Cf. Indebedou. De uru infini fit i apud JL 1875, Uj/^L
Fabula quem miserum gnato vixisse fugato Inducit.
(S. I, 2, 21.) Plurima, quse invideant pure apparere tibi rem.
Omnes Gestiet a furno redeuntes scire lacuque.
Vincet enim stultos ratio insanire nepotes.
Sulfura contemni vicus gémit.
(Epi. I, 15, 7.)
Ploravere suis non respondere favorem
Speratum meritis.
(Epi. II, 1,9.)
Cum lamentamur non apparere labores.
(Epi. II, 1, 224.)
Nec quodcumque velit poscat sibi fabula credi.
Dans le Chant Séculaire, v. 73-74, on voit une tournure semblable :
Hœc Jovem sentire deosque cunctos Spem bonam certamque domum reporto.
Mais ailleurs il n'^y en a pas. Dans le vers suivant, en effet, le mot « mutatos » est un véritable participe, et non un infinitif :
Heu quoties fidem Mutatosque deos flebit.
De môme :
Aut cistam effractam et subducta viatica plorat, Ssepe periscelidem raptam sibi flentis *.
(Epi. I, 17, 54 et 56.)
1. Indebedou, ouvr. cité, nous semble commettre une erreur lorsqu'il voit une proposition infinitive, S. I, 6, 130 : « His me consolor victurum suavius ac si ».
ET DE LA MÉTRIQUE d'hORACE 117
Dans le passage suivant, la tournure devient moins prosaïque par une espèce d'anacoluthe ou d'ellipse :
Et potius nova Cantemus Augusti tropsea Csesaris et rigidum Niphaten Medumque flumen gentibus additum Victis minores volvere vertices, Intraque prœscriptum Gelonos Ëxiguis equitare campis.
Il arrive fréquemment à Horace d'alléger la même tournure par l'ellipse du sujet indéterminé de l'infinitif. C'est ainsi que, après les verbes marquant un ordre ou une défense, l'infinitif actif se rencontre à la place du passif, que l'on préférerait en prose :
Imbellisque lyrœ Musa potens vetat Laudes egregii Cresaris et tuas Culpa deterere ingeni.
Hue vina et unguenta et nimium Iv.eves Flores amœnse ferre jubé rosse.
Nec fortuitum spernere cespitem Leges sinebant, oppida publico Sumptu jubentes et deorum Templa novo decorare saxo.
Très prohibet supra Rixarum metuens tangere Gratia.
Antenor censet belli prcecidere causam '.
(Epi. I, 2, 9.)
1, Au contraire, avec le sujet exprimé : 0. I, 4, 15, « Vitse summa brevis spem nos vetat inchoare longam »; G. IV, 8, 28, « Dignum laude virum Musa vetat mon ». Cf. Epo. 14, 6 ; G. III, 27, 15 ; IH, 2, 26,
A part le dernier exemple, qui n'est pas le moins hardi, cette construction, assez rare en prose, ne se rencontre chez Horace que dans les Odes. Dans VArt poétique j V. 13S,
Nec desilies imitator in artum, Unde pedem proferre pudor vetet aut operis lex,
on supplée te; les exemples semblables de pronoms personnels à l'accusatif sous-entendus, et facilement suppléés devant l'infinitif, sont très fréquents partout, surtout après « gaudeo » et ses analogues. La construction est aussi un peu différente. Epi. I, 7, 14, « Non quo more piris vesci Calaber jubet hospes », où il faut suppléer a hospitem » ou k quemdam ».
Lorsque rinfinitif. sert de sujet, on peut aussi presque toujours sous-entendre un pronom personnel ou indéfini. Il faut suppléer te dans les exemples suivants :
Nec quidquam tibi prodest Aerias tentasse domos.
Quid proderit ditasse Pselignas anus.
(Epo. 17, 60.)
Quorsum pertinuit stipare Platona Menandro ?
C'est <ï aliquem » dans les suivants :
Nonne, cupidinibus statuât natura modum quem, Quid Ratura sibi, quid sit dolitura negatum, Quœrere plus prodest et inane abscindere soldo ?
(S. I, 2, 113.) Quo pertinet ergo Proceros odisse lupos ?
Mais l'infinitif avec son régime se comporte comme un vrai substantif dans ces vers :
Non cuivis homini contingit adiré Corinthum.
(Epi. I, 17, 36.)
Romse nutriri mihi contigit atque doceri.
(Epi. II, 2, 41.)
Toutes ces constructions, conformes à l'usage latin, se trouvent chez Gicéron avec les mêmes verbes, «prodest, pertinet, contingit y>. Mais l'imitation du grec est sensible dans d'autres cas :
Namque pila lippis inimicum et ludere crudis.
Sed vincit longe prius ipsum Expugnare caput.
Ire tamen restât Numa quo devenit et Ancus.
lEpl. I, 6, 27.)
Ce dernier exemple est analogue à l'hellénisme de est dans le sens de licety déjà employé par Térence et Salluste ; il se rencontre assez fréquemment dans les Satires, une fois dans les Epodes, une fois dans les Epîtres :
Plus haurire mali est quam ex re decerpere finictus.
Cois tibi psene videre est.
Mansuri oppidulo quod versu dicere non est.
Est Gaudia prodentem vultum celare.
Neque est Levare tenta spiritu prsecordia.
(Epo. 17, 26.)
Est quadam prodire tenus.
(Epi. 1, 1, 32.)
Les Odes n'ont aucun cas semblable, mais on y lit la tournure « est ut », 2(jtiv Stcwç, usitée par Gicéronj et qui se trouve aussi dans les Epîtres :
Est ut viro vir latius ordinet Arbusta sulcis.
Non est ut copia major Ab Jove donari possit.
(Epi. I, 12, 2.)
Dans les Epodes seulement on trouve un hellénisme semblable, l'infinitif après ce habeo » :
An melius quis habet suadere ?
(Epo. 16, 23.
Horace emploie volontiers dans tous ses écrits la tournure de l'infinitif dépendant d'un passif avec le sujet au nominatif :
Rusticus urbanum murem mus paupere fertur Accepisse cavo.
Hœc ego procurare et idoneus imperor.
(EpL I, 5, 21.)
Qui Formiarum mœnia dicitur Princeps et innantem Maricse Littoribus tenuisse Lirim ».
(0. in, 17, 6.)
Il suit en cela la syntaxe de la prose ; mais il aime à se servir aussi de la tournure toute grecque où l'infinitif passif se rattache directement au verbe actif ayant le même sujet, et ne fait, pour ainsi dire, qu'un avec lui, en sorte que les attributs se mettent au nominatif. Même
1. Cf. s. II, 3, 169; G. II, 19, 25; III, 16, 27; Epi. 1, 16, 32, etc.
ET DE LA MÉTRIQUE d'hORACE 121
sans attribut, les Satires ne présentent pas cette construction, assez fréquente ailleurs ^ . L'attribut au nominatif par attraction ne se rencontre guère que dans les Odes et les Epîtres :
Semper ego optarim pauperrimus esse bonorum '.
Filius Maise patiens vocari Csesaris ultor.
Hic âmes dici pater atque princeps.
Sœvis Liburnis scilicet invidens
Privata deduci superbo
Non humilis mulier triumpho.
Si quseret pater urbium Subscribi statuis.
Uxor invicti Jovis esse nescis.
Sive tu Lucina probas vocari.
Incipiam patiarque vel inconsultus habeijj.
(Epi. I, 5, 15.)
Vir bonus et sapiens dignis ait esse paratus.
(Epi. I, 7, ^Z,)
Cum pateris sapiens emendatusque vocari.
(Epi. I, 16, 30.
Vir bonus et prudens dici delector ego ac tu. . (Epi. I, 16, 32.)
Dura vult libertas dici mera veraque virtus.
(Epi. 1, 18, 8.)
1. Epo. 11, 23; 0. III, 6, 21 ; 0. IV, 4, Q2:, Epi. 1, 1, 29; Epi. I, 20, 4 ; A. P. 90.
2. S. n, 4, 61, nous croyons qu'il faut lire « Flagitat in morsus refici »
Dum studet urbanus tenditque disertus haberi.
(Epi. 1, 19, 16.)
Prœtulerim scriptor delirus inersque videri *,
(Epi. II, 2, 126.)
Deus immortalis haberi Dum cupit Empedocles.
De ces nombreux exemples, un seul appartient aux Satires. Au contraire, c'est dans les Satires et les Epîtres seulement que l'on rencontre la proposition complétive, composée d'un substantif ou d'un pronom avec un adjectif ou un participe à l'accusatif, par l'ellipse du verbe « esse » :
Solos felices vi ventes clamât in urbe.
Neu si te populus saniim recteque valentem Dictitet 2.
(Epi. I, 16, 21.
La tournure est un peu difiTérente avec le verbe a spero», 0. I, S, 10 : a Qui sempervacuam semper amabilem Sperat ». Il faut sous-entendre oîSaav, et non « fore », comme le montre un autre exemple :
Non si me satis audias,
Speres perpetuum dulcia barbare
Lsedentem oscula.
Passons aux constructions où l'infinitif est plus indéterminé, et où il complète l'idée du verbe principal, qui lui sert en quelque sorte d'auxiliaire.
1. Epi. I, 1, 29, « Non tamen idcirco contemnas lippus inungi », « lippus » se relie directement au sujet.
2. Cf. S. I, 2, 130 ; I, 1, 84 ; II, 3, 53 ; id. 305 ; Epi. I, 16, 27 ; II, 2, 20.
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Horace, comme tous les poètes, a donné une grande extension à cette tournure. Les verbes suivis à toutes les époques de l'infinitif qui les complète sont en assez petit nombre ; c'est « possum, queo, nequeo, scio, debeo, volo, cupio, gestio, gaudeo, studeo, cœpi, contendo, cogo, conor, euro, videor, decet », etc. Mais à côté de ceux-là, il faut distinguer deux catégories : les uns ont été employés de cette façon, mais plus rarement, et surtout par les poètes Plante, Térence, Lucrèce; d'autres apparaissent pour la première fois chez Virgile et Horace, ou chez ce dernier seulement ^
Ceux de la première de ces deux catégories sont assez fréquents dan& toutes les œuvres d'Horace. Dans les Satires, on rencontre a disco, parco, metuo, valeo, meditor, laboro, quaero, recuso, opto, caveo », dont les quatre premiers ne se trouvent ainsi auparavant que chez les poètes, a Expeto » (Epo. 11,3) est déjà chez Cicéron. Les Odes présentent avec l'infinitif, contrairement à l'usage ordinaire, « calleo, occupe, certo, denego » ; plusieurs sont à la fois dans les Odes et dans les Epîtres : « dignor, odi, cesse, moror, fugio, formido, remitto, enitor », qui, sauf le dernier, se voient, bien que rarement, même dans la prose antérieure.
Quant aux verbes que l'on ne trouve pas avec ces constructions, même chez les poètes antérieurs, les Odes en renferment les cas les plus nombreux et les plus hardis. La plupart d'ailleurs se voient également chez Virgile, et particulièrement dans l'Enéide ; tels sont : « tendo, peto, posco, memini, impello, trepido ». En voici le tableau dans l'ordre des recueils :