosum sollicitât mare »; 3, 34, « Inire sedes »; 4, 78, « Reliquit aies » ; 6, 22, « Acerba virgo ».
De même, sur 317 ennéasyllabes, neuf seulement ont l'anacruse brève ; une seule se rencontre au troisième livre : III, 3, 71, « Referre sermones ». Voici les huit autres :
Stetere causîP, cur périrent.