‹ Des variations de résistance des hématies et de l'hémoglobine: dans divers états pathologiquesChapitre 7 sur 77 · AUD · texte numérisé non relu

AUD

On tend actuellement à unifier le mode d'action de ces substances et à admettre qu’elles agissent toutes suivant les lois de la plasmolyse. Ainsi Hamburger(23)et Gryns(22) ont montré quel’action hématolysant: de l’urée et de certains sels d'’ammonium pouvait s'expliquer par les mêmes lois d'ordre physique simple. Mais, comme Île fait remarquer Vaquez, le pas devient plus difficile à franchir en ce qui concerne l’ensemble de ces, substances et l’action des sérums vraiment globulicides, comme les venins et les sérums hématolysants, artificiellement préparés par Cantacuzène, Bordet et Belfanti. Il y a là toute une étude qui est encore à faire. |

On ne connaît bien actuellement que l’hématélyse produite par des phénomènes purement physiques. C’est à elle qu Hamburger a consacré surtout ses remarquables travaux. Il a essayé d'appliquer aux hématies les lois de la plasmolyse telles que les avait établies de Vries.

Hamburger étudie les modifications que subissent les globules rouges plongés dans des solutions salines de titres décroissants, et il donne, sur le mécanisme de la résistance de ces éléments, une théorie basée sur les lois de l’isotonie.

Supposons une série de solutions de chlorure de Na dont le titre décroît à partir de o gr. 80 pour 100 jusqu'à o. Mettons dans chacune de ces solutions une goutte de sang sain et observons ce qui va se passer, en commençant par les solutions les plus concentrées. Dans les premières, celles de o gr. 80 à o gr. 70, les globules restent intacts, tant que la tension du con-

tenu intraglobulaire est égale à celle du liquide où 1's baignent, puis au fur et à mesure que la concentration et la tension de dissolution des solutions considérées diminuent, les globules subissent des modifications portant d'abord sur leur volume. Ils se gonflent peu à peu.La tension intraglobulaire est alors plus forte que celle des liquides où ils sont plongés.

Le gonflement s’accuse de plus en plus, les globules deviennent sphériques, et enfin, vers les solutions de 0,44 à 0,48 (réaction limite ou Résistance Minimum de Hamburger), ils commencent à perdre leur hémoglobine. La tension de ces solutions est inférieure à celle du contenu des globules.

La perte de l’hémoglobine à partir de 0,44 ou 0,48, d’abord taibie, s’accentue rapidement vers les solutions de 0,40 à 0,36 jusqu’au moment où les hématies sont totalement dissoutes. L'hématolyse devient complète dans les solutions de 0,10 à o.

En résumé, les premiers phénomènes consistent en une augmentation progressive de volume du globule dans les solutions à tension légèrement inférieure ou faiblement hypoisotoniques. I1sne peuvent être observés que par l'examen direct des globules.

Le second ordre d2 phénomènes est l'hématolyse d'abord faible, puis de plus en plus forte, jusqu’à ce qu'elle soit complète dans les solutions très hypoisotoniques.

Elle est facile à observer par la teinte rose, puis rouge qu’elle donne aux solutions.

Quant aux solutions dites Re elles diminuent le volume des globules.

FLE due

C'est sur ce principe que sont basées toutes les méthodes qui dérivent de celles de Hamburger,et où la résistance est mesurée par le titre de la solution où l’hématolyse commence. A l'état normal,le sérum constitue donc une solution isotonique aux globules. A l’état pathologique, dans les anémies graves, par Sous certaines influences pathologiques, le sérum devenant moins dense, plus aqueux, tend à perdre sa tonicité normale ; il devient hypoisotonique aux globules. C’est le sérum laqué, si ces derniers perdent leur hémoglobine.

De ces diverses considérations il résulte que la résistance qu'un globule rouge oppose à une solution saline, peut être fonction :

10 De la solidité de son stroma: — Un stroma solide supportera une plus forte tension et s'opposera plus longtemps à la perte de l'hémoglobine.

20 Du volume et de la tension de son contenu.

30 De la tension du sérum du sang dont il faisait partie.

Du CoNTENU INTRAGLOBULAIRE

Avant de terminer ce chapitre, il nous reste à parler du contenu intraglobulaire.

Ce contenu n'est pas l’hémoglobine au sens où l’'entendent les chimistes ; ce n’est pas l'hémoglobine cristallisée dont on a décrit tous les caraîtères et toutes les réactions dans les traités de chimie biologique. Non : il s'agit d'une substance colorée liquide ou demi-liquide,appartenant à ce groupe de matières albuminoïdes qu’on désigne sous le nom de « pro-

stone

téides ». On appelle ainsi des substances qui résultent de la combinaison d'une substance albuminoïde et d'uneautre substance organique non albuminoïde.

Cette dernière substance, dans le cas qui nous ‘occupe, est une matière ferrugineuse : l'hématine.

Le contenu globulaire est donc une « ferropro-: téide ». Cette substance, ainsiquele globulerouge qui : luisert de support, est formée par des éléments cellulaires morphologiquement identiques aux globules blancs de la lymphe. Quelle que soit d'ailleurs l'origine qu'on lui attribue, qu'elle vienne des cellules hémoglobiques que Malassez a vues dans la moelle osseuse, qu'elle soit élaborée directement par des leucocytes, c'est une substance vivante existant en dehors des cellules dont elleéimane, naissant, se développant, puis se détruisant, par conséquent subissant une véritable évolution, aux différentes étap-s de laquelle elle peut varier de composition, contenir plus ou moins de fer, et être plus ou moins vulnérable; elle est susceptible de s’altérer par l'effet d’influences path:iogiques ou bien elle peut déjà être altérée ou de mauvaise qualité, si les cellules qui l'ont produite sont elles-mêmes altérées et malades.

Le globule rouge'qui la renferme ne lui sert que de support ; ce n'est pas une cellule. ,

Pour ces raisons, nous considérons le globule rouge €t l'hémoglobine comme des substances dérivées inter ou extra-cellulaires, et pour bien faire comprendre le rôle de ces substances dérivées dans l'organisme, nous ne saurions mieux faire que de citer textuellement ce que notre maître, M. le profes-

seur Bard (3),dit de ces substances dans son ouvrage sur la « Spécificité cellulaire » (page 71).

« L'étude générale des tissus nous montre, d'autre & part, que toutes ces fonctions particulières, frac- € tion de la physiologie collective des métazoaires, « réalisées par des actes physico-chimiques définis, « sont assurées dans tous les tissus par des subs- « tances spéciales, dérivées de la cellule, créées et « entretenues par elle, mais nulle part par ce qui « constitue la base même de la cellule, le proto- « plasma et le noyau. Les cellules osseuses, par « exemple, ne sont n1 plus dures ni plus résistantes « que celles des autres tissus, les cellules conjonc- « tives ne sont pas plus élastiques ; seules l’osséine, « la fibrine ou les fibres élastiques jouissent de ces « propriétés ; le noyau, le protoplasma même des « cellules glandulaires, ne partagent pas les pro- « priétés chimiques des sécrétions qu’elles forment. « Pour reconnaitre le caractère tout à fait général « de cette loi, il suffit de se rendre compte que les « substances dérivées,créées parles cellules,peuvent, « suivant les cas ou suivant les tissus et sans que « rien soit changé pour cela à leur signification « générale, être excrétées et devenir extra-cellu- « laires, comme dans les exemples précédents; ou « rester incluses dans le corps dela cellule, baignant « dans le protoplasma qui doit assurer leur nutrition, « comme dans les muscles ou les nerfs périphé- « riques. Les cellules musculaires en elles-mêmes « ne sont pas plus contractiles, les cellules de la « gaine de Schwann pas plus 1solantes que Îles

3 Vt

Page 1