‹ Des variations de la langue et de la métrique d'Horace dans ses différents ouvragesChapitre 72 sur 87 · L. Millier, De re metrica · texte numérisé non relu

L. Millier, De re metrica

KT DE LA MÉTRIQUE d'hORACE 171

Et properare loco et cessare et quserere et uti.

(Epi. I, 7, 57.)

Qualem commendes, etiam atque etiam aspice. ne mox.

(Epi. 1, 18, 76.)

Navem agere ignarus navis timet, abrotonum segro.

(Epi. II, 1, 114.)

Nullum ultra verbum aut operam insumebat inanem.

Dans les Odes, on ne trouve que trente et un vers avec deux élisions, dont quinze sur les mots et ou est. Un seul vers en présente plus de deux :

Pestemque a populo et principe Cœsare in.

Dans les Odes également, la voyelle longue est plus rarement élidée : ainsi, dans les passages que nous avons cités, les Epodes présentent deux longues élidées contre treize brèves ou moyennes (nous désignons par ce mot les finales suivies de m)\ les Odes, quatre longues contre huit brèves ou moyennes. Au contraire, dans les Satires, on trouve onze longues contre seize brèves et dix moyennes ; c'est à peu près la même proportion que dans V Enéide. Dans les Epîtres, on rencontre aussi à peu près autant de longues que de brèves. Cependant Horace use d'une bien plus grande liberté dans les Satires; il y élide indififéremment toutes les voyelles longues : sur les cent vingt vers que nous examinons, il y a deux e^ quatre 2 et deux o élidés ; tandis que dans les Odes et les Epîtres, il a pour habitude générale de n'élider d'autre voyelle longue que Vo. Dans les passages cités, les Epodes et les Odes ne présentent pas d'exception à cette règle qu'il s'impose ; les Epîtres, sur dix cas, n'en ont qu'une, et encore est-elle très atténuée par l'usage : Epi. II, 2, 79,

« Tu me inter » ; dans les neuf autres cas, la longue élidée est Vo final de « nemo, compono, discedo, fero, scribo ».

Pour Télision qui se fait sur une voyelle brève, il y a entre les divers recueils des différences sensibles, par rapport à la nature des syllabes élidées.

Les Satires sont de beaucoup les plus libres à cet égard. Dans les deux livres réunis, on trouve vingtquatre fois la finale longue élidée sur une brève; cependant elle n'est que trois fois, dans ce cas, précédée d'une brève, ce qui rend Télision plus dure encore : S, I, i, 59, « Tantuli eget » ; S. II, 3, 83, « Nescio an Anticyram » ; et S. II, 7, 53, « Anulo equestri ». La voyelle finale suivie de m s'élide très fréquemment sur une brève; il y en a environ soixante exemples dans les Satires, et dans quatorze la pénultième est brève également : S. I, 2, 119, « Parabilem amo »; S. I, 4, 108, « Viverem uti » ; Id.^ H7, « Traditum ab antiquis » ;

5. I, 7, 21, « Spectaculum uterque » ; S. II, 1,7, « Optimum erat » ; S. II, 2, 89, « Rancidum aprum »; td., 92, « Integrum edax » ; S. II, 3, 56, « Alterum et huic », id,j 124, « Quantulum enim » ; id., 155, « Ptisanarium oryzae » ; erf., 197, a Inclitum Ulixem » ; id., 266, « Modum habet » ; erf., 311 : « Spiritum et incessum »; S. II,

6, 85, « Aridum et ore ^ ».

Au contraire dans les Epîtres Télision d'une voyelle finale longue autre que l'o, même sur une longue, est très rare. Celle de Vi ne s'y trouve qu'une fois, A. P. 456 : « Pueri incautique », en ne comptant pas trois cas

1. On ne comprendrait pas, par conséquent, pourquoi Horace (S. I, 5, 87 : « Mansuri oppidulo, quod versu dicere non est ») aurait reculé devant une élision de ce genre, et sur un nom propre, dans les Satires, où il y en a un si grand nombre d'exemples.

ET DE LA MÉTRIQLE d'hORACE 173

OÙ le mot terminé en i long est suivi de est : Epi. I, 12, S, « Lateri est »; A. P.304, « Tanti est »; zV/., 417, « Relinqui est ». Rarement dans les Epîtres une longue s'élide sur une brève; et, dans deux cas, c'est la voyelle d'un pronom personnel monosyllabique : Epi. 1, 7, 24, « Me etiam » ; et I, 18, H 2, « Mi animum ». Dans les autres exemples qu'on peut relever, la voyelle finale est un : Epi. I, 1, H , « Rogo et omnis » ; zrf., 39, « Nemo adeo » ; Epi. II, 1, 46, « Démo etiam » ; Y Art poétique n'en présente aucun. On trouve même très rarement une moyenne élidée sur une brève ; il y en a dix-neuf exemples dans les deux livres ; et, dans un seul de ces cas, l'antépénultième est brève : Epi. 1, 1 , 69, « Liberum et erectuni », sans compter que sept fois le mot dont la finale est élidée est le mot « verum » (« Verum ubi », Epi. I, 7, 86 ; lo, 44 ; A. P. 331 ; « Verum ita », A. P. 225 ; a Verum âge», Epi. II, 1, 214, etc.). Or les mots indéclinables sont ceux où l'élision est le plus facilement tolérée. Dans les Epodes et les deux premiers livres des Odes, l'auteur a suivi à peu près les même^ règles. Ainsi, dans les Epodes, il y a six longues élidées, dont une seule sur une brève, Epo. 3, 22 : « Extrema et in sponda cubet » ; mais ces longues sont o, «, e, et même la diphthonque se, Epo. 17, 1 j : « Iliœ addictum ». Dans le premier livre des Odes, il y a huit longues élidées, sur lesquelles six 0, et deux /; aucune de ces élisions ne se fait sur une brève. Dans le deuxième livre, sur sept longues élidées, il y a cinq o et Ve du monosyllabe te^ 0. II, 3, 6 : « Te in remoto »; une seule fois, l'élision a lieu sur une brève, 0. II, 3, 11 : « Quo et obliquo », si toutefois il faut adopter cette leçon ^ Ces trois ouvrages présen-

1. Les meilleurs manuscrits donnent ^«zcZ au lieu de quo; la, dureté

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