‹ Des variations du langage français depuis le xii. siècleChapitre 9 sur 75 · SU · texte numérisé non relu

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L, MEt N REDOUBLÉES.

Zredoublée, //, avait toiijoursycoinine en espagnol, la valeur des deux / mouillées de bouilli^ caillou» L'orthographe moderne veut toujours un / au moins avant les deux // mouillées. Dans Torigine, il suffisait que les U fussent entre deux voyelles. LV se mettait ou s'omettait sans conséquence. Paillard s'écrivait sans i j pallars.

Quand li pallars le vit entrer.

(Jt. du c/uut, de Coucj, t. 4054.)

Coucy reçoit une assignation amoureuse : Sire, lui dit Gober t, son confident :

sire y bien plaire Tous doit ce inandement, nm faite , Et vous irez vaille que voile.

{Ibid., V. 6535.)

Sans faille j sans faute. — T^a double orthographe du mot vaille y dans le dernier vers, ne laisse pas même la ressource de supposer qu'on prononçât alors autrement qu'aujourd'hui.

Mellor^ mervelle^ conseUe^ aparellcj sonnaient avec les // mouillées.

Car cis aime miols les meiiors , Et tient bas sos piez les piors.

( Partonop,, ▼. 4330.)

a Car celiii-ci préfère les meilleurs (les braves) , et tient les pires (pejores) bas sous ses pieds. »

Et li conseUe et loe et prie.

t/né lanterne atânt ti baille »lA eahdeUe qai art dedsfts N'estaint por orez ne por vens...

Il apparelle son aler.

(îhld,, 44è5.)

« À ces mots, il lui remet une lanterne. La chandeille (i) qui brûle dedans ne s*éteint ni pour orages ni pour vents. Partonopeus s apprête à partir. »

Parténdpeâs le voit el vis N'est merveUe s'il est permis.

{Partonop,, v* 7410.)

La chanson de Roland écrit conseil y amirall ; c'est conseil y amiraïl^ quand suit une voyelle; autrement, conseu^ amirau^ comme on le rencontre souvent figuré.

C'est la marque d'un manuscrit relativement récent lorsqu'on y trouve le féminin elle par deux /, comme aujourd'hui. Les textes les plus anciens écrivent toujours ele ; elle, dans l'origine, aurait sonné eilte.

La règle actuellement encore en vigueur, par laquelle une consonne redoublée rend brève et ouverte la voyelle précédente , cette règle n'était pas connue au xii« siècle. Doubler les consonnes eût semblé une

(1) C'est Fancienne prononciation, conservée avec soin dans toute la Picafdié*

superfliiité , lionuis le rus où il s'agissait de rappeler une syncope. Le plus ancien manuscrit français, le Idifrc des Rois, écrit toujours femme par deux m, femitiam, fem-ne^fem-me, \jà règle était de répartir la consonne doublée entre les deux syllabes adjacentes, et de prononcer fan-me.

TSanimum on fit d'abord aneme, comme d^imagi^ nem, multitudinem, imagene^ multiliuUne ^ formes constantes dans saint Bernard et dans les Rois. Les Rois écrivent souvent aussi aume; c'est la prononciation la plus voisine à^aneme. La chanson de Roland n'emploie jamais d'autre forme :

Guaris de mei Xanme de tuz périls. . . . Morz est Rolans : Deus en ad Xanme es cels ! . . . .

Abélard, dans Thistoire de sa vie :

(c Et moy qui estois son filz ainsnés, de tant qu'il m'avoit plus chiers, de tant mist il plus grant cure que je fusse plus diligenment (cliligen-meni) aprins. Et je, de tant corne je proufitay plus et plus legierement (facilement) en Testude des lettres, de tant m'y enhardige plus ardanmant. »

(^Trad. iiiéd, de Jean de Meung.)

D'après cela, et pour voir comme l'on prononce mal aujourd'hui, considérez ce passage des Femmes sa^ vantes :

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