‹ Des variations de la langue et de la métrique d'Horace dans ses différents ouvragesChapitre 73 sur 87 · DES VARIATIOXS DE LA LA\GUE · texte numérisé non relu

DES VARIATIOXS DE LA LA\GUE

tent aussi très peu de syllabes finales en m élidées sur une brève : il y en a six dans les Epodes, une dans le premier livre des Odes, 0. 1, 1, 16 : « Otium et oppidi », et une dans le second, 0. II, 15, 11 : « Prœscriptum et in-

tonsi».

Le troisième et le quatrième livre des Odes diffèrent sensiblement des deux premiers, et aussi l'un de l'autre. Le troisième use d'une liberté beaucoup plus grande dans l'emploi des élisions. On y trouve vingt-cinq longues élidées, dont vingt o, trois z, un e^ et môme une diphthongue, 0. III, 8, 27 : « Horœ ac». Quatre fois l'élision a lieu sur une brève : III, 4, 17, « Tuto ab atris >; erf., 31, « Temptabo et urentes »; III, 5, 21, « Vidiego civium»; III, 27, 22, « Sentiant motus orientis Austri et /Equoris... » On trouve aussi, dans le troisième livre, douze mots en m avec élision sur une brève : « Angustam amice, tutum iter, dormirem et ursis », etc.. Au contraire, dans le quatrième livre, Horace devient plus sévère que jamais : on n'y trouve qu'une voyelle longue élidée, 0. IV, 3, 24 : « Spiro et placeo », et une finale en ;/i élidée sur une brève, 0. IV, IJ, 27 : « Terrenum equitem ».

Pour ce qui concerne les monosyllabes, Horace les a élidés très fréquemment dans les Satires , très rarement ailleurs. Il y en a quatre-vingt-neuf exemples dans les Satires, et dans huit cas môme le monosyllabe s'élide sur une brève. Il faut remarquer cependant que ce n'est jamais la deuxième brève du dactyle qui s'élide ainsi; exemples : S. I, 1, 10 J, « Mi igitur »; S. I, 9, 60, (( Ilœc dum agit » ; S. II, 2, 33, « Te alio » ; S, II, 3,

même de rélisioii nous ferait incliner à supprimer, avec Fea et Peerlkamp, ce monosyllabe inutile au sens.

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4i, « Hoc si erit » ; S. II, 7, 24, « Te agat » ; id.^ 80 et S. II, 1, 74, i< Sum ego ». Non-seulement nous y trouvons élidés les pronoms me^ te^ se, tii^ qui^ et des mots indéclinables, tels que dum, cum^ num^ nam^ quam^ mais aussi le verbe siim, l'accusatif rem (S. II, 7, 67), et des formes déjà abrégées par syncope, telles que mi^ di : S.

II, 6, S4, « di exagitent ».

Dans les Epîtres, Horace est beaucoup plus réservé. On n'y trouve que quatorze monosyllabes élidés, dont dix fois me ou te (Epi. I, 1, 3 ; id., 27 ; id,, 73 ; 2, 33 ; 7, 24; n, 1, ni; 2, 79;2rf., d38;2rf.,212; A. P. 103), deux fois tu (Epi. I, 12, 14 ; 14, 41), une seule fois qui (Epi. II, 2, 133 : ce Qui ignoscere »), et une fois mi (Epi. I, 18, 112 : « mi animum »).

Dans les œuvres lyriques, le monosyllabe est élidé plus rarement encore : on en compte cinq seulement, tous devant une longue. Quatre fois c'est le pronom m^ ou t^ (Epo. S, 9: «Me intueris »; 0. II, 3, 6 : <c Te in remoto » ;

III, 29, S : a Me est»; et id., 35 : <c Me involvo »), et une fois le mot jam^ Epo. 17, 1 : « Jam jam efficaci »; encore redoublement atténue-t-il cette dernière licence. Il est à noter que le quatrième livre des Odes, dont nous avons déjà constaté la sévérité par rapport à l'élision, ne renferme aucun cas semblable.

Nous avons à considérer maintenant l'élision par rapport à sa place dans les différentes espèces de vers* On a remarqué ^ pour les hexamètres, que Télision est plus fréquente dans l'arsis que dans la thésis; cette différence est bien plus marquée dans les Epîtres. Il est facile aussi de constater que dans les Epîtres, plus généralement que dans les Satires, l'élision tombe de préfé-

li Lehrs, éd. d'Horace, Die Verschleifivng.

rence dans la première partie du vers. Mais nous trouvons une différence plus notable encore dans l'emploi de Télision aux places saillantes, c'est-à-dire à la première arsis, à la sixième thésis et à la césure principale. L'élision à la première arsis peut avoir lieu de deux manières : 1° si le vers commence par un monosyllabe ; 2° si le vers précédent est hypermètre. Le premier cas constitue une exception très rare, dont Ennius, Lucilius, Lucrèce, Catulle, Virgile et Perse ont laissé un petit nombre d'exemples ; Horace en a six dans le premier livre des Satires : S. I, 1, S2, « Dum ex parvo » ; id., 56, « Quam ex hoc fonticulo »; I, 3,27, « Quam aut aquila » ; id,, 120, ce Nam ut ferula » ; I, 6, 27, « Nam ut quisque » ; I, 9, 6, « Cum adsectaretur ». 11 n'y en a aucun dans le second livre, ni dans les Epîtres, pas plus que dans les œuvres lyriques. De même les deux seuls hexamètres hypermètres que l'on rencontre dans Horace appartiennent au premier livre des Satires :

Me Capitolinus convictore usus amicoque A puero est.

Et cornes alter, uti ne solus rusve peregreve Exirem.

Par un procédé analogue, la dernière syllabe d'un vers hypercatalectique s'élide avec la première du vers suivant, dans quelques strophes lyriques :

Dissidens plebi numéro beatorum Eximit.

Sors exitura et nos in ceternum Exsilium.

(0. Il, 3, 27.)

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Mugiunt vaccse^ tibi tollit hinnitum Apta.

Cum pace delabentis Ëtruscum In mare.

Cur facunda parum decoro Inter verba.

Plorat et vires animumque moresque Aureos educit in astra nigroque Invidet Orco.

(0. IV, 2, 22 et 23.)

Romulse genti date remque prolemque Et decus omne.

Quant à Télision tombant à la sixième thésis de Thexamètre, on n'en trouve d'exemple chez aucun classique, à part Lucilius et Horace. On trouve seulement chez Virgile, En., IX, 57 et 440, « Hue turbidus atque hue. Hinc cominus atque hinc ». Outre une fin de vers analogue, S. I, 4, f3 : « Gui mens divinior alque os », et en ne comptant pas, bien entendu, les élisions trèsnombreuses sur est, comme S. I, 2, 72 : « Magno pâtre udildipuella est », il y en a dans Horace sept autres à la sixième thésis, dont quatre dans les Satires : S. I, 1, SO, « Jugera eentum «w »; I, 3, 39, « Aut etiam ipsa hase »; H, 2, S8, « Defundere vinum et »; II, 8, 92, a Causas narraret earum et » ^; Epi. I, 6, 34, « Totidem altéra, porro etJ>; I, 7, 27, <c Reddes ridere décorum ^^ »; II, 1, 73, « Forte décorum et » ^. Il est à re-

1. s. n, 5, 97, nous lisons urge avec les meilleurs manuscrits.

2. Cette leçon est conforme au texte des bons manuscrits ; mais le manuscrit E (Monacensis Lat. 14685), avec quelques autres d'uue moindi'e au-

marquer que, dans tous les exemples tirés des Epîtres et même du deuxième livre des Satires, Télision a lieu sur lé mot et.

Le môme procédé est usité fréquemment dans les œuvres lyriques ; on en trouve environ vingt-deux exemples, sans compter six ou sept élisions sur d'autres mots que et. Quatre de ces dernières appartiennent au. premier livre des Odes ^ deux au troisième, si toutefois ac doit être conservé dans ce vers :

Dona prsesentis cape Isetus horse ac

Linque severa ».

(0. ra, 8, 27.)

Le troisième livre renferme, à lui seul, plus de la moitié des élisions tombant sur la dernière syllabe ; à cet égard encore, il se distingue des autres recueils et

torité, supprime et; rédition Keller et Holder rapproche cette période :

Inter quse verbum emicuit si forte dccorum, Si versus paulo coucinnior unus et alter,

d'une construction analogue :

Si te grata quies et priraam somnus in horam

Delectat. si te pulvis strepitusque rotarum,

Si laedet caupona.

(Epi. I, 17, 6.)

Il nous paraît préférable néanmoins de conserver la conjonction donnée parles manuscrits. les plus considérables.

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