‹ Des variations de la langue et de la métrique d'Horace dans ses différentsChapitre 70 sur 83 · Labitur ripa Jove non probante u · texte numérisé non relu

Labitur ripa Jove non probante u

xorius amnis.

Hic vivum mihi cespitem, hic.

Pestemque a populo et principe Csesare in.

Incude diffingas retusum in.

^. Plena miraris positusque carbo in.

ET DE LA MÉTRIQUE d'hORACE 179

surtout du quatrième livre, où Ton ne trouve qu'un seul cas semblable :

Procidit late posuitque collum in.

Il est à noter aussi que le Chant Séculaire lui-même, composé de strophes saphiques, dont les vers étaient plus étroitement liés que ceux d'aucune autre strophe, ne présente pas un seul exemple de ce genre d'élision. Sur ce point également, les dernières œuvres se rapprochent donc des premières, puisque dans les Epodes on ne rencontre pas d'élision à la dernière syllabe. Horace y obéit manifestement à la double tendance, qui dominera chez ses successeurs, d'éviter les élisions et de séparer plus complètement les vers.

En général, la césure, comme la fin du vers, exclut l'élision, quoique cette règle soit moins rigoureusement observée. L'élision se fait exceptionnellement entre les deux syllabes que sépare la césure. Il y en a des exemples dans tous les livres d'Horace, mais le nombre en est sensiblement plus considérable dans le troisième livre des Odes. C'est dans les Epodes et dans le quatrième livre des Odes qu'on en rencontre le moins.

De même que l'élision se fait, par exception, sur la dernière syllabe du vers, on la rencontre également sur le monosyllabe que suit la césure, comme dans le vers :

At dixi fluere hune lutulenium.

Chez Horace comme chez Virgile, le monosyllabe est le plus souvent alors la conjonction et, et l'élision a pour effet de relier plus étroitement les deux hémisti-

ches. Les exemples de ce genre d'élision sont assez nombreux dans toutes les œuvres d'Horace, sauf dans le quatrième livre des Odes, qui n'en renferme aucun, et dans les Epodes, qui en présentent deux seulement, dans des trimètres d'ailleurs irréguliers :

Pavidumque leporem et advenam laqueo gruem.

(Epo. 2, 35.)

Exsucta uti medulla et aridum jecur.

(Epo. 5, 37.)

Il y en a huit dans les deux premiers livres des Odes, onze dans le troisième; trois fois seulement le monosyllabe est autre que et :

Nos, Agrippa, neque hœc dicere nec gravem.

Turpe commissum an vitiis carentem.

Possit diruere aut iunumerabilis.

Dans les hexamètres lyriques, Horace évite ces sortes d'élisions; les deux seuls exemples qu'on en trouve sont très justifiables :

Et prseceps Anio ac Tibumi lucus et uda.

At tu, quicumque es felicior atque meo nunc.

(Epo. 15, 17.)

L'élision, comme nous venons de le voir, joue un grand rôle par rapport à la liaison des vers entre eux. Ce point de vue a son importance, non seulement dans les strophes, mais dans les hexamètres eux-mêmes. Horace, en effet, dans les Epîtres, et plus encore dans les Satires, semble s'appliquer à rompre la cadence ordi-

ET DE LA MÉTRIQUE d'hORACE 181

naire de la poésie épique, par la manière de lier les vers entre eux. En règle générale, on peut dire que, si les poètes épiques terminent fréquemment la pensée dans le commencement du vers suivant, Horace aime à la commencer dans la fin du vers précédent ; souvent même il fond ensemble deux vers consécutifs, en plaçant, à la fin du premier, des termes sans valeur propre, des conjonctions, des pronoms relatifs, des prépositions monosyllabiques, comme et, si, qui, quod, cum, ut, ne, an, car, ou dissyllabiques, comme inter, ergo, nempe, porro, quorum, namque, atque; ce dernier se trouve à la fin de trente-cinq vers environ, tandis qu'on ne le rencontre que deux fois chez Virgile [En., XII, 355 et 615). Horace l'emploie de la même manière dans deux vers saphiques :

Rébus angustis animosus atque Fortis appare.

Muniant angues caput, ejus atque Spiritus tœter ». •

1. Bien que cette fin de vers, ejiis atque, soit tout à fait prosaïque, et que a description de Cerbère dans ces termes puisse paraître un hors-d'œu- Tre, nous n'oserions supprimer la strophe, encore moins la pièce entière. Orelli cite (A. P. 416) trois alexandrins d'Ovide, de Properce et de Manilius, terminés par atque. Le pronom t>, de son côté, se rencontre plus d'une fois chez Ovide {Tristes, 3, 4, 27; Met,, 8, 16), et chez Virgile, En., l, 413, et IV, 479, où il est deux fois :

Quœ mihi reddat eum vel eo me solvet amantem.

Lucien Millier ne veut pas qu'Horace ait pu dans une ode employer le mot « tseter >, dont Ovide et peut-être TibuUe et Properce n'ont pas fait usage. Il se trouve fréquemment néanmoins, non seulement chez les anciens poètes, chez Catulle, chez les chrétiens, mais aussi chez Sénèque, Virgile et même Cicéron.

Le premier livre des Satires a près de soixante-dix vers terminés par un mot de cette nature ; le deuxième en a autant, ainsi que le premier livre des Epîtres. On remarque une différence notable entre celui-ci et le deuxième livre des Epîtres, qui en compte à peine quarante.

Malgré l'étroite liaison qu'il établit ainsi entre ses vers, Horace, comme nous l'avons vu, n'a que deux vers hypermètres, tous les deux dans le premier livre des Satires, et encore dans ces deux cas la voyelle élidée est-elle une particule enclitique.il a évité également, dans ses hexamètres, de couper les mots par la fin du vers, à l'exemple de Lucilius ; à peine a-t-il à quatre reprises séparé les mots réunis par composition. Il y en a deux cas dans les Satires et deux dans les Epîtres :

Rem patris oblimare, malum est ubicumque. Quid inter Est in matrona, ancilla peccesve togata ?

Age, si et stramentis incubet unde Octoginta annos natus.

Quanto cum fastu, quanto molimine circum Spectemus vacuam Romanis vatibus sedem.

(Epi. H, 2, 93-94.)

Mirabor, si sciet inter Noscere mendacem verumque beatus amicum.

Nous ne comptons pas trois autres cas, S. I, 9, 51-S2, « uni-cuique » ; Epi. II, 2, 188-189, « unum-quodque »; et A. P. 290-291, « unum-quemque », puisque « unus quisque » se rencontrent, même en prose^ séparés par d'autres mots.

Un lien plus étroit unit les vers qui composent les strophes, et particulièrement les saphiques. Dans ces

ET DE LA MÉTRIQUE d'hORACE 183

dernières seules on trouve la tmèse d'un mot coupé par la césure finale :

Labitur ripa Jove non probante uxorius amnis.

Thracio bacchante magis sub interlunia vento.

Grosphe, non gemmis neque purpura vénale neque auro.

Il est à remarquer que cette espèce de tmèse ne tombe qu'entre le troisième et le quatrième vers de la strophe. Le quatrième livre des Odes n'en présente aucun cas, non plus que le troisième, si toutefois dans l'ode Impios parrsB il faut lire, non inlidere^ mais, comme nous le pensons :

Potes hac ab omo Pendulum zona bene te secuta Lœdere collum.

Au contraire, comme nous l'avons remarqué, les vers dits hypermètres se rencontrent dans des strophes saphiques et asclépiades des deux derniers livres, aussi bien que du premier; les Epodes seules n'en offrent aucun exemple.

Les vers de la strophe alcaïque sont mieux séparés ; on n'y trouve que deux couples reliées par une élision de la finale :

Sors exitura et nos in seternum Exsilium impositura cumbse.

Cum pace delabentis Etruscum In mare, nunc lapides adesos.

Dans ces deux cas, Télision tombe entre le troisième et le quatrième vers. Le quatrième livre ne présente aucun exemple semblable. Cependant le vers de la strophe alcaïque se termine fréquemment par la conjonction el ou la préposition m, souvent rattachées au mot précédent par une élision; ce dernier cas ne se rencontre pas non plus dans le quatrième livre.

Un autre raffinement est particulier à ce dernier recueil. Dans les autres odes, comme dans les Epodes, Horace admet un certain nombre d'hiatus entre les vers de la même strophe ; on en trouve entre le premier et le deuxième vers ^, aussi bien qu'entre le deuxième et le troisième de la strophe saphique ^. La strophe alcaïque en présente un plus grand nombre entre les vers 1 et 2, 2 et 3, 3 et 4 : il y a six exemples du premier cas ^, quatre du second ^ et neuf du troisième ^. Au quatrième livre, les vers d'une même strophe ne sont jamais séparés par l'hiatus; il est toujours admis, bien entendu, entre les strophes.

Page 1