DES VAHIATIONS DE LA LANGUE
Fuscus Aristius occurrit mihi.
An tu reris eum occisa insanisse parente.
Vestrum prretor, is intestabilis et sacer esto.
Monstravi incoquere ; inlotos Curtillus echinos.
(S. II, 8, 52.) Destinet uxorem interdicto '.
lluva suburbana indictis cornes ire Latinis.
(Epi. I, 7, 76.)
Aspeiitas agrestis et inconcinnà gravisque.
(Epi. I, 18, 6.)
Luxuriant ia compescet nimis aspera sano.
(Epi. II, 2, 122.)
Nec facnndia deseret hune nec lucidus ordo.
Et tulit eloquium insolitum facundia prseceps.
Sic an i mis natum inventumque.
Si defendsi'e delictura quam vertere malles.
Cur ego, si nequet iguoroque.
Les œuvres lyriques ont huit cas semblables, dont trois dans les ïambes des Epodes :
Va adsidens in-plumibus.
(Kpo. I, 19.)
Qu()(] si nieis in-fcstuet prrpcordiis.
(Epo. 11, 15.)
Parent ibusque ab-ominatus.
(Epo. 16, 8.)
1. Ici le d(Mixiènio i)ied so relie au troisit'me par rélision. mais il n\ a pas de césure.
ET DE LA MÉTRIQUE d'hORACE 201
et les cinq autres dans les deux premiers livres des Odes : un dans un vers saphique :
Quam Jocus circum-volat et Cupido.
un dans un grand asclépiade :
Arcanique fides prodiga per-lucidior vitro.
et enfin trois dans des alcaïques :
Hostile aratrum ex-ercitus insolens.
Antehac nefas de-promere C?ecubiim.
Utrumque nostrum in-credibili modo.
Le troisième et le quatrième livre des Odes n'ont aucun exemple de cette césure exceptionnelle, à moins qu'on ne l'admette, dans un grand nombre d'en néasyllabes alcaïques, comme césure accessoire. On a remarqué, en effet, que, dans cinquante-sept vers de cette espèce, la quatrième syllabe est la préposition de, in, per ou ex, initiale d'un mot composé, sans compter quelques autres vers où Horace a placé de la même manière prœ, cum^ ad, etc. Il y aurait donc, après cette quatrième syllabe, une espèce de césure accessoire plus faible. Il paraît étrange d'accepter presque comme régulière une césure de ce genre; mais on est frappé de voir que très souvent le poète met à cet endroit une préposition ou un autre monosyllabe ; de plus, par une coïncidence plus remarquable encore , le troisième et le quatrième livre seuls y présentent quelquefois' une césure nettement marquée; or, sur les cinquante-sept cas dont nous
parlons, plus de quarante se trouvent précisément dans ce troisième et ce quatrième livre des Odes. On ne peut donc méconnaître qu'Horace a fait usage d'un procédé tout spécial pour varier la cadence de cette sorte de vers.
Par un procédé analogue, la césure, au lieu d'être placée à la fin d'un mot, peut tomber avant l'enclitique que ; il y a quelques exemples semblables avec ne ou ve, Virgile a des vers ainsi coupés :
Haud mora coaversisque fugax aufertur habenis. Sternitur, cxanimisqiie tremens procumbit humi bos.
Ces vers n'ont qu'une césure dans le quatrième pied, mais il y a comme une demi-césure au troisième. Horace a des vers analogues :
Terpet fixa vetatque novis considère in hortis.
et d'autres plus libres encore, comme on peut en juger par les exemples suivants :
Qui nummos aurumque recondit, nescius uti.
Thracane vos Hebrusque nivali corapede vinctus .
(Epi. I, 3, 3.)
Arripit iratusque Philippi tendit ad sedes.
(Epi. I, 7, 89.)
Les deux derniers de ces vers n'ont que la césure au troisième pied, devenue féminine par l'addition de que; dans le premier, cette césure en accompagne une autre, masculine, après le premier pied. Quelquefois aussi que est placé après la césure du premier pied, accompagnant une césure hephthémimère :
ET DE LA MÉTRIQUE d' HORACE 203
Libertasqiie récurrentes accepta per annos.
(Epi. II, 1, 147.)
A mesure qu'Horace avance dans la carrière, il est plus prodigue de cette licence. Il y en a trois exemples seulement dans les deux livres des Satires, tandis qu'on le rencontre dix-huit fois dans les deux livres des Epîtres, dont treize dans le second :
Terret fixa vetatque novis considère in hortis.
Qui nummos aurumque recondit, nescius uti.
Vibidius Balatroque, secutis omnibus.
Thracane vos Hebrusque nivali compede vinctus.
(Epi. I, 3, 3.)
Inter spem curamque, timorés inter et iras.
(Epi. I, 4, 12.)
Arripit iratusque Philippi tendit ad sedes.
(Epi. I, 7, 89.)
Dignum mente domoque legentis honesta Neronis.
(Epi. I, 9, 4.)
Quo multse magnaeque secantur judice lites.
Perfectos veteresque referri débet...
(Epi. II, 1, 37.)
Quod legeret tereretque viritim publicns usus.
(Epi. II, 1, 92,)
Libertasque récurrentes accepta per annos.
(Epi. II, 1, 147.)
Divitiseque peregrinse, quibus oblitus actor.
(Epi. II, 1, 204.)
Flore, bono claroque fidelis amice Neroni.
(Epi. II, 2, 1.)
Fundet opes Latiumque beabit divite lingua.
(Kpl. Il, 2, 121.;
Sed verse niimerosque modosque 'ediscere vitœ.
(Epi. II, 2,144.)
Exiguo gratoque fruaris tempore raptim.
(Epi. II, 2, 198.)
Deficiunt animique ; professus grandia turget.
Re3 gestœ regumque ducumque et tristia bella.
Etfrugi castusque verecundusque coibat.
Accessit numerisque modisque licentia major.
Quse caaereiit agerentque perimcti fsecibus ora.
Les œuvres lyriques présentent un fait analogue dans les vers saphiques, et dans les ennéasyllabes alcaïques. Dans les premiers, la césure masculine du troisième pied est transformée parque en césure féminine, exactement comme dans les hexamètres :
Fervet inmensusque ruit profundo.
Dans les seconds, la césure qui suit la troisième arsis subit une modification semblable :
Fastidit umbrosamque ripam.
Il est à remarquer que cet emploi de qiie^ à peu près inconnu dans les 'premières œuvres lyriques, devient fréquent dans les dernières. Ainsi, pour les vers saphiques, il y en a deux exemples dans une ode du premier livre ^ ; il n'y en a aucun dans le second, ni dans