OBSERVATION XXXVI
1901 — n° 1831. — B.-J. — Relieuse.
Médecin adjoint: Dr Vallette.
Assistant interne : Veyrassat.
Diagnostic. — Tuberculose pulmonaire extensive à marche rapide. — Tuberculose intestinale.
La malade est âgée de 22 ans.
Son père a 65 ans et jouit d’une bonne santé,sa mère est morte il y a 2 ans d'une hématemèse foudroyante.
La malade est la huitième enfant d’une famille qui comptait six filles et six garçons. Sur ces douze enfants, sept sont morts en bas âge.
Réglée de bonne heure, ses règles furent toujours régulières et peu abondantes. Elle a presque toujours eu des pertes blanches.
Elle commença en 1896 le métier de relieuse. Ce travail la fatiguait, le souffle lui manquait à l’occasion d'efforts ou quand elle montait des escaliers.
Le début de la maladie actuelle remonte à l’hiver 1901.
La malade dut quitter son travail pour cause de faiblesse ; elle transpirait la nuit. Elle eut une extinction de voix qui lui dura quinze jours, en outre elle toussait, crachait des mucosités visqueuses, verdâtres, et en même temps mai-
grissait.
Le médecin lui ordonna des potions fortifiantes. L'affai-
blissement progresse quand même, si bien qu’en avril, elle se mit au lit et le médecin l'envoya à l'hôpital. Elle y entre le 13 juin 1901.
La malade est une jeune femme pâle, amaigrie, d'aspect tranquille. Les pommettes sont d’un rose intense fébrile.
Le thorax de la malade présente au-dessus du sein gauche u ne cicatrice large, blanchâtre, reliquat d’une opération que subit la malade à l’âge de 15 ans pour un abcès froid. Le creux claviculaire est titès marqué. Le thorax, en ce point, est aplati, plus aplati à droite qu’à gauche.
On note 36 mouvements respiratoires à la minute.
Au poumon, on constate de la submatité du sommet droit et de la base droite.
A gauche, la sonorité est normale.
L’auscultation révèle une forte infiltration tuberculeuse du sommet droit et des signes cavitaires avec gargouillement, râles humides, craquements.
Le sommet gauche ne présente que de l'inspiration rude et soufflante, sans râles.
Les crachats de la malade sont visqueux, adhérents, verdätres et quelques uns nummulaires. Ils renferment de nombreux bacilles de Koch. La toux est sèche, persistante, plus fréquente le soir, parfois douloureuse.
Depuis plusieurs mois, la malade n’a plus d’appétit; elle vomit fréquemment, surtout le matin. Elle est atteinte, depuis la fin de l’année dernière, d’une diarrhée continuelle, l’obligeant d’aller à la selle trois ou quatre fois par jour.
L'abdomer est très tendu, tympanique, douloureux à la pression, surtout dans la zône épigastrique.
Le cœur ne présente rien de particulier.
Le pouls est très rapide (100 pulsations par minute), ilest dépressible et petit.
La température oscille entre 38°et 30°, quelquefois même elle dépasse 30°.
Les urines renferment des traces d’albumine.
Le 25 juillet, on constate de l’œdème des malléoles et du
— Al — tiers inférieur des jambes. La diarrhée persiste: on trouve des zônes de matité de l'abdomen inégalement réparties. Les douleurs abdominales sont vives.
Mort le 2 août 1901. L’autopsie révèle une tuberculose pulmonaire bilatérale
avec d’abondants foyers caséeux à droite. On trouve également de nombreux ulcères tuberculeux profonds dans tout
l'intestin ; l'appendice est complètement caséifié.
Examen du sang (3 juillet 1901).
- Nombre des hématies Normale Destruction °/0 0/0 TIRE LENS RE RES 2.511.000 90 DOUOMIRRE AREAS MR IS 2.170.000 43 13 RD RE CR AMEN 496.000 9;9 80 SQL LÉ ENÉR EN RE s 15.500 0,3 99 Hémoglobme {San} Lui... ur. 90 0/o 1 EVA CAMERA ER ER nR 0,597 Altérabilité de l'hémoglobine. .......... 5 OBSERVATION XXXVII 1902. N° 312. — P... Perrine, 27 ans, cuisinière.
Médecin adjoint : Dr Maillart.
Assistant interne : Dr Tissot.
Diagnostic clinique : Tuberculose caséeuse extensive des sommets. — Pneumothorax.
Antécédents héréditaires. — Le père de la malade est bien
portant. Sa mère également.
Deux frères et trois sœurs bien portants.
Une tante du côté paternel, morte de bacillose pulmonaire à l’âge de 40 ans.
Pas d'autres parents malades.
Antécédents personnels. — De tout temps la malade a été délicate.
Elle a eu une rougeole à 3 ans ; une coqueluche quelque temps après ; une diphtérie à une époque qu'elle ne peut préciser.
Dans sa première jeunesse elle a été atteinte d’inflammation ganglionnaire cervicale chronique. Les ganglions, gros et visibles, n’ont jamais suppuré. Pas de toux habituelle. Pas d'anémie.
En 1896, au mois d'août, elle mange une glace en ayant -très chaud. Aussitôt elle se sent glacée, elle frissonne et est obligée de se mettre au lit le soir même. Elle y reste pendant trois mois.
Au cours de cette maladie, elle n’a jamais craché de sang, mais elle avait comme symptômes dominants, une toux opiniâtre accompagnée d’expectoration; de la fièvre continue de l'agitation et parfois du délire nocturne.
Maladie actuelle. — Le début,qui date de septembre 1901, a été marqué par de la toux et par des vomissements, se
produisant après l’ingestion des aliments et en dehors des accès de toux.
Elle renonce à sa place de domestique et à tout travail.
En janvier elle est prise un beau jour d’un chatouillement au fond du cou et elle rend tout à coup un demi-verre de sang pur, sans caillots.
Les crachats qui sont expectorés dans la suite, sont striés de sang pendant deux à trois jours, puis redeviennent simplement muco-purulents. Dès lors, le malade maigrit rapidement.
R£glée à 16 ans, régulièrement d’abord, elie a eu des règles douloureuses qui, depuis deux mois, ont disparu