IL. — ANÉMIES PERNICIEUSES ET CANCERS
Nous avons réuni dans un même paragraphe les anémies pernicieuses et les cancers pour pouvoir comparer plus facilement les résultats que nous ont donnés, dans ces affections, nos examens de sang.
Ce paragraphe comprendra :
Trois observations d'anémie pernicieuse.
Quatre observations de cancer de l'estomac.
Deux observations de cancer du sein.
Une observation d’ulcération superficielle de l'estomac.
Cette dernière a été jointe aux précédentes afin que l'on puisse se rendre compte de la différence de résistance globulaire que présentent, d'une part, les cancers de l'estomac, et d'autre part, les ulcères gastriques ; ces deux sortes d’affections comportant quelques caractères communs, tels que l'hématémèse, 1l était indiqué de les comparer entre elles et de chercher, si le degré d'altérabilité des hématies pouvait donner un élément différentiel.
OBSERVATION IX 1009. N°93 TZR ménagère.
Médecin adjoint : Dr Valette.
Assistant interne : D' Humbert.
Diagnostic clinique : anémie grave.
La malade est âgée de 5; ans. Son père est mort à 80 ans, de vieillesse. Sa mère est morte à 77 ans, de phlébite. Elle a eu deux frères et trois sœurs ; deux sœurs sont mortes d'affection inconnue. Les deux frères et la sœur qui restent sont en bonne santé.
Dans les antécédents personnels de la malade on ne relève aucune affection dans sa jeunesse. Elle était robuste. Elle s’est mariée à 20 ans. Son premier mari est mort du diabète. Remariée, il v a deux ans. Son second mari est en bonne santé.
De son premier mariage elle a quatre enfants en bonne santé : pas de fausse couche.
La ménopause s’est produite à 40 ans.
Il y a environ trois ans, elle eut une jaunisse qui serait survenue tout à coup à la suite d’un bouleversement. Cet ictère dura six semaines et disparut tout seul. Au bout de deux ans nouvel ictère qui vint peu à peu sans douleur. C’est à partir de ce moment que la malade a gardé un teint jaune qui n’a jamais disparu. Son appétit, jusqu'alors excellent, diminue. Elle eut quelquefois de la diarrhée. mais ne fut jamais constipée. Elle remarque que son urine était très colorée.
Le 23 mars 1907, elle entre à l'hôpital dans le service de chirurgie pour se faire opérer d’une hernie ombilicale. On constate à ce moment une teinte ictériqne générale. Le foiene paraissait pas augmenté de volume.
Le 27 mars. opération de la hernie; celle-ci contient de l'épiploon très adhérent au sac. On résèque cet épiploon.
La vésicule biliaire, trop profondément située pour être atteinte facilement, est le siège d’une péricholécystite forniative. Elle est volumineuse et circonscrite par des brides qu’on libère autant que possible au cours de l'intervention. On ne touche pas à la vésicule, difficile à atteindre, Après l’intervention, l’ictère diminue. Lorsqu'elle sort de l'hôpital, le 20 avril 1901, elle présente encore une teinte subictérique
7 Vt
RDS
généralisée. Dés lors, la teinte jaune persiste sans interruption. Pendant les six mois qui suivirent l'opération de sa hernie, elle se porte relativement bien. Elle reprend ses occupations et travaille à son ménage.
Puis elle se met à souffrir de troubles digestifs ; l'appétit diminue. Elle a quelquefois des vomissements alimentaires après ses repas et de la diarrhée.
Pas d'éthylisme avoué. Cependant elle réclame instamment du vin dès qu’elle est entrée à l'hôpital.
Sa hernie ayant récidivé, on envoie la malade dans le service de chirurgie de l'hôpital. Comme on ne veut pas LobeE rer, on l'envoie en médecine le 16 avril 1902.
La malade est une femme de 57 ans, grasse, présentant une teinte jaune paille, généralisée. Au moment où nous l'avons vue’ pour faire l'examen de son sang, elle avait une teinte jaune paille, de la décoloration des muqueuses, mais vas de teinte jaune des conjonctives.
Fébrile (38°4).
Elle n’a pas d'appétit. Elle ne peut supporter le lait qu’eile traite de poison.
Pas de diarrhée actuelle. Pas de constipation. Ses matières fécales sont moulées, jaunes, pas décolorées.
L'haleine est fétide; langue jaunâtre, humide.
Elle vomit parfois son lait dès qu'’elie l’a bu.
L'abdomen est volumineux, à parois épaisses, tympanique. Au-dessous de lombilic, hernie du volume d'une orange, facilement réductible, à anneau large.
On constate sur la ligne médiane une cicatrice, vestige de son opération. Le foie n’est pas augmenté de volume. On ne sent pas son bord inférieur, ni la vésicule biliaire. La région hépatique est indolore spontanément et à la pression. La rate n’est pas hypertrophiée. La matité cardiaque n'est pas agrandie. A l’auscultation, on entend un souffle Systolique à timbre musical ayant son maximum au mésocarde. Ce souffle ne sé propage pas vers l’aisselle. Il se perçoit sur toute l'étendue du cœur.
NE
Dans les vaisseaux du cou on entend un souffle net.
Le pouls esr égal, régulier, de tension moyenne. On compte quatre-vingts pulsations par minute.
Le souifle oculaire est net.
Jamais d'œdème antérieur. Pas d'œdème actuel.
Au poumon, rien de particulier, si ce n'est quelques ronchus disséminés et une expiration un peu prolongée.
La toux est rare. La malade crache très peu. Elle n’est pas dyspnéique. :
L'urine fortement colorée de réaction acide, ne renferme pas d’albumine, pas de sucre. Eile contient par contre de l’urobiline et de l’indol.
Peu à peu, la malade se cachectise; elle ne veut pius manger, ses gencives sont saignantes, elle a de petites hémorrhagies buccales. Pas d’épistaxis.
Elle urine sous elle. Elle meurtle 4 mai dans le marasme.
L'autopsie ne révèle aucun néoplasme; elle montre quelques adhérences autour de la vésicule de la péricholecystite, un pancréas infltré de graisse; mais en somme, elle contirme le diagnostic d'anémie pernicieuse.
Examen du sang fait le 14 avril.
Nombre des hématies Normale Destruction
o Jo BRON URSS ARR ER 1.270.000 29
SOON ne eu à 1.085.000 LA 6