IV, 14, 2Q
Sed quse Tibur aquse fertile prœ/lunnt.
Rite deos prius adprecati.
Hœc Janus summus ab imo Prodocet, hsec recinunt juvenes dictata senesque.
(Epi. I, 1, 55.) Nil cojiscire sibi, nuUa pallescere culpa.
(Epi. I, 1, 61.)
SoUicitis animis onus eximit, addocet artes.
(Epi. I, 5, 18.)
Acriter elatrem, pretium œtas altéra sordet.
(Epi. I, 18, 18.)
Corporis exigui, prœcanum, solibus aptum.
(Epi. I, 20, 24.)
Et studiis annos septem dédit inseniiitqiie Libris et curis.
(Epi. II, 2, 82.)
Adsiàtur pannus, cum lucus et ara Dianso.
Ridetur, chorda qui somper oberrat eadem.
Le verbe inemori, composé avec deux prépositions conservant toutes les deux leur signification distincte, est un cas isolé. Dans quelques mots analogues, « in » est une particule négative : « inrevocatus, inretortus »; l'un des deux préfixes a perdu sa valeur, comme dans « inresectum », synonyme de « non sectum » ; la signification propre de « re » , de « con » , a disparu de môme dans « inrepertum » et dans « disconvenit ». « Inemori » constitue, par conséquent, une hardiesse toute particulière qui ne se rencontre pas ailleurs que dans les Ëpodes.
En résumé, à part les Satires, où Horace a peu in- • venté, toutes les œuvres présentent un nombre assez grand de formes nouvelles. Sauf un petit nombre d'exceptions dans les Epodes et dans le quatrième livre des Odes, les créations d'Horace sont parfaitement conformes au génie de la langue latine, et aux habitudes de son temps, « signatum praesente nota ». H semble s'être imposé à cet égard une réserve plus grande encore dans les Epîtres où, d'autre part, les mots nouveaux sont les plus abondants. Somme toute, d'un examen attentif de ces néologismes, il faut conclure qu'ils ne suffisent pas à expliquer la couleur particulière de la langue d'Horace, tant il s'est montré, même lorsqu'il invente le plus, circonspect et réservé,
a In verbis etiam tennis cautusque serendis » .
Son originalité vient plutôt de l'usage qu'il a fait des mots existants, dont il sait à merveille étendre ou restreindre le sens, qu'il unit entre eux par des alliances nouvelles ou rares, et qu'il plie de vingt façons à reproduire les tours de la langue grecque, ce modèle qu'il a sans cesse devant les yeux. U se distingue plus encore de ses contemporains par le style et la syntaxe que
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par son lexique. Il serait impossible de dresser un catalogue de tout ce qui lui appartient en propre dans une langue si travaillée, si ingénieuse, et si souple : nous allons du moins essayer de déterminer ce qu'il doit particulièrement à la Grèce, et Tusage qu'il a fait de ses emprunts.