FLOU
C'est l'ancienne prononciation du mot /leur^ qu'on écrivait /iur.
L*escul tt f raint ki est a^ or e a flur,
(Roland, passim.)
Àd or et a floUy — orné d'or et de fleurs ciselées.
L'r final se réservait à sonner devant une voyelle , par exemple, dans le (ï\m\ïi\xt\î ftourette et dans le verbe flourir.
Un tableau y?(OW, peindre flou ou à flou ^ un pinceau flou; dans toutes ces locutions techniques,^OM signifie y?ipwr, pris en manière d'adverbe. C'est peindre tendre et délicat comme mxïb fleur, un pinceau-/?érw/*, etc
Salut Flou, évêque d'Orléans , est, dans le martyrologe de Corbie, sous le nom de sanctus Flosculus ; c'est saint Flour, comme celui d'Auvergne.
De flou est venu flouet, toujours en suivant la même métaphore :
Darooiselle belette, au corps long ^\ flouet. Entra dans un greuier par un trou fort étreit.
(LaFoutauie.)
ce Voilà de mes damoiseaux fiouets!:^ pagon. Flouet est la bonne pronoi|( ^ fluet y comme l'on dit à présent. J | 0 ^ adjectif de fluxœ et non firme g | - jg^ I ment. C'est chercher midi à g' S 9^- «^ ^
Le /foa d'une médaille oi' ^ %S% %' même chose. On entend p^ fc iC-'^ ^
si parfaite de la médailk ^g .%-% ^
encore apercevoir. /"m "^^ «^ '^ ''
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dernières exprès/^ éditions écrive^ J^ i^
L'^ .c* étaient aussi féminins , comme ce/iu.
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lie ^ iix en être convaincu. Coucy, pour venger sa ^itresse, attire dans un rendez-vous la perfide défionciatrice de ses amours; et quand celle-ci , aveuglée de passion , se rend à discrétion , Coucy la rebute avec mépris^ et lui fait cette harangue un peu rude:
Dame, or esgardez:
n ne demeure pas cq vous ijue vostre mari ne soit cous.
Vous lï estes de pute foi ; Et pour liant je vous chastoy Que jamais ne voeiUies mesdire De ceUà ou mains a a dire Qu'il n*at en vous, iblle musarde!
{Coucy, V. 5780.)
"^z, madame : il ne tient pas su vous que vo-
oit cocu. Vous lui êtes de laide foi ; que
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^â-de , mais en quel sens ? Qu'il y avait un .«ue constitué pour la déclinaison de l'article avec les terminaisons du latin; le système dont MM. Baynouard, Ampère, Fallot, et leurs élèves, nous présentent un tableau vaste et régulier? Nullement; et mon ^''g'Ument est bien simple : c'est qu'il n'est presque pas ^^ <ies cas de ce tableau, si net dans la théorie, que, "^'^s la pratique, on ne trouve confondu avec les au- **'^. La doctrine est continuellement démentie par l'ap- ^V\cation : le est aussi féminin que li ou la :
Nus ne doit s*amie essaier ; Ki Tat , en pais le doit laissier.
(La yiolette,\i, 77.)
Sans congie prendre en est aie De ie ciié parmi la porte.
{Jliid., p. 76.)
Pur poi ge JMfiuaaie de H Ne iii*oust sempres rafresci.
(Partonop.^ v. 7540.)
Dormoit Uirtke empres disnef, £t Penewis ensemble od li.
{Ibid,, ▼. 7606.) ;
(f Urraque dormait toujours après dîner^ et Persewis avec elle. »
Une dame , éprise du sire de Coucy, révèle à Fayel toute l'intrigue de sa femme. Fayel refuse d'abord d'en rien croire :
Je ne poiroie croire /
Que ceste parole fust voire , Ne que ma femme me fetist, Car je croy qu*onque8 Dieu ne fist Ne meillotir de li, ne plus sage; N*onques ne pensa tel folage Que vous cy de li me contés.
( Coucy, V, 4200.)
Les composés étaient aussi féminins ^ comme c^/ea.
Fayel ayant de ses yeux vu l'infidélité de sa femme, finit par en être convaincu. Coucy, pour venger sa maîtresse y attire dans un rendez-vous la perfide dénonciatrice de ses amours; et quand celle-ci , aveuglée de passion , se rend à discrétion , Çoucy la rebute avec mépris, et lui fait cette harangue un peu rude :
Dame, or esgardez:
U no demeure pas en vous ijue vostre mari ne soit cous.
Vous lî este-s de pute foi; Et pour ilant je vous chastoy Que jamais ne voeillies mesdire De celui ou mains a a dire Qu*il n*at en vous, iblle musarde!
{Coucy, y, bIWi.)
« Regardez , madame : il ne tient pas su vous que votre mari ne soit cocu. Vous lui êtes de laide foi ; que ceci vous apprenne à ne jamais médire de celle en qui il y a moins à dire qu'en vous, folle , musarde! »
Au quatrième vers , li est pour à lui y masculin ; et au septième j celui désigne la dame de Fayel.
Les est demeuré commun pour les deux genres; ainsi nous sommes sur ce point dispensés de toute démonstration. Mais de ce fait il y a une induction à tirer : pourquoi aurait-on établi les invariable , et // variable? Quelle nécessité d'avoir des terminaisons mobiles au singulier, quand on s'en passait au pluriel?
Cependant, on rencontre pour le singulier les formes luy loy le. D'où viennent-elles, sinon de l'imitation du latin?
Je l'accorde, mais en quel sens? Qu'il y avait un système constitué pour la déclinaison de l'article avec les terminaisons du latin ; le système dont MM. Baynouard. Ampère, Fallot, et leurs élèves, nous présentent un tableau vaste et régulier? Nullement; et mon argument est bien simple : c'est qu'il n'est presque pas un des cas de ce tableau, si net dans la théorie, que, dans la pratique, on ne trouve confondu avec les autres. La doctrine est continuellement démentie par l'application : le est aussi féminin que // ou la :
Nus ne doit s*amie essaier ; Ki Tat, en paia le doit laissier.
(La rioleite, ^.77.)
Sans coDgie prendre en est aie De ie cité parmi la porte.
{Jliid., p. 76.)
Voici maintenaiU les deuiL formes ensemble :
Lors H sambla et fii vfwrt , Quant pt <MN«i Ufr^mtté, Et il le vit si ganté, Qne U chastiaus de giierfe fu.
{IM., p. 78.)
a Lors lui sembla et fut avis , quand il découvrit la forteresse et la vit si bien gardée , que ce fût un château de guerre. »
Lo est aussi masculin que //, qui est aussi féminin que ICf qui est aussi bien nominatif ou accusatif que l'un ou Tautre. On trouve au pluriel // et les; le génitif del est commun aux deux genres pour le singulier, parce qu'il représente aussi bien de li ou (le la que de lo o\i de le , la dernière élidée. Le datif singulier est al y qui, sur une consonne, sonnait au, et, sur une voyelle, supposait Télision de a la, a le^ a li, a lo, comme l'on voulait. Del osty al ost, ne sont d'aucun genre (i). Aussi qu'est-il arrivé? que le mot osty par exemple, qui est partout du féminin dans Roland et dans le lii>re des Rois y est passé plus tard au genre masculin, ensuite de l'équivoque de l'article (a).
Ce mélange de formes, loin de prouver une déclinaison savamment organisée à la romaine, atteste au contraire l'absence de loi, et la faculté dont jouissait chaque écrivain , selon son érudition , de se reporter au latin, et d'en tirer l'article sous la forme qu'il jugeait
(1) Dans le fait, ils seat pour de la ost^ à la ost, G*est eocore ici récriture qui s'est trompée et a trompé.
(2) « S*en ala li reis e iute sa ost a Jerusatem. » (Mois, p. 136.) — « Lores se apruchad Joab od tuie s'ostta Syriens. » (ibid,^ p. 163.) — « E Absalon fist maisUres cunestables de sa ost Anusa. » (Ib'uL^ p. 184.)
la meilleure. Cette liberté n'avait pas Tinconvénient qu'on pourrait croire, en uii temps où le latin régnait encore à côté du français , non-seulement dans les actes publics, mais jusque dans la chaire. On était toujours compris.
Je n'ai trouvé qu'un fait constant , un seul: c'est la distinction entre le nominatif et l'accusatif pluriel. Le nominatif était //, l'accusatif /é?.$*.
Qc Z/fals prophète requistrent Baal (i) des le matin (( jesque au midi, e Helyes // cumenchad a rampodner. » — Illudebat illis Helias. {Rois y p. 3 16, 317.)
a Li caldeu fièrent les enfans ki garde sont des cba-
(( moz..... Si ravissent li caldeu les chamoz »
{Joby p* 5o>.)
ti adubez en sunt li pins pesant ; Bnvers les funz s'enturaerent alquans.
( Roland, st. 502.)
« Si comme dit le poète que envies assaut les sou- « verainsy et li vens soufflent les choses trop haultes. »
(Jean de Meun, trad. (t Abeilard^
« Se nous demenomes ainsi li uns les altres » —
aliiy alios. (Villehard., p. 199.)
Hormis ce point, la déclinaison mobile de l'article est une invention aussi savante , aussi embrouille et aussi chimérique que celle des nonis. J<e ne conseilk à personne de travailler pour la comprendre , la retenir, et surtout la retrouver dans les textes. Ce serait temps et peine perdus.
^1) Bââl à Taocusatif. D'après Si. Ampère « il devrait y avoir Baalim» (^o/.p. 259.)
Il est le pronom de la troisième persoune. Jamais il ne changeait de forme :
S*ea va Guidoine, ii et si cumpaignous.
( La Desconfite de Roneevaux,)
Veez Lambert, franche gens honorée t // et belle Aude ont la paix porparlée.
{Gerars de Fiane, v. 1022.)
Guidoiiie broche (Q*a cure de sermon) Desor un pui , iV et Marsilion.
( La DescottfiU de Roncewittx.)
Dans tous ces endroits , Tusage moderne substituerait à i7, lui: — Lui et ses compagnons.... Lui et h belle Aude 9 etc. »
Pourquoi? Ce n'est pas assurément par considération pour la logique ou la clarté , que Ton affecte de confondre, en certains cas, le nominatif d'un pi*onoin avec son datif; ni par égard pour l'euphonie ou les besoins de la versification , puisque lui et forme un hiatus inadmissible en vers.
Voilà donc une forme de langage supprimée, une des plus nécessaires. Le poète moderne sera obligé de faire un long circuit pour dite, ou plutôt il ne pourra jamais dire :
S*eii ▼• Guidone, // et ses compagnons.
Pourquoi donc ce double emploi? pourquoi tantôt i7y tantôt lui? Qui le sait le dise.
ILLEG.
I^ Fontaine, qui a sauvé tant de vieux mots, a souvent employé iUec :
Notes qaUUee, avec deux autres daines, Du bon bourgeois réponse était aussi.
{Le Sapetier,)
Là est sec , difficile à employer à cause de Thiatus ; illec est harmonieux , commode , et de plus a une couleur, un parfum d'antiquité dont le poète peut tirer un excellent parti.
Illec est l'adverbe illuc transporté en français presque sans modification , car la première forme fut illuecqiieSf qui se prononçait illeuc. Ce mot a passé par toutes les vicissitudes d*avecgiies : on a dit illuec^ queSy illuecquey ilueCy illecque^ illec ^ et ce dernier même a disparu. C'est dommage!