Totidem olfecisse lucernas
Quot stabant pueri, cum totus decolor esset Flaccus et hsereret nigro fuligo Maroni.
(Epi. I, 20, 17, et Juvénal, 7, 225.)
4. Suét., De Vita -H"., p. 47, éd. Reifferscheid : « Venerunt in manus meas et elegi sub titulo ejus et epistola prosa oratione quasi commendantis se Mœcenati. Sed utraque falsa puto. Nam elegi vulgares, epistola etiam obscura. quo vitio minime tenebatur ».
puis Charisius etDiomède, confirment par d'innombrables renseignements l'authenticité, ou du moins l'antiquité de toutes les pièces lyriques. Diomède, il est vrai, ne mentionne pas les deux odes saphiques, 1, 22, « Integer vitae », et I, 25, « Parcius junctas » . Mais la première est citée par Victorinus et môme par Lactance, qui est beaucoup plus ancien ^ La deuxième est connue de Victorinus et de Servius ^,
Il est vrai aussi que Diomède omet également deux •pièces alcaïques : II, 1 S, « Jam pauca aratro », et I, 33, « diva gratum » ; mais Priscien cite les vers 14-16 de la première : « Nulla decempedis Metata privatis opacam porticus excipiebat Arcton^ ». Le vers 17 : « Nec fortuitum spernere cespitem », est cité par Servius, outre qu'un passage de Quintilien offre une paraphrase volontaire du début : « An ego fundum cultiorem putem in quo mihi quis ostenderit lilia et violas et anemonas, fontes surgentes quam ubi plena messis aut graves fructu vites erunt? Sterilem platanum tonsasque myrtos quam maritam ulmum et uberes oleas praeoptaverim? » [Inst.^ VIII, 3, 8). Quant à l'ode « Diva gratum », elle a pu être confondue avec la précédente, écrite dans le même mètre, erreur où tombent souvent les manuscrits, et commise en particulier par Victorinus qui compte de cette façon sept pièces alcaïques dans
1. Lact., Inst. Biv.y V, i7 : « Flaccus tantam esse dixit innocentise vim, ut ad tutelam sui non egeat nec armis nec viribus, quacumque iter fecerit ».
2. Vict., 2605; Serv., ad jEn„ II, 407 : « Apud Horatium furiare, sic fortunare, sic siderare ».
3. Prise, VI, 27, et VIII, 20, Les vers sont cités à propos du genre de « porticus » et de la voix de « metata ». Serv. ad JEn., VI, 179, à propos de la quantité de « fortuitum ».
le I®' livre, au lieu de dix, dix au lieu de douze dans le 11% et trois au lieu de quatre dans le IV®.
Si donc quelques pièces apocryphes ont été intercalées, c'est à une époque très rapprochée de l'auteur, et, pour cette raison môme, elles ne peuvent pas être nombreuses. Mais, dans les pièces dont l'ensemble ne peut être contesté, n'y a-t-il pas des interpolations? Ne rencontre-t-on pas des termes prosaïques, qui ne doivent pas être d'Horace, des expressions obscures, des mots d'une latinité contestable, des licences métriques, des faiblesses de toute nature ? Combien de développements peuvent être supprimés sans inconvénient, et même au grand profit de l'ordre et de la logique ^ ? La mythologie surtout fournit une ample matière aux soupçons de la critique. C'est ainsi que l'on veut ôter au poète tout ce qui semble indigne de l'idéal que l'on a conçu de sa perfection, et que l'on conteste jusqu'à des vers, appuyés non seulement sur l'autorité des manuscrits et des grammairiens, mais sur des allusions de Perse et des citations de Quintilien^. Ne serait-il pas
1. La tentative de Prien doit être mentionnée pour Toriginalité du point de vue, et pour le soin, le travail et la finesse apportés dans une tentative des plus hasardeuses. Suivant lui, toutes les odes peuvent se diviser en deux parties égales et symétriques. Il ne s'agit que de retrouver la strophe et Tantistrophe, et de supprimer tout le reste. (Rhein. Mus., 1858.
2, Non equidem hoc dubites amborum fœdere certo Consentire dies et ab uno sidère duci ;
Nostra vel œquali suspendit tempora Libra Parca tenax veri ; seu nata fidelibus Hora Dividit in geminos concordia fata deorum Saturnumque gravera nostro Jove frangimus una, Nescio quod, certe est, quod me tibi temperet, astrum.
(0. II, 17, 17. — Perse, 5, 48.)
0. I, 12, 40. — Quint., IX, 3, 18 : « Potest enim déesse alterum nam, et apud Horatium illud Fabriciumque. Hune et intonsis Curium capillis ».
plus naturel et plus simple de chercher à mieux pénétrer les secrets de la composition d'Horace, de sa langue et de sa métrique? Combien de fois serait-on amené à reconnaître que tel développement, accusé d'être un horsd'œuvre, a été introduit en vertu d'un procédé général, le poète aimant à dérober son plan, aussi bien dans les odes que dans les épîtres et les satires? Que de passages seraient réhabilités, après avoir été les victimes de fausses interprétations! Au lieu de chercher dans les odes ce qui est d'Horace et ce qui n'est pas d'Horace, au lieu de vouloir découvrir des interpolations si anciennes qu'on peut les faire remonter, suivant Texpression spirituelle d'un éminent critique ^, jusqu'à Horace lui-môme, ne serait-il pas juste de reconnaître que parfois nous ne comprenons pas suffisamment le texte, et que souvent les odes ne répondent pas exactement à l'idéal que nous nous faisons de la poésie lyrique? Il serait impossible, et en tous les cas hors de notre sujet, de discuter les interpolations que Peerlcamp, Gruppe, Lehrs et leurs imitateurs ont voulu voir dans le texte de notre poète : aussi bien les auteurs de ces découvertes se réfutent réciproquement ; Tun conserve ce que les autres réprouvent, et chacun taille à sa guise, de telle façon que, si l'on admettait toutes les critiques comme fondées, de l'immortel Horace il resterait à peine des fragments, peu faits pour justifier l'admiration enthousiaste de tous les siècles et de toutes les nations ^.
1. W. Teuffel, Die horazische Lyrik undderen Kritik. Tubingen.
2. Voir, à propos de quelques odes du premier livre, un article judicieux et spirituel de M. G. Boissier, dans la Revue de Philologie, 1878, p. 204 et sq.
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Nous nous contenterons de faire remarquer que les observations de la science moderne confirment l'authenticité du texte. On a reconnu récemment que les odes sont toutes divisées en quatrains; on a mis en lumière des différences sensibles d'un recueil à l'autre, au point de vue de la métrique. Par quel hasard miraculeux les interpolateurs auraient-ils respecté des lois que les grammairiens anciens n'avaient pas soupçonnées? Ne trouvons-nous pas, par exemple, une preuve frappante à l'appui de notre assertion dans l'ode I, 12, « Quem virum aut heroa », que Ton a voulu écourter de plusieurs façons? Cette pièce est une imitation manifeste d'une ode de Pindare K La deuxième Olympique se divise en cinq péricopes, dont chacune renferme une strophe, une antistrophe et une épode. Or, l'ode d'Horace, telle que nous la possédons, se divise précisément en quinze strophes, groupées trois par trois. Chaque triade forme un sens complet et peut être suivie d'un point ^. Gomme on ne peut voir l'effet du hasard dans cette coïncidence entre le modèle grec et l'imitation latine, il faut conclure qu'aucune strophe ne s'est intercalée dans le texte primitif; et, si le détail présente quelque difficulté, ce n'est pas à des hypothèses de cette nature que les commentateurs doivent recourir.
Est-ce à dire que, conservateur à outrance, nous repoussions absolument la possibilité de toute interpolation? Ce serait tomber dans un autre excès, moins dangereux à la vérité. Nous admettons qu'il a pu s'introduire
1. Pind. ^e 01. : 'Ava^KpopjJLiYY^ç ^{f^'ioi Tiva 0£bv,Tiv' %(*)a, Ttva B'
àvSpa x£XaSéGroiJi.£v.
2. Christ, Verskunst des H. (Sitzungsberichte der Konigl. bayer. Acad. der Wissenschaften zu MUnchen, 1868.)
quelques passages apocryphes , nous le reconnaîtrons plusieurs fois, et nous ne nous appuyerons, qu'en faisant nos réserves, sur les vers contestés avec quelque vraisemblance. En tous les cas, ils sont rares, et le terrain sur lequel nous nous avançons, nous osons TafOrmer, présente la solidité nécessaire à l'exploration minutieuse que nous avons entreprise.
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