cm, 1; trad. Patin
à certains égards : dans presque toutes les pièces de quelque étendue, il introduit le récit épique d*un événement fameux dans la fable ou l'histoire, tel que le dévouement de Régulus, l'apothéose de Romulus, la guerre des Titans, le désespoir d'Europe. Faut-il s'étonner qu'Horace ait, comme il a fait pour le deuxième livre des. Satires, groupé ensemble, dans un recueil particulier, des pièces d'un genre particulier? Ainsi s'expliquent en outre les différences caractéristiques que présente la métrique du troisième livre des Odes. Concluons donc que les deux premiers livres, que ne séparent ni épilogue, ni prologue, ont paru ensemble, et que le troisième a paru seul ^.
Le premier livre des Epîtres, dédié à Mécène, comme les Epodes, les premières satires, et les deux premiers livres des Odes, se termine par un adieu de l'auteur à son livre, au moment de le livrer au public; il ajoute môme des détails sur sa personne et son âge. Suétone
1. Ce point si important a été contesté dans une récente brochure, qui est un des meilleurs écrits composés sur la question : Fastorum horatiornorum Epicrisis, par G. Christ (Munich, 1877). M. Christ combat l'opinion de Bentley sur la publication séparée du Ille livre, et adopte celle de Kirchner et de Franke. Mais il établit seulement que les trois livres renferment des pièces écrites à la même époque ; le fait n'est pas contestable, mais ne prouve nullement que le Ille livre n'a pu être publié après les deux autres. Dans son hypothèse, M. Christ, n'osant avec Lehrs supprimer la dernière ode du II® livre et n'en pouvant méconnaître le caractère, en fait une transition entre des poëmes de genre différent, publiés ensemble : il est au moins aussi vraisemblable de supposer qu'il y a eu deux publications, séparées, il est vrai, par un court intervalle. Comment expliquer autrement les différences caractéristiques que présente la métrique du troisième livre? Un intervalle d'une année ou de quelques mois suffit pour que le poète, arrivé à sa pleine maturité, ait pu apporter dans un recueil nouveau des modifications voulues, surtout en ce qui concerne la partie tout extérieure de son art.
ET DE LA MÉTRIQUE d'hORACE 27
nous apprend, d'ailleurs, que Tépître à Auguste n'a été composée qu'après les autres ; mais cette nouvelle pièce devait-elle former avec l'épître à Florus et l'épître aux Pisons un deuxième recueil? Rien n'est plus vraisemblable, puisque ces trois poëmes se rapprochent par l'analogie des sujets traités, et que la somme de leurs vers est à peu près égale à la somme des vers du premier livre. Mais, en réalité, cette œuvre nouvelle a-t-elle été publiée par l'auteur, ou l'a-t-elle été seulement après sa mort? V Art poétiqzie Bi-'iAl été primitivement compris dans le deuxième livre des lettres, ou édité séparément? Il n'est pas possible de rien décider sur ces questions ; mais il nous suffit d'établir que le texte des trois épîtres qui forment le deuxième livre est sorti des mains de l'auteur après la publication des premières ^ Or, le témoignage de Suétone est formel pour l'épître à Auguste ; elle est postérieure aussi au Carmen sssculare, auquel il est fait allusion dans les vers 132-133 '; c'est-à-dire qu'elle a été écrite au plus tôt en 737 3 (is avant J.-C). Quant à la deuxième épître, elle est postérieure aux Odes, puisque le poète dit avoir renoncé à la lyre ^ ; il y parle aussi de la vieillesse dont il n'est pas éloigné :
Lenior et melior fis accedente senecta s?
1. Le mot Sermones, employé par Suétone, désigne évidemment les épîtres, et non les satires, à en juger par les termes mêmes dont se sert Auguste : « Irasci me tibi scito quod non in plerisque ejus modi scriptis mecum potissimum loquaris, > Ces derniers mots ne conviennent qu'aux épîtres.
2. Castis cum pueris ignara pueUa mariti Disceret unde preces, vatem ni Musa dedisset.
3. L^hommage à Virgile et à Varius peut être postérieur à leurmort (735).