‹ Des variations de la langue et de la métrique d'Horace dans ses différents ouvragesChapitre 9 sur 87 · Deus, deus nam me vetat · texte numérisé non relu

Deus, deus nam me vetat

Inceptos, olim promissum cannen, iambos Ad umbilicum adducere.

(Epo. XIV, 6.)

nul n'est content de sa destinée. Non moins évidemment, la dixième satire est un épilogue ; Fauteur, après avoir justifié une critique adressée antérieurement à Lucilius, fait connaître le rang qu'il espère tenir parmi les poètes contemporains ; il dédaigne la popularité et ne veut plaire qu'au petit nombre de ses amis et de ses protecteurs. Il les nomme tous, et cette énumération est manifestement destinée à clore le recueil, comme il le dit d'ailleurs lui-même, en s'adressant à son esclave :

I, puer, atque meo citus hsec subscribe libello.

Le deuxième livre commence également par une sorte de préface. On ne peut, en effet, refuser ce caractère à la première pièce : le poète déclare qu'il ne peut s'empêcher d'écrire des satires, malgré la malveillance à laquelle ses écrits précédents l'ont exposé. Mais il n'attaque personne ; il ne fait que se défendre ou combattre le vice, comme a fait Lucilius. Il n'a donc rien à craindre des lois, puisque ses vers honnêtes et bons ont l'approbation de César. C'est là évidemment l'introduction d'un recueil spécial, et d'un recueil postérieur à la publication du premier livre, puisqu'elle répond aux critiques dont les premières satires ont été l'objet K

Pour les Odes, il est constant que le dernier livrô a paru séparément. Suétone nous apprend qu'il fut ajouté par Horace, sur la demande d'Auguste, longtemps après

Sunt quibus in satura videor nimis acer et ultra Legem tendere opus ; sine nervis altéra quidquid Composui, pars esse putat similesque meorum Mille die versus deduci posse.

ET DE LA MÉTRIQUE d'hORACE 2S

les trois autres ^ Ce quatrième livre, si distinct par la nature des poômes, a également son prologue et son épilogue. Dans le premier, l'auteur se reproche d'aimer encore, malgré son âge, et semble donner à entendre qu'il ferait mieux de laisser reposer sa lyre, comme il en avait fait le serment. Dans l'épilogue, dédié à Auguste, il le félicite d'avoir donné la paix à l'univers, digne couronnement d'un ouvrage entrepris à la louange d'Auguste et de sa famille. Il est certain que ce quatrième livre des Odes a été publié séparément, comme le rapporte l'historien ; mais celui-ci ne nous apprend pas si les trois premiers livres ont été l'objet d'une seule publication. On serait tenté de le croire, si l'on considère qu'ils renferment des pièces écrites certainement à la môme époque. D'autre part, on ne saurait méconnaître que le deuxième livre se termine par un épilogue, où le poète se promet l'immortalité ; c'est la pensée môme de l'ode Exegi monumentum , sous une forme moins solennelle et moins heureuse. En outre, le troisième livre a son prologue : « Loin de moi, profane vulgaire! Je te méprise et te repousse. Faites silence : prôtre des Muses, je vais faire répéter, aux chœurs des jeunes vierges et des jeunes garçons, des chants non encore entendus » ^.

C'est donc à la vertu qu'il veut consacrer ces chants nouveaux ; l'amour de la patrie, la fermeté inébranlable de l'homme juste, la sagesse, sur qui seule est fondée la véritable puissance, la probité, la modération dans les désirs, la piété simple et sincère : voilà les sujets qu'il traitera de préférence. La forme aussi est nouvelle,

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