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Dans l'origine j on prononçait toujours avec la diérèse, é^u.
Le vilain du dit de Merlin Mellot se vante à sa femme d'avoir à sa disposition un trésor.-^ Et où le prendras-tu?
Au bout de oest courtil, droit dessons un seur (1) • • lO
(Cest un arbre qui est en septembre meur), — Devant que le Terrai ne serai asseur. Lors prirent pic et boue pour quérir leur eur,
( Jubinal , Abuc. Recueil, 1 , 1 3 1 .)
il 1
(1) Un séju, un sureau ;'&i picard.
a Au bout du jardin , droit dessous un sureau (c est un arbre qui mûrit en septembre. ) — Jusqu^à ce que je Taie vu, je n'en serai pas certaine. Alors ils prirent pic et houe pour chercher leur bonheur. »
Prononcez séu, — méuy — asséu, — eu. Cette forme serre de plus près le latin securus y maturus.
C'est surtout pour le participe passé passif en u que cette diérèse est essentielle à observer. Je ne crains pas, vu l'importance de la remarque, de répéter ici ce que j'ai dit plus haut à l'article du v euphonique. Quantité de verbes, par suite de la synérèse, c'est-àdire, de la fusion de deux voyelles en une, ont perdu une syllabe au participe passé passif, et ainsi présentent une irrégularité ; mais cette irrégularité est toute moderne. Autrefois sai^oirfaisaxtsé-u; recei^oir, reçé'U; apercevoir y apercera; véoiry vé^u; avoir ^ é-u; etc. :
Trop par éiis le cuer hardi (1) Quand tu devant moi féru Tas. . .
Et quand j*ai béû et mangié.
{U Dit du Buffet, Barb., Il, 164, 165.)
a Tu eus le cœur par trop hardi quand tu le frappas en ma présence. »
On prononçait évuSy bévu, — d'autant que la forme primitive n'était pas boire, mais bevre, debibere.
Au xvxi' siècle, eu ou évu subsistait encore dans la bouche même des lettrés ; témoin ce vieux couplet cité par Ménage à propos d'autre chose :
Comtesse de Gursol,
(1) Réunissez parhardi. Par, comme le per des Latins , communiquait à Fadjectif au positif la force du superlatif. Voyez , dans la troisième partie, l'article de Par.
— Hd —
La, ut, ré, mi, fa, toi.
Je veux mettre ea musique
Que vous avet ^,
La, ré, mi, fa, sol, u, . «
Plus d'amants qu'Angélique.
Peu à peu la diphthongue a pris le dessus : on a prononcé la finale en une seule* syllabe , beUj receu, sceu, et de la dîphthongue on est descendu à la simple voyelle u. Ue a été éliminé de l'écriture comme il l'était déjà de la prononciation, et nous écrivons aujourd'hui bu y su y reçu, etc., sans même y ajouter l'accent circonflexe.