‹ Des variations de la langue et de la métrique d'Horace dans ses différents ouvragesChapitre 28 sur 87 · II. — Néologismes · texte numérisé non relu

II. — Néologismes

Si Horace a l^ejeté presque entièrement les formes archaïques, et cela avec une rigueur croissante à mesure qu'il approche de sa perfection, il a voulu, au contraire, enrichir la langue latine d'expressions nouvelles. Luimôme dit, dans sa lettré à Florus, que ce doit être là un des soucis du poète :

Adsciscet nova, quse genitor produxerit usus. Veniens et liquidus puroque siiuillimus amni Fundet opes Latiumque beabit divite lingua '.

Il revient sur ce sujet dans l'Art Poétique, où il donne les règles relatives à ces créations, et où il se défend, en même temps qu'il défend Varius et Virgile, contre ceux qu'épouvante la nouveauté :

Quid autem Csecilio Plautoque dabit Romanus ademptum Virgilio Varioque ? Ego cur, adquirere pauca Si possum, invideor, quum lingua Catonis et Enni Sermonem patrium ditaverit et nova rerum Nomina protulerit *?

Ce témoignage d'Horace sur lui-même est confirmé par celui de Quintilien : « Horatius varius figuris et verbis felicissime audax » ^. Mais pouvons-nous distinguer dans notre poète les expressions qu'il a créées? Tout ce qu'il est possible de faire, c'est de chercher quels mots et quelles formes ne se rencontrent pas dans les écrits antérieurs; mais, en présence du petit nombre de textes qui nous sont parvenus, les résultats d'une pareille enquête sont loin de présenter le caractère de la certitude. On est réduit à des conjectures plus ou moins vraisemblables.

La méthode à suivre consiste à dresser d'abord la liste des termes qui ne se rencontrent pas avant Horace ^. Il faut en éliminer ceux qui n'auraient pas

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