‹ Des variations de résistance des hématies et de l'hémoglobine: dans divers états pathologiquesChapitre 6 sur 77 · STRUCTURE DU GLOBULE ROUGE · texte numérisé non relu

STRUCTURE DU GLOBULE ROUGE

Malgré leur apparente simplicité, les globules rouges scntdes éléments complexes. Leur anatomie, leur physiologie et leur pathologie comportent. encore bien des points obscurs sur lesquels on ne pourra jeter la lumière que lorsque nous serons en possession de méthodes suffisamment précises et délicates pour étudier ces éléments sous tous leurs aspects et dans toutes leurs particularités.

Depuis le jour où Hayem (24) écrivait « l'avenir est à l'hématologie », on a fait dans ce domaine des progrès nombreux surtout au sujet des phénomènes hématolytiques. Mais, avant que la prophétie de Hayem soit pleinement réalisée, il sera nécessaire d'arriver à une connaissance exacte du globule rouge.

Aujourd’hui on discute encore sa structure ; on sait, et tous les observateurs s'accordent sur ce point, qu'il est composé de deux substances, l’une soluble dans l'eau : l'hémoglobine, l’autre insoluble, le stroma, ; maïs les divergences d'opinion commencent quand il s'agit d'établir quels sont les dispositions et les rapports réciproques de ces deux substances.

Quelques auteurs, avec Schwann, admettent que le stroma comporte une membrane enveloppante, à l'intérieur de laquelle serait inclus le contenu colorant, liquide ou semi-liquide, du globule.

Ranvier a réussi à colorer en rose la membrane d'enveloppe par le sulfate derosaniline et, d’après cet auteur, cette enveloppeparaïit entourer un stroma incolore à mailles fines, servant de charpente et contenant dans son réseau une substance colorée. D'autres, au contraire, pensent que les hématies de l’homme sont formées d’une substance qui est la même dans toute leur masse, mais qui est simplement un peu plus condensée dans la couche périphérique. Cette masse homogène, à surface lécèrement épaissie, sans enveloppe, ni noyau, se composerait, d'après cette dernière opinion, d'une trame inorganique extrêmement pâle, transparente et molle, imprégnée de matière colorante et qui représenterait le stroma de Rollett.

Mais si l’on n’admet pas la membrane d’enveloppe, il devient bien difficile, pour ne pas dire impossible, d'expliquer par les lois d'osmose et d'isotonie, les phénomènes hématolytiques que présentent les glo-

SPA bules plongés dans des solutions salines. Sans membrane d'enveloppe, les théories de Hamburger sur la résistance des hématies, deviendraient insoutenables.

D'autre part, comment se fait-il que, certains oxydants, tels que les ferricyanures de potassium et de sodium ne peuvent pas agir sur l'hémoglobine tant que les globules sont intacts, tandis, qu'au contraire, ils la transforment très rapidement en méthémoglobine dans le sang laqué ? Il nous semble rationnel d'admettre que es hématies ont une membrane qui les protège contre l’action oxydante des ferricyanüres. Latransformation de l'hémoglobine en méthémoglobine par les substances oxydantes ne doit se produire qu'après la destruction ou la rupture de cette membrane.

Pour toutes ces raisons nous nous représentons le globule rouge comme un élément constitué par une membrane d’'enveloppe très fine, élastique, à l'intérieur de laquelle serait disposé un système de mailles renfermant la matière colorante.

Maintenant il est possible que cette membrane ne soit pas une membrane vraie, au sens où l’entendait Schwann ; peut-être n'est-elle constituée que par une substance chromatique offrant la consistance d’une solution de gomme, ce qui serait conforme, d’ailleurs, à ce que l’on sait sur la viscosité et l’adhérence des globules les uns aux autres.

Mais, en tous cas, la matière colorante rouge est protégée par une enveloppe de composition diflérente, formant une sorte de barrière au travers de laquelle certains sels en solution et certains gaz

EU pourraient passer, en vertu de simples lois phy-

siques.

: , MODIFICATIONS DES GLOBULES ROUGES SOUS LIN- FLUENCE DE CERTAINS AGENTS PHYSIQUES OU CHIMIQUES.

L'étude des modifications que peuvent subir les hématies en présence de certains agents physiques ou chimiques nous fait connaître la résistance du sang. Elle revêt donc une importance considérable pour la question qui nous occupe spécialement.

On sait à quel point les globules rouges sont délicats et altérables.

Parmi les agents qui modifient la forme des globules et les détruisent, il faut citer d'abord ceux qui sont d'ordre purement physique :

La dessication, La chaleur, L'électricité,

Le froid.

Agents physiques. — Lorsqu'on soumet le sang à la dessication lente, les globules se déforment et se fendillent en se plissant. Puis on voit sortir de leur disque des gouttes chargées de matière colorante. I y a donc une tendance à la séparation de la matière colorante et du stroma. Dans la dessication brusque, cette séparation est empêchée par ce fait que le globule est immédiatement pris à sa surface

Ste et solidifié comme par une sorte d'action congelante.

Les globules desséchés lentement prennent soit une apparence crénelée, soit l'aspect de petites pommes épinéuses (aspect müriforme) (Renaut) (42).

La chaleur détermine aussi dans les elobules sanguins des modifications intéressantes qui ontétc bien étudiées par Max Schultze et par Rauvier (27 Traité technique d'histologie, p. 185 à 196). Nous citerons la déformation en « calotte » où les globules sont excavés sur l’une des surfaces, convexes sur l’autre, tournés en calott:, suivant l'expression de Rauvier. Une haute température détruit le globule ; une température très élevée mais non excessive sépare la matière colorante du stroma.

Au point de vue de l’action thermique, les globules du sang se montrent beaucoup moins vulnérables que les cellules lymphatiques.

Le froid altère aussi les hématies en leur faisant perdre leur hémoglobine.

L'’électricité a une action quia été bien étudiée par Rollett (50). Cet auteur soumet les globules rouges à des décharges électriques, obtenues avec une bouteille de Leyde : les globules deviennent alors rugueux, ils se hérissent de piquants, puis prennent l'aspect vésiculeux et enfin perdent leur matière colorante.

L'électricité exerce aussi, comme la dessication lente et la chaleur, une action dissociante.

Agonts chimiques. — Les agents de cet ordre comprennent toutes les substances dites hémolyti-

RIT ES ques et les substances dites fixatrices. Leurs modes d'action, bien que divers en apparence, peuvent être envisagés pour la plupart comme des phénomènes d'ordre purement physique. Un petit nombre d'entre eux, au contraire, semblent bien être des phénomènes chimiques purs.

Parmi ces substances.les unesagissentendissolvant lé globule dont elles séparent le stroma et l'hémoglobine, les autres en attaquant et en détruisant directement la membrane enveloppante et le stroma globulaire. Enfin, il en est qui coagulent le globule en bloc et en fixent toutes leurs parties avec leur configuration conservée plus ou moins exactement. Nous ne nous occuperons pas de celles qui rentrent dans cette dernière catégorie. Mais dans les deux premières, nous distinguerons:

1° Des substances hématolysantes, à action simple, d'ordre physique, telles que : l’eau distillée, les sérums naturels et artificiels, les solutions salines de sulfate de soude et de chlorure de solium.

20 Des substances hématolysantes par action chimique, attaquant directement le stroma, véritables poisons du globule rouge, tels sont, par exemple, les sels biliaires, les sels d'ammonium, les venins et tout un groupe de substances, subtiles, mal connues, Supposées plus que connues, appelées « lysines » rentrant dans la catégorie des toxines élaborées par l’organisme.

Ces dernières doivent avoir un pouvoir toxique spécial, mais leur mode d'action est encore mal connu.

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