TROUSSER, TROUSSES
Il serait bien important, dans un vocabulaire, d'indiquer le sens premier, le Sens propre d'un mot, et de ranger ensuite chronologiquement, autant que Êdre se pourrait, les sens venus par extension, et paiibis trèsdétournés du primitif.
Au mot trousser ) l'Académie dit : « Replier, relever. Il ^e dit ordinairement des vêtements qu'on a sur Boi« »
I^e «ens primitif de xaouasEa est charger^ imposer un fardeau y ce qui ne se peut faire sans le lev^f) de là l'extension du sens : mais si l'on ne connaît le premier, on ne comprendra pas les rapports qui lient ces mots, trousse, trousseau y porter en trousse ^ trousser en malle y trousser bagage j etc.
Retrousser , c'est proprement charger une seconde fois un objet qui était déjà chargé , troussé; mais on ne le trouve pas assez haut, on le retrousse.
Blancandrin, ambassadeur de Marsile auprès de Charlemagne, détaille les présents offerts par le roi sarrasin à l'empereur français :
De sun aveir vos voelt asa dvn^, Urs e leuos « veltres enchaignez, Set cet» oaneils e mil hosturs muez , D'or e d'argent quatre oenz muls trustez.
n |1 Yeul itott» fil ji^ large part àe «es mchesseti ; vous donner ours et lioQs et «autours eiic|iaioé8, ^ept ceu^ chameaux et mille autours qui auront passé la ixhic^ quatre cpnts mulets chargés d'or et d'argent, w
L'épieu de Baliganfc, amiral ^e Maraile^ était ai énorme, que le seul fer dont il était garni eût fait la charge d'un mulet :
De ftul le fer fiul im mulet H^ufs/U
{Roland y st. 227.)
Un marchand^ allant à la foire^ achète pour sa maîti^e^ pne robe de Fers :
Si \^ plpia en un troussel; Dessus son palefroi nîorel La trousse et lie derri^ |OT.
{La Bourse pleine de sens,)
(c II la plia dans une valise ; la diarge et attache derrière soi, sur son cheval brun, j>
Une TROUSSE est donc ce dans quoi l'on porte. Ce Ttiôt s'appliquait à l'étui d'un barbier aussi bien qu'au carquois de Cupidon. Le trousseau de la mariée , c^est le ballot de ses hardes. Un trousseau de clefs, ce sont toutes les clefs que l'pp pQrtP P»«#î»bl^ W H» petit fardeau ou paquet. Porter en trousse^ trousser en malien c'est charger comn)# unfi trPMSsç qq'pf^f^^tt^it derrière soi sur le cheval, où comme une malle; trousser un !f^tPïï?gRt? ^'«st le lever corpme §j )'p» yo^lajf |,^ pjiarger Çfjr Un cheval; jtrous^er bîigagp^ p'ç3t ch^rgep pon J>9g?gej partir, ([Jécamper.
J'rouss^y désignait aussi une sorte de vêteiiient particulier ^u^ Pî^gesj maiç ceci se rapporte au §pns spcon-
daire de trousser. Ce vêtement s'appelait trousse y parce qu'il ne pendait pas , mais ëtait relevé au corps. On employait le plus souvent ce mot au pluriel; de là l'expression : Mettre aux trousses de quelqu'un. . • . avoir toujours quelqu'un pendu à ses trousses.