‹ Des variations de la langue et de la métrique d'Horace dans ses différents ouvragesChapitre 1 sur 87 · OBJET DE LA THÈSE · texte numérisé non relu

OBJET DE LA THÈSE

Parmi les variations que présentent la langue et la métrique dans les œuvres diverses d'Horace, les unes proviennent de la différence des genres et des sujets; les autres doivent être attribuées au progrès incessamment recherché et graduellement accompli par le poète même. Il est donc nécessaire d'étudier ces poëmes dans leur succession chronologique. SU est toujours important, pour l'intelligence et la saine appréciation d'un auteur, de connaître, autant que possible, la date de ses écrits, et les circonstances où ils se sont produits, combien l'intérêt de cette étude redouble lorsqu'il s'agit d'un de ces ouvrages dont le principal objet est l'écrivain lui-même !

Or, c'est là le caractère et le charme particulier de ce petit volume, éternellement admiré, éternellement

muse d*Horace soit devenue chaste, dana raoceptîon moderne du mot; mais, du moins, on ne renoontra plus, comme dans les épodes et Iqs premiàrest âatiraSy ces crudités de termes et d'images qui font reculer le traducteur K

Dans les odes également, Horace s-élève par degrés à mesure que ses ailes se fortifient. Dans le premier livre, cinq ou six pièces à peine renferment une pensée politique ou religieuse, vingt-cinq au moina sont consacrées aux aventures personnelles, aux sentiment^ individuels, à Tamitié, à l'amour, au plaisir. Quelques^ unes sont de simples thèmes ou des imitations, comme les trois pièces consacrées à Mercure, à Vénus, àNérée*

Le deuxième livre ne diffère pas sensiblement, pour le foi\d, du premier, avec lequel il a été publié; noua y voyons une banalité mythologique, Bacehusin remoHs\ deux pièces sur des incidents personnels, Ule et ne/asto, et Cup me querehs; huit où il chante le plaisir et Vamitié ; deux seulement où il traite des sujets politiques, Mofum ex Metelio, et Jam pauca aratra. Cette dernière., soua forme d'iqvective, rappelle Tôpode Quq^ guo^^ sc^ksH^ ruitis. Dans six autres poèmes, Fauteur, obéissant h. son penchant naturel, moralise directement, et prô* ehe le mépris de la richesse, Tamour de la médiocrité et du plaisir tranquille.

Le troisième livre est plus grave, d'une inspiration plus haute, d'un intérêt plus général, La moitié seule-, ment des odes qui le composent sont consacrées aux impressions personnelles, au plaisir, aux fantaisies d\^ littérateur. Dix pièces au moins traitent des sujets plus

1. Les vers 48-50 de la septième satire font exception; mais ils sont pla^ ces daï^« la bouche de Tesclave Davus.

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relevés : le poète vise de plus en plus à instruire, mais il ne se borne plus à enseigner qu'il faut jouir proinpte<« ment d'une vie éphémère et fuir les soucis inséparables de la richesse et de la grandeur : ce n'est pas au bien-être, c'est à la vertu qu'il veut guider ses concitoyens. L'or n'est pas seulement un obstacle au bonheur ; il est l'auteur des trahisons, des meurtres, des adultères. Tantôt ses conseils s'adressent au pouvoir, qu'il exhorte à respecter la volonté des dieux, à régler la force par la raison, à réfréner la licence; tantôt au peuple, qu'il veut ramener au culte des antiques vertus et de l'antique religion* Comme il s'écarte du troupeau d'Épicure, lorsqu'il exalte, sur le ton d'un stoïcien et d'un Caton, l'inflexible volonté du juste, que la ruine du monde écraserait sans l'efirayer ; lorsqu'il vante le bonheur et la gloire de mourir pour la patrie ; lorsqu'il veut ramener l'origine et la fin de toutes choses à ces dieux immortels, vengeurs du crime et de l'impiété ! Est-ce bien l'auteur des Satires et des Epodes qui flétrit l'épouse infidèle avec Tindignation d'un JuvénaP? Est-ce bien lui qui coudamne l'adultère, non plus parce qu'il en redoute les in* Qonvénients et les périls, mais parce que de celte source impure sont sortis les désastres de la patrie ^ ? Sans doute, Horace est toujours l'homme sensuel, délicat, aimable, des premières odes ; plus d'un poëme du troi* sième livre nous le montre sous ces mêmes couleurs; mais son inspiration a pris un essor nouveau : il

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