DE LA CÉSURE
Lorsque les vers sont courts, la mesure est toujours sensible à l'oreille, et l'arrêt final est suffisant. Au contraire, lorsque le vers atteint une certaine longueur, lorsqu'il a, en général, plus de quatre pieds, il est presque nécessaire qu'un autre repos, régulièrement marqué, vienne en aide à l'auditeur et sépare les parties constitutives du vers, comme les vers eux-mêmes sont séparés les uns des autres. La césure répond donc aux besoins de la respiration et sert en même temps à fixer la cadence. Il en résulte tout naturellement qu'elle ne doit être placée ni trop près, ni trop loin de la fin ; et conséquemment, les meilleures césures ressemblent aux suivantes :
Nox erat et cselo | fulgebat luna sereno.
Gentis humanae | pater atque custos.
navis, réfèrent | in mare te novi.
La césure est marquée ordinairement par un simple arrêt du sens, plus ou moins long, comme on le voit
dans les vers précédents. Souvent elle Test, en outre, par la répétition, l'opposition, ou la disposition symétrique des mots :
Diffîdit urbium Portas VÎT Macedo et subruit semulos Reges munerihus ; \ munera navium '
Saevos inlaqueant duces. Respondet. Laudatur ab his, | culpatur ab illis.
Enfin la ponctuation est souvent l'auxiliaire de la césure. La pause la plus longue après celle de la fin du vers tombe très souvent à la césure. Mais fréquemment ces coupes diffèrent d'importance, et c'est ce qui produit la variété dans l'harmonie, achevant l'œuvre du style et de l'expression. Dans certains cas, la césure est de plus accompagnée de certaines licences prosodiques, semblables à celles de la fin du vers.
La césure, en vertu de sa définition môme, est placée toujours après la fin d'un mot; au contraire, elle vient très rarement après la fin d'un pied, et, dans ce cas, on la désigne de préférence parle nom de diérèse. Au milieu du pied, elle est plus distincte, et relie plus étroitement la première partie du vers avec la seconde. C'est ainsi que dans chaque hémistiche, les césures secondaires relient les pieds entre eux, tandis qu'une succession de pieds formés par autant de mots ne constituerait pas un vers. Mais ces césures accessoires ne sont évidemment pas aussi fixes que la césure principale, et cependant quelques-unes, au moins dans certains vers, sont soumises à des règles, dont l'application, il est vrai, peut varier chez les différents poètes ou dans les œuvres différentes d'un même écrivain.
Nous allons étudier d'abord dans Horace les particularités communes à toutes les césures ; nous passerons
ET DE LA MÉTRIQUE d'hORACE 187
ensuite aux césures qu'il a employées dans les différentes espèces de vers.
La césure, avons-nous dit, tombe d'ordinaire après la dernière syllabe d'un mot qui, après avoir rempli un pied, commence le suivant. Cependant elle se trouve aussi après un monosyllabe :
Civilis aut vis | eximet otium.
Te fontium qui | celât origines.
Terra tulit, neque quis | me sit devinctior alter.
On peut aussi, dans des cas exceptionnels il est .vrai, la placer : 1** après des mots dont, la finale étant élidée, la pénultième devient en réalité la dernière syllabe :
Oblitusque meorum | obliviscendus et illis.
2** après la particule séparable de mots composés :
Nec fecundia de | seret hune nec lucidus ordo. Ut assidens in | plumibus pullis avis.
3** avant les particules que^ ne, ve, employées comme enclitiques :
Jam mari terra | que manus potentes.
Le monosyllabe devant la césure est, en général, évité par les poètes, parce qu'il nuit à la cadence en introduisant deux pauses consécutives. Les versificateurs les plus sévères l'ont banni presque complètement, à part les cas où l'inconvénient dont nous parlons disparaît. Ainsi le verbe est^ placé après l'attribut, forme pour ainsi dire un seul mot avec lui, et l'écriture, même en cas d'élision, les a souvent réunis. 11 en est de même des pronoms me, te, se, après les propositions prœter, inter, ou
après le vocatif, ou encore après mihi^ tibi, ego; de même aussi pour les formes hoc, hac, hase, his, quid, dépendant étroitement des mots qui précèdent :
Jam satis est ! | Dum ses exigitur.
Pollio, te, I Messala, tuo cum fratre.
Suspectum genus hoc. |
Certe nescio quid. |
Auriculse, tibi me | virtus tua fecit amicum.
Les monosyllabes sont fréquents devant la césure, lorsqu'ils sont précédés d'un autre monosyllabe. Ces deux mots d'une syllabe se soudent, en général, et forment, en quelque sorte, un vocable pour Toreille :
MoUius ac si guis. |
In pede calceus hœret ; at est | bonus.
C'est pour cette raison également que les poètes ne répugnent pas à mettre deux monosyllabes au sixième pied. Cependant il est des cas où la présence d'un deuxième monosyllabe n'empêche pas la dureté du vers ; par exemple :
Mitte levés spes et | certamina divitiarum.
(Epi. I, 5, 8.)
Le monosyllabe ne choque point non plus avant la césure, lorsque c'est une conjonction ou un pronom relatif, surtout au nominatif, rejeté après un ou deux mots, au lieu d'être en tête de la proposition :
Scire velis, mea cur | ingratus opuscula lector. Sed timui, mea ne | finxisse minora putarer.
Comua quod | vincatque tubas.
Enfin le monosyllabe est souvent rattaché au mot précédent par une élision :
ET DE LA MÉTRIQUE d'hORACE 189
At dixi fluere hune lutulentum.
Concha salis puri et.
Virgile a fréquemment employé des élisions de cette sorte devant et^ suivi de la césure :
Vere tument terrae et genitalia semina poscunt. Intonuere poli, et crebris micat ignibus aeiber.
Il est vrai que dans ces vers il y a une autre césure forte, après le premier ou après le troisième pied ^.
Presque tous les monosyllabes que Ton trouve avant la césure, chez les autres poètes, ont leur excuse dans une des raisons précédentes. Il n'en est pas de même chez Horace, qui use, à cet égard, d'une grande liberté. Ainsi, dans le premier livre des Satires, sur cent dix monosyllabes environ suivis de la césure, il y a près de vingt fois est^ précédé de son attribut, et souvent avec élision, deux fois simul ac et nescio quidy environ trente monosyllabes précédés d'un autre, et autant précédés de l'élision ; mais dans plusieurs vers la règle ordinaire est manifestement négligée :
Momento cita mors | venit.
Nil obstet tibi, dum | ne sit.
Quatenus id facit. Ut | quidam memoratur Athenis.
Exclusus fore, cura | Longarenus foret intus.
1. M. Quicherat remarque avec raison que ces vers ne sont pas contraires à Tharmonie ; et, comme preuve, il en cite plusieurs où il était facile d'obtenir la césure ordinaire au troisième pied, par le simple changement de et en que:
Arripuitque locum et silvis incedit iniquis, etc.
IJle Tigellius hoc : | Csesar, qui cogrere posset. "
Sic ini])ar sibi. Nunc | aliquis dicat mihi quid tu ?
(S. I, 3, 19.) Stultus et improbus hic | amor est dignusque notari.
iS. I, 3, 24.)
Ksi brevitate opus, ut | currat sententia...
On en lit à peu près autant dans le deuxième livre :
Mullum, iu singula quem | minuas puhnenta necesse est.
(S. U, 2, 34.) Iratus tibi, quod | vini somnique benignus.
Saturnalibus hue | fugisti sobrius.
Effugiet tamen hœc | sceleratus vincula Proteus.
Et quidquid volet. Hoc, | veluti virtute paratum.
Unguentarius ac | Tusci turba impia vici.
Cerritus fuit, an | commotse crimine mentis.
Dans le premier livre des Epîtres, le nombre des vers où l'emploi du monosyllabe avant la césure n'est justifié par aucune des raisons que nous avons indiquées est un peu plus considérable. Il est même impossible d'admettre qu'il y ait véritablement une césure dans le troisième pied de ce vers :
Adsi)ersus volet in caupona vivere.
(Epi. I, 11, 12.)
Horace aime assez à placer après le deuxième dactyle la conjonction et ou aut; exemples :
ET DE LA MÉTRIQUE d'hORACE 191
Spectatum satis et donatum jam rude quseris.
(Epi. I, 1, 2.)
Brundisium cornes aut Surrentum ductus amœnum.
(Epi. I, 17, 52.)
Mlitiam puer et Cantabrica bella tulisti.
(Epi. 1, 18; 55.)
An secretum iter et fallentis semita \itad.
(Epi. I, 18, 103.)
Dans trois vers le monosyllabe du troisième pied commence aussi le premier :
Est animus tibi, sunt mores, est lingua fidesque.
(Epi. I, 1, 57.)
Si ventri bene, si lateri est pedibusque tuis.
(Epi. I, 12, 5.)
Da mihi fallere, dajusto sanctoque videri.
Enfin les autres cas du premier livre des Epîtres sont :
Scribe tui gregis hune. |
(Epi. I, 9, 13.)
Quee posait tibi, nec | meretrix tibicina.
(Epi. I, 14, 25.)
Optât ephippia bos | piger, optât arare caballus.
(Epi. I, 14, 43.)
Dans un vers du deuxième livre des Epîtres le monosyllabe du début est également répété devant la césure :
Hic sponsum vocat, hic auditum scripta relictis.
(Epi. n, 2, 67.)
D'ailleurs les césures après un monosyllabe insuffisamment rattaché au pied précédent, y sont aussi nombreux ses que dans les précédents recueils :
Tômptavit qudque rem | si digne vertere posset.
(Epi. II, 1, 164.)
Ut magus, et modo me | Thebis modo ponit Athenis.
(EpL n, 1, 213.
Prseter cetera me | Romsene poemata censés.
(EpL n, 2, 65.)
Jungere si velit et | varias inducere plumas.
Pleraque différât et | prœsens in tempus omittat.
Fervidus, et | matrona potens an sedula nutrix.
Inlecebris erat et | grata novitate morandus.
Te capiat magis, et | qusedam, si longius abstes.
Primum ipsi tibi : tune | tua me infortunia Isedent.
Quanto rectius hic, | qui nil molitur inepte.
Dans VArt poétique^ il est à remarquer que, sur sept exemples, cinq fois le monosyllabe est la conjonction et, sans parler des cas où cette même conjonction est reliée au mot précédent par une élision.
En somme, les vers où le monosyllabe ne se rattache pas suffisamment à ce qui précède, sont relativement rares, même dans celles des œuvres d'Horace où la versification est le plus libre. Voyons comment se comportent, à cet égard, les autres recueils.
Dans les Epodes, les vers hexamètres ne présentent qu'un monosyllabe avant la césure :
Mollis inertia cur | tantam diffuderit imis '.
(Epo. 14, 1.)
1. Il y a un vers semblable dans le quatrième livre des Odes :
Immortalia ne speres, luonet anuus et almum.
ET DE LA MÉTIUQLE d'uORACE 193
en ne comptant pas, bien entendu, des exemples de ce genre : Epo. IS, 17, « Et tu, quicumque es », et 16, 2o, « Sed juremus in haec ». Quant aux iambes, outre une dixaine de vers où la césure est précédée de deux monosyllabes, nous en trouvons quinze où elle en suit un seul ; encore vaut-il mieux ne pas ranger dans ce nombre les cinq vers suivants, et placer plutôt la césure après la septième syllabe :
Jucundior, quam lecta de pinguissimis.
(Epo. 2, 55.)
Quid attmet tôt ora navium gravi.
(Kpo. 4, 17.)
Longo die bis terque mutatce dapis.
(Epo. 5, 33.)
Cuni sit tibi deiis ater et rugis vêtus.
(Epo. 8, 3.)
Sed incitât me pectus et raamrace putres.
(Epo. 8, 7.)
Les dix autres sont :
Quid nos, quibus te | vita si superstite.
(Epo. 1, 5.)
Per liberos te, | si vocata partubus.
Exsucta uti meduUa et | aridum jecur.
(Epo. 5, 37.)
Quid accidit? Cur | dira barbarce minus.
(Epo. 5, 61.)
Sub hœc puer jam | non, ut ante, moUibus.
(Epo. 5, 83.)
Diris agam vos ; | dira detestatio.
(Epo. 5, 89.)
Neque hic lupis mos | nec fuit leonibus.
(Epo. 7, 11.)
Urget diem nox | et dies noctem, neque est.
(Epo. 17, 25.)
Quid amplius vis? | mare et teiTa, ardeo.
(Epo. 17, 30.)
Et tu, potes nam, | solve me dementia.
(Epo. 17, 45.)
Tel est aussi ce vers du premier livre des Odes :
Jam te premet nox, | fabulseque Mânes.
D'ailleurs, dans ses autres œuvres lyriques, Horace est, au point de vue qui nous occupe, beaucoup plus rigoureux que dans les Epodes. Les monosyllabes, assez nombreux avant la césure lorsqu'ils sont doubles, sont très rares autrement. Ainsi, dans les deux premiers livres des Odes, le vers asclépiade présente très peu d'exceptions à cette règle, et elles sont toutes dans le premier livre. Deux fois le monosyllabe est relié au mot précédent par une élision :
et praesidium et | dulce decus meum.
Nos, Agrippa, iieque liœc | dicere uec gravem.
Deux fois aussi le monosyllabe est le verbe est OMSunt et deux fois l'exclamation heu :
vEquor? Non tibi sunt | intégra lintea.
Pugnse, sive opus est | im péri tare equis.
Ajacem : tamen, heu | serus ! adultères.
Tii frustra j)ius heu ! | non ita oreditum.
ET DE LA xMÉTRIQUE d' HORACE 195
Dans un vers, c'est te précédé de ego; dans trois autres, le monosyllabe est et ou aut :
Atqui non ego te | tigris ut aspera.
Digne scripserit, aut | pulvere Troico.
Jactes et genus et | nomen inutile.
Urget? CuiPudor et | Justitiœ soror.
Il en est de même pour les vers saphiques, qui n'ont qu'une exception très justifiée :
decus Phœhi et dapibus supremi.
Même rigueur pour les alcaïques : le monosyllabe y est généralement double ; les exceptions du premier livre des Odes ne sont qu'apparentes :
Et Musa cordi est.
Pugnare Thracuni est.
Armenta, non aurum aut ebur Indicum.
Au deuxième livre, outre deux cas analogues, il y a trois autres exceptions, dont une très justifiée par l'inversion de si :
Quicumque pritnum, et sacrilega manu.
(0. II, 13, 2.) Nec dis amicum est.
Nil interest an | pauper et infima.
A! te me te si partem animœ rapit Maturior vis, | quid moror altéra.
(O. II, 17, 5 etc.) "
Le troisième et le quatrième livre des Odes ne diffèrent pas, à cet égard, des deux premiers. Dans les vers alcaïques, il y a cinq exceptions au troisième livre, six au quatrième :
Est ut viro vir | latius ordinet.
Hoc caverat mens | provida Reguli.
Qui perfidis se | credidit liostibus.
Sermonibus, te | negligit horridus.
Non est meum, si | mugiat Afncis.
Quid debeas, o | Roma, Neronibus.
Carthagini jam | non ego nuntios.
Nil Claudiœ non | perficient manus.
Te copias, te | consilium et tuos.
Te Gantaber non | an te domabilis.
Te, fontium qui | celât origines.
Les vers saphiques n'y présentent également que des exceptions apparentes à la règle qui veut que le monosyllabe, avant la césure, soit lui-môme précédé d'un autre monosyllabe ; par exemple :
Sospilis coiituin et | vigiles luceruas.
ET DE LA MÉTRIQUE d'hORAGE 197
Turpe commissum an | vitiis carentem.
Quod semel dictum est | stabilisque rerum.
Pour les vers asclépiades, Horace n'est pas aussi sévère. Dans le troisième livre, outre huit monosyllabes précédés d'une élision ou d'un mot auquel ils sont étroitement enchaînés, comme « quamvis neque te » (0. III, 10, 13) et « Curlœ nescio quid » (0. III, 24, 64), il y a quatre vers où la règle générale est négligée :
Nescit tangere, tu | frigus amabile.
(0. in, 13, 10.)
Languescit mihi, nec | pinguia Gallicis.
Quo clamor vocat et | tiirba faventium.
Mirari libet. | Naiadum potens.
(0. ni, 25, 14.;
Dans le quatrième livre, sans compter un vers où le monosyllabe est l'exclamation heu :
Quo fugit venus, heu!
et deux autres où il est précédé de 7ièque :
Victorem, neque res.
Graiorum, neque tu.
il reste les cinq exceptions suivantes :
Quis Germania quos | horrida parturit.
Te multa prece, te | prosequitur mero.
Ferres, ilivite me | scilicet artium.
Sed non hsec mihi vis, | nec tibi talium.
Virtus et favor et | lingiia potentium.
En résumé, pour ce qui concerne le monosyllabe avant la césure, Horace l'a de tout temps évité en règle générale dans les vers les plus sévères, tels que Talcaïque et le saphique; il s'est permis un petit nombre d'exceptions dans les asclépiades, davantage dans les iambes;mais il a pris des licences beaucoup plus larges dans les Satires et surtout dans les Epîtres.
Nous n'avons pas parlé des vers ennéasyllabes alcaïques. Là, en effet, le poète semble avoir recherché ce qu'il évite dans les autres vers lyriques : sur trois cent dix-sept vers, il y a quarante-deux monosyllabes devant la césure, ce qui produit comme une double césure, avant et après le monosyllabe :
Impune : me | pascunt olivae, Cum mente nec | turpem senectam.
Quid Seres et | regnata Cyro.
Les vers de cette espèce sont à peu près également répartis dans les quatre livres des Odes.
Il arrive quelquefois, chez les poètes dont la versification est moins rigoureuse, que, la césure à proprement parler étant absente de la place ordinaire, on pourrait néanmoins l'y voir, en admettant un léger repos entre la particule et le corps même des mots composés. Tels sont les vers de Virgile :
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Taurus et iacertam ex-cussit cervice securim. Septima post Trqjse ex-scidium jam vertitur setas.
Evidemment ce n'est pas là une césure véritable, mais une atténuation à Tabsence de césure. Il est presque impossible de ne pas l'admettre, puisque Ton remarque que des mots composés avec une préposition se trouvent généralement après Télision qui fait disparaître la césure régulière ; tels sont encore ces exemples de Virgile :
Scilicet hsec Spartam incolumis patriasque Mycenas. Dum sequor et nota excedo regione viarum.
On peut voir des exemples analogues dans Properce, Juvénal, Silius Italiens ; dans Lucrèce il y en a un certain nombre, avec ou sans élision :
Haud erit ut merito immortalis possit haberi.
(Luc, III, 713.)
Sic animas introduxerunt sensibus auctas.
(Luc, IIÎ, 62S,)
Horace devait nécessairement user de cette licence ; un très grand nombre de ses vers, où les césures sont insuffisantes, offrent cette particularité. On en compte quinze dans les hexamètres satiriques, dont trois dans les premières satires, quatre dans les secondes, deux dans le premier livre des Epîtres , et six dans le deuxième ; cinq de ces six dernières appartiennent à l'Art poétique; nous verrons d'ailleurs que cet ouvrage est, à d'autres points de vue, plus libre que les précédents, pour ce qui concerne la césure :
An vigilare metu exanimem.
Vindemiator et invictus.